Du côté du sucré...

Muesli croustillant…

30 juin 2017

J’ai testé deux recettes et « bidouillé » chacune d’elles. Un peu à ma façon, mais surtout avec ce que j’avais envie de mettre dedans : des céréales, des noix, des fruits secs, le tout bien croustillant, à grignoter sans fin ou a déguster avec du lait ou du fromage blanc au cours du petit-déjeuner ou du gouter.

Trois ou quatre pots remplis de pétales et de grosses pépites croquantes ornent mon plan de travail et tous les visiteurs de ma cuisine tapent dedans, penchant pour certains pour le contenu très grillé, et les autres pour celui qui l’est moins. C’est gourmand, mais surtout, je sais ce que j’ai mis dedans. Et ça, ça me plait !

Les flocons d’avoine constituent en général la base d’un muesli que l’on trouve en petits ou gros flocons dans la plupart des magasins bio. Après, on peut ajouter ce que l’on veut dedans et composer un mélange à son goût, sans passer par une quelconque étape de cuisson.

Si l’on souhaite par contre rendre la préparation croustillante, il va falloir sucrer le tout, y ajouter un peu de matière grasse et passer l’ensemble au four. Et là, j’entends (après avoir lu…) les exclamations offusquées de celles (et ceux) qui surveillent leur poids. Et ça, je suis désolée, ça m’énerve…

La liaison directe poids/nourriture, je la connais bien. J’ai vécu sous son dictat pendant plus de la moitié de ma vie. Lorsque ce n’était pas les autres qui m’imposaient une surveillance stricte, digne de l’oeil courroucé de Moscou, c’est moi qui me scarifiait le corps à grand coup de régime. Alors qu’à l’époque, j’étais plus que mince……. Il m’a fallu 3 ans et un grosse étude sophrologique pour comprendre que mon poids ne souffrait pas d’un excès de gourmandise, mais au contraire d’un excès de carence… Trois ans après avoir commencé ce travail et 14 kilos en moins plus tard, sans aucun régime, je refuse que l’on vienne me causer de muesli diététique. On achète de bons produits, on prépare le mélange qui nous plait, A SOI, on sucre comme ça NOUS convient et on « ECOUTE » ce que l’on mange… Je sais que cela peut paraitre très conceptuel, mais j’expérimente cela depuis plusieurs mois et je pense avoir enfin réconcilié mon appétit, ma satiété, mon corps et mon esprit. Et il y avait un sacré boulot…

Pour en revenir au muesli croustillant dont je souhaite vous parler ici, il existe plein de recettes et de proportions différentes. Certains utilisent de la farine, de l’eau, très peu ou pas du tout de matière grasse, de l’huile de coco ou de l’huile neutre, très peu de sucre, du sirop d’agave, d’érable ou du miel, bref, tout ou presque est possible.

Le tout est déjà de savoir ce que l’on souhaite obtenir comme résultat : quelque chose de léger qui reste en flocons ? Un résultat plus aggloméré ? De vraies « pépites » bien croustillantes ?

Si le souhait est de rester sur quelque chose de très léger à saupoudrer, on peut se contenter de passer le mélange au four (avant ajout des fruits secs type abricots, dates, raisins secs etc…) pour « toaster » le tout. Les graines types noix, amandes, noisettes, graines de tournesol etc, vont torréfier et développer toute leur saveur, les flocons d’avoine et autres céréales également. On peut d’ailleurs même se dispenser d’ajouter sucre ou matière grasse dans ce cas.

Si on souhaite par contre obtenir des « pépites », il va falloir être plus généreux…

 La recette pour environ 1 kg de muesli croustillant :

  • 500 gr de flocons d’avoine (petits ou gros)
  • 250 gr environ de miel ou de sirop d’érable (j’ai préféré le sirop d’érable)
  • 50 gr de sucre
  • 60 gr d’amandes effilées ou entières concassées (ou de noisettes/ou de noix/ ou de tout…)
  • 60 gr de graines de tournesol (ou graines de courges/ou les deux)
  • 30 gr de graines de lin (ou sésame/ou autre)
  • 60 gr de noix de coco râpée
  • 5 cuil à soupe environ de matière grasse (huile arachide/huile de coco…)
  • Un peu d’eau si nécessaire

Commencer par mélanger ensemble tous les ingrédients secs.

Faire fondre le sucre à feu doux dans le miel ou le sirop d’érable (bio) en lui ajoutant la matière grasse choisie.

Laisser refroidir quelques instants et ajouter aux ingrédients secs en mélangeant soigneusement. La préparation doit être humide. Si elle est sèche, c’est qu’il n’y a pas assez de « liant » et vous ne pourrez pas dans ce cas obtenir de « pépites ». Vous pouvez rajouter un peu d’eau si nécessaire, mais peu. Si vous « trichez » avec de la farine comme le font certain, vous obtiendrez le liant recherché grâce à l’eau, mais je ne vois pas l’intérêt hormis se donner peut être la bonne conscience d’une préparation moins sucrée ou moins grasse…

Une fois l’ensemble bien mélangé et bien humide, étalez le tout sur une plaque de cuisson garnie de papier sulfurisé mais attention : votre préparation doit cuire uniformément. Si vous l’étalez en couche trop mince, vous aurez du mal à casser de gros morceaux après la cuisson et vous devrez la surveiller de près. Si vous l’étalez en couche épaisse, vous obtiendrez un dessus coloré mais un dessous qui n’aura pas assez cuit pour s’amalgamer. N’hésitez donc pas à prévoir deux plaques et donc deux couches de préparation d’un peu moins d’un centimètre.

Faire cuire à four préchauffé à 160 °C (convection naturelle) et surveillez attentivement la cuisson. Allez jusqu’à une couleur caramel pour ne pas risquer de faire bruler certaines graines.

Sortez ensuite votre muesli et laissez le totalement refroidir. Cassez le délicatement en morceaux de la taille qui vous convient et mélanger avec des fruits secs coupés en petits morceaux, des pépites de chocolat, des pétales de noix de coco séchés etc…

Stocker le tout dans des bocaux en verre hermétiques pour  protéger votre muesli croustillant de l’humidité.

Je ne peux pas vous dire combien de temps ils se conservent en gardant leur croquant, les gros morceaux n’ont pas fait long feu chez moi. Par contre les « miettes » qui restaient en bocal sont restées parfaitement croustillantes plus d’une semaine après les avoir préparées.

