Les Carnets de Nat

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Une page se tourne et avec elle, une tartine de printemps…

15 avr 2015

Une page se tourne.

J’ai du mal… et je vais mettre le temps qu’il faut pour finir de l’effeuiller…

Pour autant, combien écrivons-nous de livres dans nos vies ? Devrions-nous préférer n’en écrire qu’un et aller jusqu’au bout en quelques milliers de pages ? Ne jamais le terminer pour être sûre d’y revenir ? En écrire plein, quitte à se lancer parfois dans plusieurs tomes ?

Pour ma part, je préfère penser que la vie nous offre plusieurs styles d’écriture, qu’au rythme de nos pas nous publions plusieurs essais et que nous pouvons choisir, préférer, renoncer, choisir à nouveau, quitte à réécrire l’histoire plusieurs fois.

Une page se tourne et finalement…c’est bien….

Depuis presque 10 ans, je viens régulièrement vous confier ici recettes et billets d’humeur, photographies, liens, conseils et expériences culinaires.

Depuis presque 10 ans, cet espace a considérablement changé, évolué en fonction d’un ensemble de paramètres, personnels, professionnels et affectifs. Il a muri au fil des mois, s’est personnalisé peu à peu, humblement discret, et il est aujourd’hui temps de lui offrir d’autres projets. L’année 2015 sera, pour moi, un fil de réflexions et d’idées à peser tout autour de ce qui fait ma passion : la cuisine, le partage et la convivialité…

Et comme le printemps arrive à grands pas, avant de poursuivre dans de prochains billets les pages de mes réflexions et le futur ton gourmand que prendront ces carnets, je vous propose une tartine salée, à croquer en toute circonstance !

Dans mon panier bio cette semaine, quelques fèves, betteraves, navets et pommes de terre, une jolie laitue rouge, des pamplemousses et des oranges…

Les fèves, je les adore depuis que je suis gamine. Ma mère les faisaient cuire avec la peau, et préparait ensuite une sorte de vinaigrette au cumin qu’elle versait sur les fèves encore chaudes. C’était délicieux.

L’expérience m’amène cependant à privilégier le « cru » depuis quelques mois, ainsi que la chaleur douce. Mais je reviendrais au fil des prochains billets sur les raisons qui motivent mon changement progressif d’alimentation et ma manière d’aborder la cuisine depuis.

 panier-feves-betteraves-main

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Crues, les fèves sont bien moins caloriques que cuites, apportent protéines (elles plaisent donc aux végétaliens comme aux végétariens), fibres, potassium, magnésium et calcium. Elles sont également une excellente source d’acide folique (vitamine B3, B5 et B9).

Il faut apprécier leur saveur ainsi, mais j’aime leur croquant, leur côté doux et frais. Pour les consommer crues, choisissez les fermes, plutôt jeunes et retirez en la peau.

Pour cette recette, je les ai partagés par la moitié également pour leur donner moins de volume et les utiliser davantage en légèreté.

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Pour cette recette et pour 6 tartines de printemps :

Pour les fèves crues marinées :

- 1 poignée de fèves fraiches

- 1 petite échalote

- Quelques suprêmes de pamplemousse

- fleur de sel, poivre et huile d’olive

Mélangez ensemble fèves, suprêmes de pamplemousse, et échalote ciselée finement. Ajoutez une pincée de fleur de sel, du poivre du moulin et un filet d’huile d’olive. Mélangez délicatement, filmez et réservez au frais.

Pour les betteraves et les radis roses :

Préparez un bol rempli d’eau glacée.

Pelez la betterave et découpez la en fine julienne. (Utilisez une mandoline ou un rasoir à légumes spécial pour réaliser ce type de bâtonnets très fins).

Lavez soigneusement les radis et passez les également à la mandoline pour en faire de très fines lamelles.

Plongez ensuite la julienne de betterave et les lamelles de radis dans l’eau glacée durant quelques minutes. Ils resteront ainsi parfaitement croquants.

Avant de réaliser votre tartine, égouttez les soigneusement et réservez.

Choisissez un bon pain au levain, pain complet ou à la farine d’épeautre. Coupez des tranches fines et faites les griller, ou pas, selon votre préférence. Tartinez généreusement chaque tranche de fromage de chèvre frais et disposez dessus fèves, pamplemousse, échalote, betterave et radis roses. Ajoutez de la salade rouge finement découpée.