Voilà, si vous n’avez jamais tenté, y’a plus qu’à !  Et je reviendrai vous parler du sucré, du gras et du poids un autre jour, dans un prochain billet 😉

Histoire de maison

Une terrasse… en carreaux cassés…

11 juin 2017

Tous près de ma maison, il y avait ce qu’au départ, j’avais pris pour un jardin.

J’avais alors acheté ce tout petit coin de verdure, charmée par la treille qui portait une ancienne vigne, consciente du travail immense qui m’attendait pour réhabiliter cet espace, mais persuadée qu’une fois les mauvaises herbes arrachées, avant d’entreprendre la rénovation des murs, je pourrais planter toutes sortes d’arbustes pour donner vie et couleur à ces lieux.

Seulement une fois ce petit terrain acheté et débarrassé de ses « mauvaises » herbes,  des feuilles mortes sur lesquelles elles avaient justement poussé, j’ai découvert une cour en béton qui n’avait plus grand chose à voir avec un jardin…

Que faire avec un surface vierge de tout espace de plantation ?…

J’ai tout d’abord pensé à une terrasse en bois, en récupérant des palettes trouvées deci-delà, puis j’ai pensé à briser cette mauvaise chape pour retrouver la terre ( mais débarrasser un gros volume de gravats devient vite épuisant lorsqu’il est interdit de circuler ou de stationner dans les rues du village)…

Et j’ai finalement opté pour une solution…particulière…

Au dessus de ma petite cour, il y a un espace surélevé sur lequel une maison s’est jadis effondrée. Toutes sortes de matériaux encombrent les lieux, entre ferraille et pierres anciennes, vieille vaisselle, tomettes et carreaux cassés. Ce sont ces derniers qui m’ont donné une idée…

N’ayant qu’un très modeste budget pour rénover, rebâtir et embellir, récupérer ce qui peut s’utiliser devient économique, écologique et touchant…

Parce que dans un village médiéval classé, je me voyais également assez mal investir dans un carrelage ordinaire faute de moyen, et recouvrir une partie de ma cour d’un matériau dépourvu de charme…

Alors tout doucement, au gré des weeek-end, il a fallu creuser pour déloger les morceaux de carreaux et de tomettes intéressants, en récupérer d’autres entiers et en meilleur état, porter des sacs de ciment pour tenter de fixer tout cela au sol, et glisser de la terre entre les interstices pour qu’au fil du temps, une verdure variée s’y installe…

Si les puristes m’avaient vu faire, je pense qu’ils auraient hurlé… Poser ainsi des carreaux cassés sur quelque chose qui n’a pas été ré-agréé, d’autant plus sur une mauvaise chape, avec du ciment en couche trop fine et des joints en terre… je pense que ça ferait bondir plus d’un pro… mais… comment dire… ça m’est égal… je m’en fiche…

J’aime l’idée d’avoir réutilisé ces carreaux. J’aime l’idée qu’ils soient justement cassés. J’ai choisi chacun d’eux. Ils ont toute une histoire. Certains sont recouverts de mousse, d’autres sont en faïence, certains morceaux sont en granito, ils me plaisent ainsi et tous ensemble.

On peut choisir de jeter ce qui est cassé, abimé, dépareillé.

On peut choisir de balancer tout ça sans état d’âme, parce que ce qui est ébréché, ce qui a perdu son éclat, ce que les intempéries et l’oubli ont cabossé ne représente plus rien d’estimable.

Moi j’ai justement choisi de leur donner une place. De les rendre beaux. Dans toutes leur différence et avec leur usure, leur caractère et leur histoire.

Ils sont tordus et mal jointés, tarabiscotés et souvent, pas au même niveau, mais justement. Ma terrasse est différente des autres. Unique. Et a ce titre, pour moi, toute brisée et cabossée qu’elle est, c’est la plus belle….

(Et pour les autres catégories des carnets, vous pouvez consulter la bannière défilante ou le menu en haut de page)

Histoire de maison

Le chaud et le froid…

25 avril 2017

Il y a des espaces que je trouve glacés. De ceux qui ne sont pas investis, pour de multiples raisons, ou qui le sont, mais restent résolument dépouillés pour éprouver le minimalisme et l’ordonné, sans superflu.

Je respecte cette idée que moins l’encombrement est présent dans un lieu de vie, plus l’esprit peut est calme et soulagé, le temps disponible ainsi occupé à s’attacher à d’autres impératifs que le ménage, la recherche de ce qui devient vite introuvable au cœur d’un océan d’objets et le dépoussiérage de ce qui s’infiltre dans les moindres recoins des espaces pourtant surchargés.

Mais ce froid là, ce dépouillement tranquille vers lequel vont certains choix d’ameublement ou de décoration m’effraie, amène rapidement au cœur de mes émotions le sentiment que rien ne peut réellement s’offrir en terme de chaleur, de générosité et d’enveloppement serein, rien n’est véritablement ouvert, tout n’est finalement que curieuse transparence où le défaut absolu d’attachement « matériel » définit peut-être pour moi une forme de détachement humain…

Un peu de « pas trop », mais pas trop de « trop peu » correspondrait davantage aujourd’hui à ma façon de rendre un espace accueillant. A trop vouloir se détacher de la chaleur d’un lieu pour revendiquer une certaine liberté de présence ou d’action, je craindrais d’en oublier le plaisir de recevoir et d’aimer…

Je m’attache donc à tenter de concilier deux tendances  : le chaleureux et l’ordonné. Au sens ou je conçois personnellement ces deux notions, bien sûr. Je ne prétends rien d’autre.

Vider une maison pleine et remplir une maison vide, ce sont deux sortes d’épreuves auxquelles l’année passée m’a confrontée. La maison de mes parents étaient pleine, comme peuvent l’être toutes les maisons de l’enfance, toutes celles qui nous ont vu grandir, changer, murir, pleine d’objets divers et de souvenirs, de parfums, de couleurs et de présences diffuses.

La maison qui m’a accueillie était vide, vide des meubles et des objets qui l’avaient habillée. Elle n’offrait que sa haute présence lumineuse, traversée sur deux étages par de lourds escaliers en pierres, ouverte sur toutes ses faces par des fenêtres de caractère, nourrie par les rayons du soleil tout au long de la journée, mais qu’il faut investir, rénover, meubler et décorer avec un tout petit budget.

Depuis presqu’un an, je réfléchis à chaque pièce, au chaud que j’ai envie d’y insuffler et au froid qui peu à peu déserte les espaces prenant vie…

Tous les meubles et objets qui viennent réchauffer l’âme de cette maison sont chinés, parfois loin de mon lieu de vie, comme les six chaises dépareillées que j’ai été chercher un 15 aout pour quelques euros le lot, m’égarant faute de GPS sur les chemins de traverse de manière à éviter le rush noir de cette journée.

Au fil des mois, au fil des belles rencontres qui me font parfois venir chercher un meuble et repartir avec trois autres, l’espace s’enrichit de couleurs, de contrastes, de matières, les objets prennent leur place, la chaleur se diffuse. Et l’on se sent bien…

Légumes et plats Recettes

Salade de saison, avec du chou lacto-fermenté…

30 mars 2017

Quand on entends « lacto », on croit entendre « à base de lait », mais ça n’a rien à voir. La lacto-fermentation est une méthode de conservation naturelle qui préserve les avantages des aliments crus. Très riches en probiotiques, ces derniers conservent leurs vitamines et leurs minéraux et sont plus digestes que les légumes crus.

Je me penchais sur la question depuis quelques mois et j’ai décidé de me lancer début mars, avec les légumes bio de mon panier hebdomadaire.

Je vous conseille quelques supports si vous souhaitez vous lancer, pour ne pas commettre les erreurs qui pourraient gâcher vos bocaux.

Voici quelques liens vers des sites (connus), complets et  très intéressants sur le sujet :

J’ai également acheté un ouvrage que j’ai beaucoup aimé et que je vous recommande si le sujet vous intéresse. Il est simple, joliment photographié, avec pas mal de recettes et de conseils. Il porte une  philosophie et une volonté de transmission qui me plait : « les bienfaits de la fermentation » de Jenny Neikell, (Rustica)

Très simplement, pour vous laisser ensuite le temps de vous intéresser au sujet si vous n’avez jamais pratiqué ou que vous ne connaissez pas : il s’agit de faire  intervenir les « bonnes » bactéries présentes dans les aliments qui se développent très rapidement en milieu anaérobie (dans une eau salée et dans un bocal hermétiquement fermé). Comme pour le levain et d’autres préparations, ces bactéries se nourrissent des glucides des aliments qu’elles transforment en acide lactique et qui,  en s’accumulant, acidifient le milieu (le pH descend aux environs de 4).

Ce pH acide empêche le développement des mauvaises bactéries et des germes susceptibles de dégrader les aliments. Ces derniers sont ainsi stabilisés et peuvent se conserver plusieurs mois, voire plusieurs années dans des bocaux hermétiquement fermés sans être  passés par une phase de cuisson ou de stérilisation.

De nombreux légumes se prêtent à la lacto-fermentation (tous les choux, les concombres, les cornichons, les carottes, les navets, les radis, les betteraves, etc…) et pour ma part, j’ai testé avec les produits de saison bien sûr : chou verts et chou rouges, choux fleurs, betteraves, oignons et navets.

Deux méthodes peuvent êtres utilisées pour la lacto-fermentation : l’une en utilisant le jus des légumes additionné de sel marin non raffiné (15 gr/kilo de légumes), l’autre avec une saumure (eau bouillante à laquelle on ajoute 30 gr de sel puis qu’on laisse refroidir).

La première est particulièrement intéressante pour les légumes râpés qui rendent beaucoup de jus au contact du sel (chou, carottes, betteraves etc…). La seconde l’est pour les légumes que l’on souhaite couper et conserver en morceaux, façon pickles. J’ai testé les deux.

Ici, du chou rouge avec la première méthode, qui a patienté 4 semaines environ dans son bocal, à température ambiante.

En principe, au bout de 7 jours, on place les bocaux dans un lieu plus frais, pour ralentir un peu le processus de fermentation. Un garage, une cave conviennent très bien, même si l’on peut aussi stocker les bocaux  au réfrigérateur avant dégustation.  Inconvénient : ça prend de la place et on ralentit vraiment beaucoup le processus.

Conseils sur la technique :

  • utiliser des bocaux avec joints en caoutchouc  (personnellement, j’adore les bocaux Le Parfait)
  • laver soigneusement votre matériel (bocaux, planches de découpe, couteaux, ustensiles)
  • travailler sur un plan de travail bien propre
  • Respecter les mesures de sel (pesées exactes)
  • Poser vos bocaux préparés sur des soucoupes (le jus sortira par le caoutchouc lorsque la fermentation s’amorcera. C’est normal et plutôt bon signe)
  • Oui mais du coup, on dirait qu’il n’y a plus de jus dans les bocaux…. (pas grave. Tant qu’on ouvre pas, cela reste à l’abri de l’air et dedans, ça continue de lacto-fermenter quand même. Certains préconisent de rajouter de la saumure pour que les légumes restent immergés. Je ne l’ai pas fait et mes bocaux sont parfaitement conservés !)

Pourquoi du sel, puisque certains lacto-fermentent avec le jus des légumes seuls ?

Le sel favorise la conservation du croquant des légumes. Il évite en effet un  développement excessif des bactéries responsables du ramollissement, permettant ainsi de conserver le croquant auquel on tient ! Certains salent moins leurs saumures que d’autres, donc, les tests sont ouverts ! n’hésitez pas à partager ici vos expériences !)

Comment peut-on savoir que c’est raté ?

Ça sent très mauvais ! Quelques lectures sur le sujet vous le confirmeront : on ne peut pas passer à côté d’une lacto-fermentation ratée ! Votre nez vous le dira ! 😉

Voici un exemple de lactofermentation pour 1 kilo de chou rouge bio (photo ci-dessus) : 15 gr de sel ; Quelques graines de coriandre.

Lavez vous soigneusement les mains.

Retirer les premières feuilles du chou et le nettoyer sous l’eau fraiche.

Le couper en deux en retirant la partie blanche. Tranchez finement le chou au couteau ou à la mandoline. et déposer votre émincé dans un grand saladier. Ajoutez le sel.

Brasser l’ensemble avec vos mains. Au fil de ce brassage, vous allez casser les fibres du légume et l’ensemble va suer, rendant du jus qui doit à un moment couler en fin filet de vos doigts lorsque vous pressez des poignées de légumes. Cela prends une dizaine de minutes. Ajoutez les graines de coriandre et mélangez le tout ensemble.

Déposez ensuite le chou émincé dans votre bocal, poignée par poignée et tassez avec le poing de manière à ce que le jus remonte. Arrêtez vous à trois centimètres environ du bord du bocal. Le jus doit entièrement recouvrir le chou. Si tel n’était pas le cas, vous pouvez ajouter de la saumure (voir ci-dessus) de manière à ce que le légume soit totalement recouvert sans pour autant oublier de laisser un peu de marge de manœuvre avec le haut du bocal. Déposer le ensuite dans une coupelle, à température ambiante sans l’exposer à trop de lumière et laissez le ainsi reposer durant 7 jours, à température ambiante.