Quelques tours de moulin à poivre, un peu de fleur de sel, un filet d’huile d’olive et le tour est joué… C’est bon, c’est frais, c’est de printemps… Que demander de plus ! :-)

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© Nathalie Marinier-Julien. Textes et images régis par la licence Creative Commons

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Du côté du sucré...

Cake à l’orange et au pavot…

25 mar 2015

Ces derniers temps, les oranges de mon panier bio finissent entre les cylindres de mon extracteur de jus et viennent composer les boissons revigorantes et stimulantes de mon petit déjeuner. Et depuis deux mois, c’est presque devenu un rituel.

A peine sortie de la clinique ou l’on m’a légèrement chahuté les viscères, j’ai commencé par passer à la centrifugeuse, puis à l’extracteur, une partie des légumes et fruits de mon panier du mercredi, ajoutant gingembre, curcuma, persil ou coriandre, en fonction des envies du moment. Une manière pour moi de clôturer une étape pour en débuter une autre et poser des choix bienveillants sur mon alimentation et celle des miens.

Au départ, carottes, pommes et oranges avaient la part belle, puis j’ai osé m’aventurer sur des chemins plus risqués, jouant avec la betterave et le navet, perdant au préalable deux de mes testeurs familiaux, de moins en moins convaincus par la saveur surprenante de certains de mes jus.

J’ai donc adapté et me suis lancée dans du presque sur-mesure : pommes et oranges pour Clémence, orange seulement pour Ana, un mix de tout, mais sans pousser le bouchon trop loin, pour l’une de mes grandes.

Et puis il y a eu ce matin… Et là je ne sais pas trop ce qu’il m’a pris… Pommes et  oranges certes, mais aussi pamplemousses, céleri, radis, persil et gingembre. Le tout a donné un résultat à la couleur fort peu appétissante, au parfum plutôt corsé et à la saveur… comment dire… trop particulière pour être gourmande… celui là, je vais devoir le terminer toute seule, personne n’y goûtera…

Ne craigniez rien cependant, point d’erreur sur le titre de ce billet. Je vais bien vous parler pâtisserie et ne pas vous imposer une recette improbable de jus verdâtre presque imbuvable… Je vais juste vous confier le sort réservé aux oranges qui n’ont pas été sacrifiées sur l’autel de mon extracteur de jus !

presentation-ingredients-gateau-orange-pavot

Ce cake me trottait dans la tête depuis un petit moment déjà et c’est la couverture gourmande du magazine « Saveurs », reçu il y  a quelques jours, qui a achevé d’inspirer mon désir d’agrumes et de sucre.

Sur mes citronniers, point de citrons mûrs encore. Trop fermes et trop verts pour risquer d’être prélevés trop tôt. Je suis donc passée aux oranges rescapées, tout en conservant l’idée du pavot, si joli lorsqu’il flirte avec la pâtisserie et les textures claires.

Pour cette recette et pour un grand moule à cake j’ai donc utilisé :

- 2 oranges bio non traitées

- 200 gr de maizéna

- 200 gr de farine T45

- 130 gr de sucre glace

- 100 gr de beurre normal + 100 gr de beurre salé

- 6 œufs entiers

- 1 sachet de levure chimique.

(Attention : ces proportions sont adaptées à un moule à cake de grande dimension, assez profond. Deux difficultés possibles occasionnent ce choix : un résultat possiblement  plus dense sur le bas du cake qui aura moins cuit en profondeur. Pour éviter ce risque, diviser les proportions par deux et choisissez un moule plus bas et moins long. D’autre part, une partie de la farine est remplacée par la maïzena. Ce cake est donc allégé en gluten et le résultat est différent de ce que donnerait un gâteau a base exclusive de farine de blé)

Commencez par tamiser ensemble la farine, le sucre glace et la levure.

tamisage-farine

Ajoutez ensuite les œufs, le beurre fondu, les zestes des oranges coupés finement et le jus des deux oranges.