Évitez de manipuler  le bocal, ne l’ouvrez pas et ne le retournez pas. Vous pourrez constater le début de la fermentation en voyant des bulles se former au bout de 48 heures environ, le tout chuintera au niveau du caoutchouc et  du jus s’écoulera dans la coupelle. C’est parfaitement normal.

Au bout de 7 jours, rangez votre bocal dans un espace plus frais,  à l’abri de la grande lumière. Goûtez le lorsque vous en aurez envie, sachant que la durée de la fermentation fait varier la saveur des produits et que, d’une fois sur l’autre, vous n’obtiendrez pas le même résultat  en terme de goût.

Le goût, parlons en.

A mon grand étonnement, ce n’est ni trop salé, ni trop acide. J’ai même trouvé ce premier test plutôt doux, très agréable, et j’ai choisi de mélanger en salade quelques cuillerées de ce chou lacto-fermenté avec d’autres légumes de saison.

 Pour cette recette et pour 4 personnes :

2 verres de boulgour

3 carottes

4 cuil à soupe de chou rouge lacto-fermenté

Quelques petites têtes de chou-fleur

Des lamelles de pommes (à découper à la dernière minute)

Quelques petites feuilles de cœur d’endive.

1 échalote

Vinaigrette : huile d’olive, vinaire balsamique, sauce de soja, quelques feuilles de laitue de mer déshydratées et du poivre du moulin, dans les proportions que vous aimez.

Faites cuire le boulgour dans deux fois son volume d’eau. Coupez le feu, laissez reposer à couvert deux ou trois minutes puis égoutter. Laissez refroidir.

Pelez et râpez vos carottes, préparez les petites têtes de chou-fleur, les petits cœurs d’endive et ciselez l’échalote.

Dans un saladier, mélangez le boulgour, les carottes, le chou-fleur et l’échalote. Ajoutez la vinaigrette et mélangez soigneusement. Au dernier moment, ajoutez au saladier ou à l’assiette le chou lacto-fermenté et quelques fines lamelles de pommes. Parsemez de graines de sésame noires torréfiées (passées au four quelques minutes).

Dégustez aussitôt.

Et pour ce qui est du bocal de chou lacto-fermenté entamé ? Gardez le au frais et consommez le très rapidement si les légumes ne sont plus immergés (mieux vaut d’ailleurs prévoir la préparation et l’utilisation de petits bocaux pour cette raison). Vous pouvez également préparer une saumure et la rajouter à votre bocal entamé pour une conservation plus longue. Prélevez votre préparation avec des ustensiles bien propres à chaque fois.

Et si vous avez vous-même des expériences à partager, n’hésitez pas à laisser vos commentaires ! 🙂

Histoire de maison

Rénover, meubler, décorer…

20 mars 2017

J’adore chiner. Détourner. Offrir une deuxième vie aux objets oubliés, jetés, vendus quelques euros dans les vides grenier, les puces, ou chez Emmaüs.

J’adore trouver des trucs abimés dont personne ne veut. Des meubles sales qui ne donnent pas très envie au premier abord de s’investir et pourtant… Ces objets ont eu une vie, ont séduit, ont été sans doute aimé, (quoiqu’on puisse en douter car on n’abandonne pas ce que l’on aime………..) avant qu’on décide de les « jeter » pour passer à autre chose……….

Ces meubles, ces objets, j’en  fait parfois le tour, je réfléchis pour finir par les emporter ensuite avec la fébrilité d’une gamine. D’autres fois je n’hésite pas, comme si une petite voix intérieure me disait « c’est un bon choix »…

Pour moins de 15 euros, j’ai acheté l’ensemble de ces objets : quelques corbeilles pour  accueillir mes pâtons de pain au levain, une lampe en osier, presque neuve, un vieux saladier ébréché qui me servira de cache pot, un  moule à gâteau en fer, un petit tableau provençal, un miroir en bois vraiment mignon, lui aussi quasi neuf, un range couvert et une petite table de nuit à qui l’on avait décidément fait bien des misères…

Si vous l’observez attentivement, vous remarquerez que ses pieds sont lestés de deux panneaux de bois fixés entre eux par de vieilles vis et recouverts d’un carré de lino, en partie décollé, le tout sur roulettes… Plus de poignées au tiroir et à la porte et des traces de colle, souvenirs sans doute d’un autre carré de lino, en accord avec celui de dessous… Je passe sur les tâches et les éraflures diverses qui rendaient cette table de nuit fort peu séduisante. Des dizaines de personnes sont passées devant elle sans la voir, pendant que j’observais d’autres meubles anciens, moins abimés, avant de faire mon choix…

Retirer le « lestage » a pris quelques minutes, gratter la colle, un peu plus, poncer et cirer l’ensemble également.

J’ai ensuite récupéré deux vieux boutons de porte d’armoire blancs, un peu trop grands (et remplacés depuis) afin de rendre à ce petit meuble sa fonctionnalité. Il a ensuite trouvé sa place dans la première pièce de la maison, qui après de nombreux week-ends de travail, est enfin presque terminée….

Très peu de choses neuves entrent dans cette maison. Même l’électroménager est acheté d’occasion, histoire de conjuguer économie, écologie mais aussi réutilisation et exploitation de ce qui fonctionne encore.

Cette première pièce portait à l’origine les traces d’un vécu. Comme toutes les maisons anciennes dont on se désinvestit un jour ou l’autre pour de multiples raisons.

Décrouter l’un des murs pour revenir aux  pierres apparentes et retirer la peinture au plomb de l’ancienne porte en bois a pris quelques semaines. De longues heures ont également été nécessaires pour  gratter puis ré-enduire les autres murs avec une préparation à base de chaux. Mes mains en portent encore certains stigmates et aujourd’hui, après avoir passé une dizaine d’heures à genoux à poser du parquet auto adhésif (très agréable au pied, peu cher au mètre carré, facile à nettoyer et à remplacer), je ne sens plus les muscles de mes jambes…

La pièce n’est pas encore terminée, mais sous le soleil de ce week-end, avec le chant des oiseaux et les voix joyeuses des randonneurs qui passaient sous les fenêtres, il faisait bon savourer le résultat avec ses nouvelles couleurs…

Cette pièce fait partie d’un espace qui sera loué le week-end ou la semaine pendant la belle saison. Je souhaite que cet appartement soit chaleureux, accueillant, que l’on s’y sente bien.

Il y a encore énormément de travail, mais il faut savoir avancer à petit pas…

Tout l’ameublement présent ici a été chiné, hormis quelques rares exceptions.

Quelques objets appartenant à ma mère ont trouvé leur place…

Le petit bureau et la chaise se trouvaient dans le garage de mon père. Il s’en servait pour bricoler. Après nettoyage, ponçage traitement et vernis, je lui ai donné une fonction plus… classique…

Et je pense à mon père chaque fois que je le regarde…

La commode, j’en parle ici

L’ancien lit de bébé transformé en banquette s’est trouvé sur mon chemin au hasard d’une rencontre sur Le Bon Coin… J’étais venue pour acheter une grande armoire en bois à 20 euros et je suis repartie avec une remorque de meubles et d’objets divers pour une somme vraiment modique…

Rénover l’oubli, le cassé, le fracassé, meubler un espace vide, décorer cet espace pour le rendre accueillant, chaleureux, c’est une démarche douce et bienveillante vers laquelle je tend de plus en plus ! 🙂

Histoire de maison

Une maison de 1928…

28 février 2017

Il y a quelques mois, je ne savais pas que j’apprendrais, au fil  des expériences,  des conseils et des jours, à rénover une maison, certes habitable, mais en bien triste état…

Je ne savais pas que j’oserais me lancer dans de gros travaux, très physiques pour certains, que je parviendrais à les mettre en œuvre, à y investir une énergie folle… et à y puiser une force réparatrice en retour…

Ces derniers mois, le jeudi soir ou le vendredi selon le temps et l’humeur du moment, je pars pour rejoindre ma maison, son ambiance et sa lumière et je me laisse porter par la route déjà si belle pour m’y rendre. Le Pic Saint Loup n’est pas loin, le joli village de Corconne non plus…

Une fois sur place, en traversant le pont vieux qui enjambe la rivière, je suis chaque fois saisie par l’émotion que dégage ces lieux, une sorte d’ambiance d’un autre temps,  un passé chargé de toutes sortes d’allées et venues, de vies, de mémoire et d’histoire.

Les petits matins, à l’aube, la lumière qui filtre à travers les rideaux de mes fenêtres sans volets me pousse à sortir du lit presque sur la pointe des pieds… comme pour respecter cet instant chaque jour différent. Le lever de soleil sur le Vidourle depuis la fenêtre de ma chambre, je ne le manquerais pour rien au monde…

Les journées et les semaines filent parce que je les remplis du petit matin jusque tard le soir…

Je les remplis sans leur laisser un instant de répit, du travail au bureau la journée jusqu’au pain au levain le soir, en passant par les pauses déjeuners que je décline en lectures, en créations ou en recherches diverses, les soirées qui en ce moment me mènent au cartonnage (création de boites de format divers qui me permettent de recycler les cartons d’emballage informatique du bureau…) les débuts de nuit ou Deezer m’emmène à la découverte d’artistes ou de morceaux de musique que j’écoute les yeux fermés, écouteurs rivés aux oreilles et les petits matins ou je cherche l’inspiration pour réveiller différemment de la veille ma petite dernière, afin qu’elle parte au collège le sourire aux lèvres.

Je les remplis intensément, jusqu’à l’overdose parfois, pour profiter de tout ! De chaque instant !

J’ai fini d’ailleurs par accepter que l’hyper activité faisait partie de ma vie et qu’elle m’est salvatrice. Donc, le week-end, après ma semaine de travail, je rénove, guidée par les conseils de mon grand frère Jean-Michel…

Je plonge à corps perdu dans la poussière, le plâtre, le ciment, et la pierre, un perforateur à bout de bras, murmurant des mots tendres à mon dos pour qu’il tienne le coup le plus longtemps possible, choisissant l’endroit où je vais attaquer les couches d’une apparente et banale modernité pour aller chercher l’histoire qui se cache en dessous, l’odeur de la terre et de la pierre, ce parfum de cave voutée ancienne, de sous-bois, ce sentiment de vie empli de caractère, les fondations, l’ossature, le socle fort et massif de cette maison que j’ai la chance aujourd’hui d’habiter.

L’idée n’est pas de retrouver la pierre partout, mais de jouer avec les contrastes et les styles, rendre à cette maison une part de sa « noblesse » d’autrefois, rendre hommage à ceux qui, à la force de leur bras, ont bâti ces murs, construit cette maison qui a vu deux siècles de familles et d’histoires se succéder.

1828. L’année de construction de cette « grande dame ». Accueillante et bienveillante. Emplie d’une atmosphère paisible et rassurante, calme et tranquille.

Lorsque à l’aide du burineur le plâtre et la peinture moisie par endroit dégringolent, accrochés à une épaisse couche de ciment, de morceaux de tuiles et de briques,  la seconde peau apparait, à la fois lisse et rugueuse, les pierres se dévoilent, les unes après les autres, enveloppées par le liant d’autrefois, sableux et tendre parce qu’il savait laisser les murs respirer.

Les cheveux, les sourcils et les cils blancs de poussière, (je me fais parfois peur en me regardant dans la glace à la fin de la journée), je m’attaque alors aux joints en douceur, creusant un peu, sans trop, suivant le contour de la pierre pour libérer l’espace que mon enduit à la chaux viendra combler.

Il y quelques mois, je ne savais pas que j’apprendrais… J’apprends chaque jour…

…et je me sens aussi puiser des forces incroyables au cœur même de ces murs, entre ces pierres choisies et si bien rangées, pourtant faites d’arêtes et de courbes, d’angles droits et d’arrondis, longues et plates pour certaines,  rondes et lisses pour d’autres, irrégulières, imparfaites et qui s’imbriquent pourtant pour parvenir à un équilibre serein et solide.

Une grande confiance. C’est sans doute cela que ces murs me transmettent. Sans doute cela que nous échangeons.

Comme un murmure, comme un secret que l’on confie, une forme de dialogue silencieux.