Mélangez soigneusement sans trop. Plus vous mélangez, plus vous densifiez la pâte…

Beurrer ensuite un grand moule à cake préalablement tapissé de papier sulfurisé beurré. La pâte doit arriver jusqu’à 3 cm environ de la hauteur du moule, pas plus. Dans le cas contraire, lors de la cuisson, le cake risque de déborder…

Versez la pâte dans le moule et glissez au four préchauffé à 180°C (chaleur tournante), et ce pour 10 minutes.

Pour le fondant :

- 200 gr de sucre glace

- 1 blanc d’oeuf

- 1 cuil à soupe de jus de citron (ou d’orange)

Commencez par mélanger au batteur ou au fouet à main le sucre et le blanc d’œuf. Vous devez obtenir une préparation ferme, homogène et brillante. Ajoutez du jus de citron pour liquéfier légèrement le fondant. Réservez le, filmé, pour éviter qu’il ne sèche.

Après 10 minutes de cuisson, faites une entaille au couteau au centre du cake dans le sens de la longueur. Cela évitera qu’il « s’ouvre » lors de la cuisson un peu n’importe comment.

Prolongez la cuisson à une température de 150°C (chaleur tournante) durant 35 minutes mais vérifiez la cuisson à l’aide d’un fer à brochettes ou d’un couteau pointu. Planté au cœur du cake,  le fer ou la lame doivent ressortir secs.

Filmez le cake à chaud jusqu’à ce qu’il soit complètement refroidi. Versez alors le fondant sur le dessus du gâteau en laissant s’écouler le surplus dans un plat.

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Une fois le cake refroidi, couler le fondant régulièrement sur le dessus du cake et disposez ensuite, si vous le souhaitez, de petits dés d’oranges confites.

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Laissez le glaçage durcir et coupez en tranches pour déguster…

Doux et gourmand, ce cake se prêtera aussi bien au petit déjeuner qu’au gouter… Et l’on se dispensera de l’accompagner d’un improbable jus de légumes… Un thé aux agrumes fera l’affaire ! ;-)

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© Nathalie Marinier-Julien. Textes et images régis par la licence Creative Commons

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Apéritif

Liqueur de violettes…

03 mar 2015

Elles tapissent le sol du jardin… et chaque année, je prélève quelques pieds d’un côté pour les planter de l’autre…

Elles sentent délicieusement bon, elles sont jolies et annoncent l’arrivée du printemps avec leurs petites touches colorées…

J’adore les violettes !

J’adore le parfum de ces petites fleurs délicates ! Je me souviens avoir dégusté des bonbons à la violette lorsque j’étais petite fille, à Nice, en compagnie de ma tante Estelle qui m’avait emmenée visiter une confiserie. Ça sentait bon le sucre, les pétales de roses, le jasmin, la lavande…

… et la violette…

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Chaque année, elles sont au rendez-vous, et j’en prélève quelques poignées assez rapidement pour qu’elles ne se perdent pas. Je les utilise dans les biscuits, les gâteaux, mais aussi en infusion dans la crème pour parfumer un riz au lait ou une panna cotta.

Pour se lancer dans le sirop de violettes ou la confiture, il en faut des fleurs… Et comme je préfère tout de même les voir pousser au jardin je n’en prélève que deux ou trois poignées. 200 gr à peine de parfum fruité et sucré…

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J’ai donc décidé cette année de tenter une liqueur de violette et je ne pourrai venir vous parler du résultat avant plusieurs semaines.

Pour cette recette (et pour une bouteille d’une contenance d’environ 700 ml) :

- 2 à 3 grosses poignées de violettes ramassées au jardin, le matin lorsque les fleurs sont juste ouvertes.

- 150 gr de sucre blanc

- 600 ml d’alcool spécial pour fruits spiritueux 40° (les puristes diront que son goût est inintéressant, mais il est facile à trouver…)

Commencez par retirer les pétales des sépales (bases de la corolle).

Puis disposez les au fond d’une bouteille en verre à large goulot (mais hermétiquement refermable). La bouteille doit avoir été au préalable lavée,  ébouillantée et séchée.

Ajoutez le sucre, et recouvrez d’alcool.

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Fermez hermétiquement la bouteille et mélangez.

Stocker ensuite dans un endroit sombre et pas trop chaud pendant 4 semaines environ. C’est la période de macération.

Pensez à retourner et secouer doucement la bouteille quotidiennement de façon à ce que les pétales restent immergés dans l’alcool.

Je reviens vous communiquer la suite des opérations dans quelques semaines ! :-)

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© Nathalie Marinier-Julien. Textes et images régis par la licence Creative Commons

Un commentaire

Du côté du sucré...

Oreillettes, comme en Provence…

20 fév 2015

J’apprends à ne pas faire grand chose…

Profiter des quelques jours qui me restent pour laisser place au vrai repos, au plaisir de me laisser porter, et pour cela, j’ai choisi de finir ma convalescence dans ma famille, à quelques heures de chez moi, abandonnant les obligations ménagères et culinaires à ma tribu…

Cette nuit, j’étais à la belle étoile, accompagnant ma petite chienne Cavalier King Charles dans l’une de ses sorties nocturnes nécessaires. Emmitouflée dans plusieurs couches de laines, je contemplais le ciel étoilé sous un froid piquant. Calme et clarté de l’air, petit moment de paix intérieure ou l’on s’autorise à découvrir un environnement pourtant familier, différemment : la lumière de la rue, l’ombre des arbres jouant avec le sol brillant de gel, le crissement de chaque pas, le hululement régulier d’une chouette, la course joyeuse de Mila entourée du halo de son souffle chaud.

La fatigue est là pourtant mais elle apporte justement une capacité d’écoute et de ressenti différent. le corps est abandonné, les sons omniprésents, l’esprit totalement détendu pour les recevoir. Un petit moment précieux…

…qui se poursuit au petit matin lorsque les ombres des arbres et le soleil  jouent encore avec nous pour peu que l’on y prête attention…

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Dans quelques jours, le bureau et les ateliers reprendront leur cours, les séances de sophrologie également et mon emploi du temps sera aussi plein qu’un oeuf. Pourtant, il va falloir s’écouter cette fois, lever le pied et prendre le temps de petites parenthèses pour se retrouver. J’ai pris l’engagement d’y veiller. J’y veillerai…

Juste avant de quitter la maison pour quelques jours et parce que je peine à retrouver l’appétit depuis mon opération, je me suis remise à feuilleter plus assidument mes livres de cuisine à la recherche de ce qui pourrait bien me tenter. Salé ? Sucré ?… Difficile à dire.

Dans l’un de mes vieux ouvrages, une feuille manuscrite pliée. En l’ouvrant, je n’ai pas tout de suite compris ce que j’avais du annoter à l’époque sur un coin de table. Pas de titre, pas de phrase complètes, juste quelques ingrédients et quelques mots…

Et puis comme si je me revoyais soudain prendre note à l’époque, j’ai revu les oreillettes que je faisais lorsque j’étais jeune maman, celles que mon père adorait, celle qui croquaient sous la dent pendant plusieurs jours, celle qui laissaient des traces de sucre glace sur les doigts et les joues des gourmands…

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J’ai réalisé cette recette pour le plaisir de retrouver ce parfum, cette consistance si particulière, cette gourmandise que j’adorais, mais je n’ai pas pu y gouter… Mon corps m’a clairement fait comprendre que les fritures n’étaient pas vraiment appropriée à ma situation actuelle…Reste le plaisir de la réalisation et celui de partager, l’essence même de la cuisine au bout du compte.

Alors la voila, cette recette ancienne. Pour vous.

Pour un grand (très grand) panier d’oreillettes :

- 500 gr de farine T55

- 4 gros œufs ou 5 œufs moyens

- 1 sachet de levure chimique

- 1 pincée de sel

- Un peu de jus d’orange et de fleur d’oranger.

- 3 cuil à soupe de sucre glace bombées (facultatif si l’on préfère sucrer l’oreillette après)

La pâte se prépare à la main ou au robot. Verser la farine, la levure chimique, le sel et le sucre (si on a choisit d’en mettre) dans un plat ou dans le bol du robot. Mélanger à la main ou à petite vitesse au robot.

Ajouter ensuite les œufs fouettés puis affinez la texture en ajoutant peu à peu du jus d’orange mélangé à de l’eau de fleur d’oranger. La pâte doit se rassembler, devenir souple et non collante.

Filmez et réservez au frais 30 minutes.