Un peu de magie en somme… 🙂

Les galets égarés

Détruire un galet peint…

16 février 2017

Je déteste prendre l’avion. Au point que l’on peut dire que je me prive de certains voyages pour ne pas avoir à vivre ces quelques heures suspendues dans les airs,  moi qui aime tant me sentir ancrée au sol…

Je n’ai donc que fort peu l’habitude de ce que l’on a le droit d’emporter dans son bagage à main, ce qui est autorité ou interdit, pas plus que je ne savais que l’on doit passer les systèmes de sécurité déchaussée, qu’un jonc de famille au poignet auquel je tiens énormément et qui ne me quitte jamais peut faire sonner le portique au point de me faire passer et repasser cette barrière pour trouver ce qui déclenche l’alarme…

Je ne savais pas non plus qu’un galet peint emporté dans mon sac pour être déposé quelque part une fois arrivée au terme de mon voyage allait poser un souci qui m’a retourné l’estomac… et c’est d’autant plus étonnant que je me sépare chaque jour de galets auxquels je tiens, sans savoir ce qu’ils deviendront ou qui les trouvera, sans que ce soit trop compliqué émotionnellement…

Il était vraiment joli celui-là… Peint à l’encre de chine et à la plume dorée, tout en rondeur, brillant et doux comme peuvent l’être certains galets polis et repolis par le sable et l’eau de mer…

Il était joli, et il faisait partie d’une « série blanche » sur laquelle je travaille en ce moment, inspirée de certains créateurs de mandalas que j’adore…

Seulement voilà… Ce galet a été considéré comme un objet contondant, a été confisqué par les services de sécurité pour être détruit, sans que je puisse même l’offrir à la personne qui le tenait dans les mains, le regard désolé…

Et là, ça m’a fait quelque chose. Vraiment.

Il est normal bien sûr d’appliquer les consignes de sécurité destinées à tous et en aucun cas je ne me permettrait de contester cela. Si j’avais su qu’un « objet d’art » aussi modeste soit-il terminerait dans un container à poubelles, que sa destination d’être « offert » à qui le remarquerait et l’emporterait n’aboutirait pas, qu’il finirait au milieu de bouteilles plastiques, d’objets inutiles et de flacons trop encombrants, je l’aurais laissé patienter sur le bord d’un muret, au milieu d’un jardin, au pied d’un olivier ou sur les bordures d’un parking,  pour qu’il conserve son sens…

J’ai voyagé en pensant à lui, en ayant le sentiment d’avoir perdu quelque chose auquel je tenais, envahie par une curieuse sensation de tristesse qui ne s’est pas encore tout à fait dissipée…

J’espère aussi et surtout que les deux galets que j’ai déposé sur un banc, à l’entrée de l’aéroport, juste avant d’embarquer et de « perdre » le troisième, n’auront pas subis le même sort …

J’espère qu’ils ont été trouvés par un voyageur arrivant, par un passant, un curieux, quelqu’un à qui ils ont plu… Et qu’ils ne sont plus égarés.

Et surtout pas « détruits »…

Et pour le principe des « galets égarés », c’est par ici….

Do It Yourself

DIY : Decopatch pour une commode…

11 février 2017

Je pense que je n’ai jamais été aussi hyper active que depuis ce début d’année…

Fuite en avant, remplissage de mes journées de travail et de week-end de la première à la dernière heure possible, étirables pour les éprouver jusqu’au point de rupture et les trouver  toujours trop courtes pour achever les objectifs que je m’impose. Avec des exigences de plus en plus aiguisées, et des satisfactions toujours aussi compliquées à ressentir. Mais ça, c’est une autre histoire…

Pour meubler ma maison, et pour rester dans le thème « riendeneufnedoityrentrer », j’ai acheté trois commodes pour 25 euros le tout sur « Le bon coin », dont une, particulièrement sale, triste et abimée.

Voici plus en détail la problématique rencontrée pour la rénovation de cette commode qui aurait pu « en jeter » si elle avait été en vrai bois.  Ici, impossible de décaper ou de poncer l’ensemble, toutes les pièces composant le meuble étant en aggloméré…

Pour parfaire la complexité, traces de peinture, de colle, coups à divers endroits faisait de l’ensemble un vrai casse tête pour tenter d’offrir une deuxième vie…

Et puis, comme je furète partout en période de boulimie de curiosité comme je le suis en ce moment, j’ai admiré (et ce depuis des semaines) les résultats que certains obtiennent avec du Décopatch, ces papiers décorés très à la mode qui s’appliquent sur toutes sortes de surfaces  à l’aide d’un vernis colle, et donnent à l’ensemble une customisation colorée, gaie, avec de petits accents « Bollywoodiens ».

J’ai donc décidé de tester la technique sur ma commode tout en prenant conscience qu’à 99 centimes d’euros en moyenne la feuille Décopatch, avec la quantité dont j’avais besoin pour tout customiser, je n’avais pas intérêt à me louper…

Après lessivage et séchage complet de mon meuble, j’ai fait le choix de décorer les tiroirs et la porte différemment et de recouvrir le reste des surfaces avec des feuilles imitation bois, sans me rendre compte du souci que j’allais rencontrer à ce sujet. Je vous en parle un peu plus loin…

Pour faire adhérer les feuilles au support, du vernis colle de la même marque, même si d’autres marques font apparemment très bien l’affaire (après comparaison, les prix se valent).

 Montant de mon achat en matériel et fournitures : une quarantaine d’euros, ce qui augmente sensiblement le prix final de ma commode mais reste, somme toute, raisonnable pour un meuble de cette taille.

Avant de me lancer, j’ai regardé pas mal de vidéos sur le sujet et remarqué que le papier devait se déchirer avant d’être appliqué pour éviter les plis et la difficulté de poser de trop grandes surface de feuilles, pourtant très solides malgré leur finesse. Le souci, c’est que j’avais choisi certaines d’entre elles pour un  graphisme que je souhaitais respecter et les déchirer en morceaux m’amenait à « casser » ce graphisme pour l’utiliser de façon anarchique ou chercher à faire jointer chaque pièce afin de retrouver le motif de base. Et ça, sincèrement, ce n’est pas du tout évident sur une grande surface….

J’ai donc fait plusieurs essais. Sur l’un des tiroirs, j’ai déchiré les morceaux comme préconisé dans les vidéos. Très facile à poser effectivement, les petites pièces se lissant parfaitement à l’aide du pinceau enduit de vernis colle et un côté un peu abstrait conservant la base des motifs de départ mais les mélangeant sans que cela soit choquant à l’oeil. Par contre, j’ai failli me retrouver à court de papier, bien que la dimension de la feuille dépasse à l’origine largement celle du tiroir. En effet, à faire chevaucher les pièces ne correspondant pas les unes aux autres, on perds de la matière assez rapidement…

Sur un autre tiroir, j’ai tenté la découpe de morceaux aux ciseaux pour tenter de faire jointer… C’est ardu, un travail de précision qui ne donne pas vraiment droit à l’erreur et qui du coup, en cas de superposition du papier se remarque nettement plus que lorsque celui ci est déchiré.