Divisez ensuite la pâte en petites boules de la même dimension, de la taille d’un œuf, et là, deux solutions s’offrent à vous : un laminoir ou quatre mains…

Car il va falloir plonger des disques ou de grands rectangles de pâte bien affinés dans un bain de friture à température et la cuisson sera ultra rapide, comme l’enchainement des gestes…

Chaque petit pâton doit être finement étalé au rouleau ( ou mieux donc, au laminoir), puis encore affiné à la main en tirant délicatement sur les côtés du disque ou du rectangle obtenu, sans déchirer la pâte pour autant. C’est délicat et précis.

L’idéal est donc de réaliser ces oreillettes à deux, l’un s’occupant de la pâte, l’autre surveillant la température de l’huile (170 à 180°C) et la friture.

Les oreillettes doivent être dorées bien égouttées et de jolies bulles doivent apparaitre sur toute leur surface. Refroidies, les sucrer à l’envie et les partager…

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Vous m’en direz des nouvelles ! ;-)

A bientôt !

© Nathalie Marinier-Julien. Textes et images régis par la licence Creative Commons

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Légumes et plats

Légumes d’hiver rotis et salade toute simple…

15 fév 2015

J’ai converti toute la maisonnée aux jus de fruits et de légumes frais !

Et c’est devenu un rituel. Je choisi, je découpe, je pèle, je tranche, puis je passe tout cela à la centrifugeuse et en fonction de mes choix, les verres se déclinent en rouge, en orange, en jaune et en vert : betteraves, oranges, citron, pommes, kiwis, carottes, navets, gingembre, je joue des contrastes et bouscule les habitudes ! Et ça fait un bien fou !

Dans mon panier du mercredi, tout ce qu’il faut justement pour booster le métabolisme et donner la pêche, même à moi qui me remets tout doucement de mes récentes aventures opératoires. Un corps différent puisqu’il en manque un bout… Une approche des repas différente aussi, car une sorte de radar à aliments digestes ou indigestes a remplacé ma vésicule… Je parle pour moi bien entendu. Je ne suis en effet pas certaines que les jus de fruits et de légumes soient supportés par toutes les personnes ayant subi le même parcours que moi…

Depuis mon retour à la maison il y a une dizaine de jours, ou presque (les deux premiers ayant davantage ressemblé à une sorte de sieste interminable…) je reste fidèle aux fruits et légumes qui me tentent. Et j’en fais profiter autour de moi ceux dont le nez coule, dont la gorge gratte, ceux qui se plaignent de manquer de dynamisme, de se sentir fatigués de bon matin, etc… et il semblerait que ça marche.

Reste qu’au fond de mon panier, les légumes d’hiver ne trouvent pas vraiment d’adeptes (dans les jus, ça passe, mais autrement, faudrait quand même pas abuser…).

Que faire des quelques panais, navets et patates douces que personne n’a envie de goûter chez moi, hormis les congeler pour de futurs potages…

Je les ai plus d’une fois laissé patienter sur le plan de travail pour voir s’ils allaient m’inspirer quelque chose, si de leur forme et de leur couleur un peu triste, j’avais envie de tirer quelque choses d’appétissant… Allez faire manger du panais à mes filles… Ou même de la patate douce…Allez leur dire que le navet c’est bon, riche en vitamine,  potassium et oligo-éléments, vous ne convaincrez pas…

Alors j’ai pensé à moi pendant que tout le monde se jetait sur les restes de hier pour échapper à mes éventuelles velléités de leur faire goûter d’improbables mixtures…

J’ai pensé à moi et j’ai bien fait !

legumes-hiver-2015

J’ai donc pelé et tranché en fines lamelles ces quelques légumes récalcitrants et les ai disposé sur une plaque garnie d’une feuille de papier sulfurisé. Coupes régulières pour permettre une cuisson équilibrée.

Si vous en avez, n’hésitez pas à ajouter de même façon carottes, betteraves, topinambours et poireaux, en un joli patchwork de couleurs. Ajoutez si vous le souhaitez quelques rondelles d’oignon, un bon filet d’huile d’olive, de la fleur de sel, et quelques tours de poivre du moulin.

J’ai pour ma part ajouté un peu de miel de châtaigner parce qu’il est fort en goût et que j’adore le miel…

assiette-legumes-hiver-rotis-2

Au four préchauffé à 180°C, pour une trentaine de minutes de cuisson. Les lamelles de légumes doivent être tendre, juste colorées sur les bords les plus fins.

Pour accompagner ces légumes d’hiver, j’ai choisi une salade de jeunes pousses d’épinard et de mesclun. Parce que ça me tentait, et que je m’écoute ! :-)

Vinaigrette toute simple : huile d’olive, vinaigre balsamique, petite touche de citron jaune, sel, poivre, un peu de coriandre ciselée et… un peu de miel…

Que ces tranches de légumes de saison soient chaudes ou froides, c’est bon ! Alors à vous de les garder au chaud ou de les laisser refroidir selon l’envie.

assiette-legumes-hiver-rotis

La petite salade assaisonnée est dressée au centre de l’assiette et tout près, j’ai disposé mes lamelles de légumes encore tièdes, quelques petits morceaux de fromage de chèvre, quelques cerneaux de noix, et puis c’est tout…

Vraiment très simple, et très bon… La patate douce, le panais et le navet cuits sont légèrement sucrés, une saveur corsée par le miel de châtaigner qui leur va très bien,  le fromage de chèvre apporte une pointe d’acidité tout à fait bienvenue, la salade et sa vinaigrette amènent de la fraicheur et les noix un peu de croquant et une petite pointe d’amertume.

J’ai dégusté mon assiette toute seule mais j’ai senti quelques gourmands tourner autour, l’air déçu…

Tant pis… J’ai dis que je me mettais à penser davantage à moi à partir de maintenant ! Je mets désormais en pratique et je dois avouer que c’est bien bon ! ;-)

© Nathalie Marinier-Julien. Textes et images régis par la licence Creative Commons

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Du côté du sucré...

Galette des rois au chocolat en février… parce que mieux vaut tard que jamais !…

12 fév 2015

J’ai tardé. Oui.

J’avais promis cette recette de galette début janvier mais mon esprit n’est pas véritablement parvenu à se poser depuis…

Je le dis souvent, l’écriture sur ces pages pour y coucher simplement une recette, je ne sais pas faire… Pourtant me direz-vous, tout le blabla autour de la réalisation d’une galette des rois c’est parfaitement inutile. On a juste besoin d’ingrédients, de techniques, d’une expérience parmi tant d’autres, de photographies pourquoi pas, et puis c’est tout !

Arfff ! Le problème c’est que dans la vie, certains évènements viennent parfois bousculer les sentiments, le raisonnement et l’écriture et rend les choses moins simple qu’il n’y parait… Reprendre le cours des mots de ce modeste « journal » culinaire  sans parler du silence qui l’a précédé c’est renoncer à sa part d’âme, de personnalité, de sensibilité. Et sans, décidément, je ne sais pas faire….

Alors…d’abord… il y a eu le 7 janvier…  Et là, j’avoue que j’ai eu du mal à respirer normalement pendant les semaines qui ont suivi.

Peut-être parce que, malgré mon âge, j’ai encore parfois le sentiment d’être habillée par l’innocence de l’enfance. Peut-être parce que le respect des autres, le respect de la vie, la liberté, ce sont des valeurs précieuses, profondes, intenses pour moi. Peut-être parce que la haine, la manipulation, les convictions uniques et absolues me terrifient et me disloquent. Peut-être parce qu’empêtrée dans une carte de vœux devenue déplacée, presque agressive, je me suis dit qu’il n’y en aurait plus jamais sur ces pages.

Et puis on est rattrapé par le fil de la vie. Et heureusement…

Le fil de nos émotions du quotidien, celui de nos obligations, du travail. Un rythme, des journées, des rencontres, des échanges, et pour moi, la maladie de ma mère dont la mémoire s’enfonce peu à peu dans l’obscurité également. Elle retombe en enfance ce qui nous offre parfois toutes les deux de grands éclats de rire tant les situations deviennent incongrues et décalées. Il faut savoir détourner l’angoisse de ceux qui perdent pieds, en faire un conte, une histoire. Décliner l’insupportable avec humour et légèreté parce que c’est un choix sans doute bien meilleur que celui de se voir brisé par le choc de l’oubli.