Enfin, j’ai tenté de garder les feuilles entières pour d’autres tiroirs et il est dans ce cas quasiment impossible d’éviter les plis… Il faut avancer doucement, par touche de collage, sans trop insister car on finit par déchirer le papier. Cela dit, j’y suis tout de même parvenu sans trop de casse…

Là où j’ai vraiment rencontré une difficulté, c’est pour les feuilles imitation bois que j’avais choisi. Il a été impossible de cacher les raccords, malgré tout le soin apporté à la découpe des bandes aux ciseaux. Les  lignes de bois avaient un sens, donc déchirer des morceaux n’aurait pas solutionné mon problème et il aurait presque fallu travailler avec un cutter au préalable pour un rendu plus soigné, en posant les bandes de tailles différentes les unes près des autres à la manière d’un vrai parquet…

Voici le dessus du meuble qui vous montre l’effet bois dont je vous parle, compliqué à obtenir même si au final, cela reste mieux que l’état du dessus de la commode avant !

Pour réaliser ce travail de customisation, j’ai travaillé une dizaine d’heures pour recouvrir chaque zone, le faire proprement, calculer les dimensions, soigner les endroits à reliefs, faire en sorte qu’il ne manque rien en ouvrant les tiroirs et la porte visuellement.

Le résultat est franchement sympa ! Gai et coloré, et très dans l’air du temps surtout !

Pour les boutons, cassés ou absents, j’en ai fabriqué avec de la ficelle et des perles de bois brut que j’avais au fond de mes tiroirs. L’idée était de ne pas ajouter de surcoût à cette commode avec des boutons achetés en magasins, mais de réfléchir plutôt à ce qui pourrait être réutilisé chez moi parmi les bricoles que je conserve pour le cas ou…

Voilà ma première expérience en matière de Décopatch. Je vous avoue que j’ai bien aimé et si vous avez vous même des questions ou des expériences à partager sur le sujet, venez en parler ici, avec grand plaisir !

Les galets égarés

Facile ou pas…

8 février 2017

Non, ce n’est pas toujours facile « d’égarer » un galet…

Lorsque je peins, je prends le temps de soigner mon travail, je suis dans une forme de concentration et de précision ou le graphisme se pose avec une recherche d’harmonie générale à ressentir et à offrir, je m’investis dans ce que je fais, cela prends parfois quelques heures, j’aime donc mes galets…

Faire le choix ensuite de les déposer quelque part, ne pas être sûre qu’ils soient trouvés, et s’ils le sont, ne pas toujours savoir ce qu’ils deviennent, c’est alors simple et compliqué à la fois…

Simple parce que créer du lien est important pour moi. Particulièrement depuis quelques mois, mais je pense que j’ai toujours été ainsi. A la recherche du lien avec l’autre.  A la recherche d’une certaine façon de communiquer, de forcer le hasard, de casser d’une certaine façon les contours de l’individualisme et de se positionner différemment, avec un autre regard et une autre approche que celle que la société construit habituellement.

Simple parce que je suis en accord avec ce concept qui me touche et participe sans aucun doute à mon équilibre aujourd’hui.

Et difficile aussi.

Difficile car dans l’idée d’égarer un galet, il y a une forme d’abandon. Réaliser un objet, créer, peindre un support, s’exprimer, faire naitre un graphisme unique qui nous appartient au moins dans l’esprit, le temps de le rendre visuellement concret, c’est un peu de soi que l’on y dépose. « Égarer » ensuite cette création, aussi modeste soit-elle, n’est ce pas se perdre un peu au bout du compte…

J’y ai longuement réfléchi très récemment à Narbonne où je suis arrivée un 2 février pour repartir le 3, ayant au départ prévu de rester et d’arpenter certaines rues que je connais bien pour m’y être arrêtée plusieurs fois déjà au cours de mes escapades, afin d’y  « oublier » quelques galets comme je l’avais déjà fait début décembre.

Je n’ai finalement pas senti les choses et j’ai poursuivi ma route vers l’Aude et l’Ariège où je n’ai pas davantage eu le désir d’égarer les galets qui patientaient au fond de mes poches…

Et puis, sur le chemin de mon retour, le vent ayant chassé les nuages, le soleil m’a offert une douce pause sur une aire de repos, un moment de calme, et j’ai déposé l’un d’eux sur une table de pique-nique, en me demandant ce qui allait s’inscrire pour lui…

C’est presque la première fois que je me pose véritablement la question… Et pour le moment, elle reste en suspend…

Certains galets restent silencieux. D’autres sont toujours aux endroits où je les ai déposé, car je les repère en passant lorsqu’il m’arrive de revenir dans le coin où ils se sont égarés. Et il y a ceux qui me reviennent quelque part, à travers les retours que je reçois, en mots et  photographies, ceux qui ont trouvé la force de leur symbolique, l’idée du fameux lien dont je parlais plus haut. L’accueil, une idée de la générosité et du partage dans les deux sens.

Dans les semaines et les mois qui viennent, d’autres lieux viendront m’inspirer je l’espère pour poursuivre l’égrenage de ces galets peints… Et puis ce printemps ou cet été, j’aimerais beaucoup m’isoler quelques jours sur une île, au bord de l’eau et je pense à Porquerolles, l’île de Ré ou certains coins de Corse. Je prends donc tous vos conseils et vos recommandations (mailto : nathalie.marinier@gmail.com) pour de jolis endroits inspirants, avec des solutions d’hébergements simples, au coût modeste. Ou en échange de quelques galets peints ? 😉

Et pour le principe des « galets égarés », c’est par ici….

Pains au levain Recettes

Bread therapy…

28 janvier 2017

Le pain, c’est la vie…

Une magie à chaque fois…

Une bouffée d’oxygène…

Une plongée dans l’instant présent…

Et je ne parle pas de le manger… Je parle de le faire…

Il y a dans la création et l’entretien de son levain, dans le pétrissage de la pâte, dans les actions et les soins à mettre en place pour arriver à un résultat, dans la sensualité des gestes, dans les effleurements, dans les caresses (car une pâte à pain ne se malmène en aucune façon…) un souffle réparateur…

En tout cas, c’est ainsi que je le vis. Particulièrement en ce moment…

Je me suis remise au pain il y a peu. Mon levain Chef conservé depuis deux ans au frigo s’était figé en une sorte de masse dure et blanche, uniforme, sans odeur, un peu comme une couche de plâtre épais qui aurait durci en épousant la forme de son contenant. J’étais persuadée de ne rien pouvoir en faire…

Je suis donc repartie sur la fabrication d’une base de levain avec de la farine de seigle, du miel, de l’eau tiède, en espérant que la magie opère et que le tout se mette à buller, à s’exprimer, à vivre…

Et puis j’ai décidé de casser un morceau de mon « plâtre », de le réduire en poudre et de l’ajouter au mélange précédent, juste pour voir, le tout recouvert d’un carré de tissu, déposé sagement sous le radiateur de la cuisine, avec l’intention de poursuivre ce que l’on appelle les « rafraichis » pour donner naissance à un nouveau levain.