Cela n’empêche pas qu’un cycle s’achève et qu’il  m’est difficile de me projeter dans celui qui m’attend, effrayée par ce que me renvoie le miroir de l’âge, non par la plastique de son reflet, mais par l’essence même de ce que je crains à mon tour un jour de ne plus reconnaître.

Au fil des deux années qui viennent de s’écouler, j’ai senti parfois m’échapper les contours rassurants de mon chemin et de mes décisions. Alors j’ai choisi d’avancer pas à pas, un pied après l’autre, concentrée sur l’instant présent, sur le souffle de la vie, sur ceux que j’aime, sur ceux qui m’entourent tendrement, sur la cuisine, sur de jolis projets. Parce que cela donne des couleurs, du rose aux joues, parce que les sourires s’ancrent plus facilement. Être sophrologue m’y a énormément aidé.

Mais de temps en temps, comme pour me rappeler à l’ordre, mon corps me balance les signes qu’il ne faut pas trop tirer sur la corde…

Il y a 4 ans, jour pour jour, je venais vous parler de mes pitbulls, juste avant de vous confier une bonne petite recette de blanquette (décidément c’est une habitude chez elle de coller du blabla partout où elle cuisine…) Mon corps m’avait alors murmuré bien des mots avant le bistouri et je lui avais promis de le prendre désormais en compte, tout en croisant discrètement les doigts derrière mon dos…

Et il y a dix jours, je franchissais le seuil de la même clinique en n’ayant qu’une seule envie, celle de me carapater et que l’on me laisse entière. Complète. Que l’on ne vienne pas non plus en rajouter. Qu’un dimanche ensoleillé, ce n’est pas le jour pour aller s’immobiliser des heures dans une chambre blafarde. Qu’après m’avoir ouvert le dos, je n’avais pas envie du tout qu’on vienne me triturer les viscères.

En avoir plein de dos ou se faire de la bile c’est à la fois si proche et si différent : dans un cas on entasse à l’extérieur, dans l’autre à l’intérieur. Le résultat reste somme toute assez similaire : le corps disserte en maux…

Alors une dizaine de jours plus tard, une vésicule en moins et quelques cicatrices en plus, j’ai pris le temps de poser un certain nombre de décisions et cette fois, j’ai gardé les mains devant moi…

Continuer de se respecter, de se faire du bien.

Offrir de la douceur aux autres mais en en gardant aussi pour soi. S’offrir de la bienveillance…

Prendre le temps ! Des heures calmes et dociles où rien n’est attendu. Les échos simples du cours des choses…

Savoir se distancer de la toxicité. Poser des choix, s’éloigner, refuser d’être gratuitement nié, malmené ou manipulé par des marionnettistes plus doués à remettre en cause les autres qu’eux-mêmes. Le seul rôle à tenir est le sien. Celui qui nous porte. Celui qui nous ressemble.

Et puis cuisiner ! Cuisiner autrement, différemment ! Depuis 10 jours, je me bichonne à grandes rasades de jus de fruits et de légumes frais, passés à la centrifugeuse en attendant qu’un jour mon porte-monnaie m’autorise à m’offrir l’extracteur de mes rêves.

Je m’écoute. J’écoute mon appétit brinquebalé par une récente maltraitance chirurgicale, qui, même parfaitement réalisée, reste traumatisante pour le corps. Il manque à présent un organe dont il s’agit de se passer afin que le tout continue de fonctionner normalement malgré ce.  Certaines saveurs ne me tentent pas encore, d’autres me sont franchement hostiles, ne serait-ce qu’à la vue, d’autres enfin m’appellent comme des élixirs de forme et les fruits du matin en font partie…

Bon… mais cette galette des rois alors ?…. Elle vient ?

Bien-sûr, car avant la gourmandise il y a le bonheur de la réalisation, de l’apprentissage, des lectures et des visionnages, des essais et des tests, et là-dessus, ma gourmandise n’a aucune limite…

galette-des-rois-janvier-2015

Pour cette galette j’ai décidé de réaliser une pâte feuilletée inversée.

Pour rappel, une  pâte feuilletée classique est réalisée à partir d’une détrempe composée de farine, sel et eau sur laquelle on dépose une matière grasse (margarine ou beurre de tourage) avant de plier la pâte sur elle-même, lui faire faire un quart de tour et recommencer le cycle plusieurs fois en laissant reposer la pâte au réfrigérateur entre chaque tour.