Le lendemain, ma préparation avait tant bullé qu’elle avait débordé, mon levain bien vivant criait famine, et mon « plâtre » endormi venait de m’assurer qu’il avait très envie de reprendre l’aventure des pains avec moi…

Dans les résonances particulières de ce début d’année où j’ai plongé à corps perdu dans mille et une actions destinées à ré-accorder le cœur et la pensée, avec  -en dehors de mon boulot-  la peinture sur galets, les travaux de rénovation, la création d’objets et de meubles en matériel de récup, la couture, les amigurumis au crochet, la permaculture, la photographie et toutes les idées de dingue qui galopent dans ma tête, j’ai confié mes deux mains à toutes sortes de farine, de la T65 à la farine de petit épeautre, en passant par la farine bise, la farine de seigle, celles aux céréales, etc…

J’ai totalement renoncé au robot pétrisseur, je me suis acheté une vulgaire bassine rectangulaire en plastique pour travailler ma pâte, j’ai dépoussiéré une vieille pierre à pain qui se la jouait Belle au bois dormant sur une étagère et j’ai potassé sur le sujet. Le jour. Et la nuit… (On ne change pas les mauvaises habitudes, même lorsqu’on les sait nécessairement épuisantes. Je fonctionne ainsi…..)

Deux ans sans faire de pain ne fait pas oublier les gestes précédemment acquis. Le pain, ça ne s’oublie pas. C’est juste qu’en foutue perfectionniste, je considère qu’on peut toujours faire mieux, qu’on peut toujours mieux comprendre, que le pain peut toujours être meilleur, plus fruité, plus alvéolé, avec une croûte plus belle, de belles grignes bien ouvertes, bref… la cuisine, si ça doit repartir, je sens que ça passera par la douceur du pain, sa générosité et son symbole de partage…

Sur ces pages, en cherchant un peu au temps ou je débutais, puis un peu plus tard lorsque j’ai mieux compris les choses, vous trouverez pas mal d’informations pour faire naître un levain et réaliser un pain convenable,

Rien de professionnel, rien d’absolu, rien de très ou trop technique, juste une expérience.

Je débute une nouvelle aventure avec deux levains différents (pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué, et je viendrais vous en reparler au fil de l’évolution de mes tests). Si vous êtes dans ma région (Hérault), sachez également que je peux vous offrir du levain avec grand plaisir, ça déborde un peu à la maison….

Ici, levain dur avec une base de préparation très humide (68% – rapport eau/farine).

Appétissant n’est ce pas ?…

Pourtant il faut bien commencer par là, oser plonger ses mains dans cette masse difficile à agglomérer, en avoir plein les doigts, ne plus trop savoir comment rassembler le tout, jusqu’à ce que ça se mette à prendre forme, à se structurer pour parvenir à obtenir quelque chose de relativement « manipulable ».

Ici levain liquide avec une base de préparation tout aussi humide :

Pas plus appétissant, mais tout aussi intéressant à utiliser pour comparer, tester, observer ce qui se passe avec l’un, avec l’autre…

Tout cela, c’est de la magie, de l’émerveillement un peu enfantin, de l’ordre de ce que l’on peut ressentir quand on est gamin, que l’on fait germer des lentilles dans du coton et que tous les jours, on constate que les nouvelles pousses ont grandi par rapport à la veille… Faire son pain a véritablement quelque chose de thérapeutique…

Des vertus relaxantes et douces. Un recentrage. Une aide à la concentration, un retour aux sensations, un lien, un rythme, une attention particulière, des rendez-vous autour du levain à rafraichir, des rabats à programmer, deux périodes de levées, une mise en forme, une cuisson au four.

Tout cela passe par le toucher, le contact, le regard, le goût, la saveur, les parfums…

Tout cela passe par la transformation d’une matière qui au départ ne ressemble pas à grand chose à un  pain à la mie aérée et à la croute couleur caramel…

Je passe en ce moment de longues minutes assises devant la vitre du four à contempler mes pains, observer les pâtons gonfler, se transformer, surveiller leur couleur, observer leur comportement, comparer, réfléchir, étudier et ré-étudier pour tenter de faire mieux la fois suivante…

A la fin de la cuisson, le pain chante… Il « pétille » quelques instants avant de commencer son refroidissement.

Il faut alors avoir le courage d’attendre qu’il ait refroidit pour pouvoir le déguster et qu’il soit digeste… Je n’y parviens pas toujours…

Quelques tests encore et c’est promis, je viendrai partager ici mes expériences de passionnée.

En attendant, et parce que cela rejoint si fort l’idée de toute la symbolique du pain, la notion de partage, de générosité et d’amour, j’ai envie de dédier ce billet à tous ceux qui savent justement aimer, soutenir, rassurer et  réconforter.

Tous ceux qui savent être et rester présents, sincères, toujours là, quoiqu’il arrive, quoiqu’il se passe, contre vents et marées.

Ceux qui portent toujours en eux la douceur de la bienveillance, l’honnêteté des sentiments, la bonté d’âme et de cœur.

Ceux qui n’abandonnent jamais, sur lesquels on peut toujours compter, qui restent des points d’ancrages si doux et si forts qu’à eux seuls, en quelques gestes ou quelques mots, ils savent transformer les larmes en sourires…

Sentir vivre et s’exprimer parfois toute notre fragilité au cœur même de notre âme, c’est aussi l’expression de la sensibilité et de l’humanité qui est en nous. Sans elle, nous ne serions pas ce que nous sommes.  Ce qui me fait partager ceci pour conclure :

“Les gens n’ont de charme que par leur folie.   Voilà ce qui est difficile à comprendre. Le vrai charme des gens c’est le côté où ils perdent un peu les pédales, c’est le côté où ils ne savent plus très bien où ils en sont. Ça ne veut pas dire qu’ils s’écroulent au contraire, ce sont des gens qui ne s’écroulent pas. Mais, si tu ne saisis pas la petite racine ou le petit grain de folie chez quelqu’un, tu peux pas l’aimer.  On est tous un peu déments, et j’ai peur, ou je suis bien content, que le point de démence de quelqu’un ce soit la source même de son charme.” Gilles Deleuze

…et pour ce qui est de faire son pain au levain, c’est promis, je reviens très bientôt vous en parler tout doucement à l’oreille…