La méthode inversée consiste à envelopper cette fois une abaisse de détrempe dans une abaisse de matière grasse. La pâte feuilletée ainsi obtenue offrira un résultat plus friable mais plus croustillant.

Après avoir fait plusieurs tentatives de recettes différentes, j’ai testé et choisi l’une d’elle, présente ici en vidéo.

Commencer par une première détrempe, sorte de beurre manié (et pour 2 galettes) :

- 375 gr de beurre mou ( un vrai beurre à 82 % de MG !)

- 150 gr de farine.

Mettre dans un grand bol le beurre mou et lui ajouter la farine. Travaillez le tout à la spatule jusqu’à rassembler le tout.

etapes-galettes-1Fleurez ensuite légèrement votre plan de travail, déposez-y la pâte et étalez-la délicatement au rouleau fariné sur une épaisseur d’environ 2 cm. Cette étape n’est pas forcément simple car la pâte comportant beaucoup de beurre, elle est relativement collante. Il est donc important de travailler avec délicatesse sans être tenté d’ajouter de la farine qui fausserait les proportions de la pâte. Réaliser ainsi cette abaisse sous forme de disque ou de rectangle. Filmez et placez au frais pour 1h30.

Pour la deuxième détrempe :

- 350 gr de farine T55 tamisée

- 110 gr de beurre fondu

- 150 gr d’eau

- 15 gr de sel

- un peu de vinaigre blanc

Dans un grand saladier (ou dans le bol du robot), déposez la farine, le beurre fondu refroidi, le sel, 100 gr d’eau en réservant le reste pour l’ajouter peu à peu, une demi cuil à soupe de vinaigre blanc et mélangez lentement à la feuille ou au crochet au robot, ou à la main. Ajoutez peu à peu l’eau réservée jusqu’à obtenir une pâte souple mais non collante.

Abaissez à nouveau la pâte obtenue en un rectangle de pâte d’environ 2 cm. Réfrigérez durant 1h 30.

etape-galette-2

Abaissez la première détrempe (beurre manié) jusqu’à environ 1 cm d’épaisseur, en fleurant légèrement le plan de travail.

Déposez au milieu du rectangle ou du cercle obtenu la deuxième détrempe et enfermez la à l’intérieur.

pates-reuniesVous rencontrerez sans doute une difficulté avec la première détrempe qui aura durci avec la réfrigération. Laissez-la reposer quelques instants pour pouvoir l’abaisser sans trop de mal et réchauffez-la légèrement avec la paume des mains pour pouvoir l’étaler plus facilement.

Réalisation du 1er tour double :

Commencez par abaisser la pâte délicatement avec la main ou avec le rouleau en exerçant quelques pressions régulières sur toute la longueur de la pâte, et l’étaler ensuite au rouleau sur la longueur, jusqu’à 1 cm d’épaisseur environ, mais sans appuyer trop fort. La pâte doit glisser sur le plan de travail, et il faut donc penser à fleurer celui-ci si nécessaire (1).

galette-etape-3Effectuez ensuite le tour double en rabattant d’un tiers la partie supérieure du rectangle obtenu, puis la partie inférieure de la même façon (2) et repliez le tout en portefeuille (3).  Pivotez la pâte pliée d’un quart de tour de manière à avoir la pliure à gauche. (Sur la photo elle est à droite. Ce n’est pas grave, le tout étant  de reprendre le tour suivant avec la pliure du même côté).

Filmez la pâte et réservez-la au frais durant 30 minutes.

Deuxième tour double :

Fleurez légèrement le plan de travail et disposez la pâte pliure à gauche (ou à droite suivant le tour précédent) et commencez par exercer quelques pressions sur la pâte au rouleau sans trop appuyer. Finir d’étaler la pâte sur environ 1 cm.

deuxieme-tour-debutPuis reprenez les étapes 1, 2 et 3 ci-dessus. Une fois la pâte pliée en portefeuille pour le deuxième tour double, filmez et réfrigérez 30 minutes.

3eme tour simple  :

Sortez la pâte du réfrigérateur (4) fleurez le plan de travail et commencez par exercer quelques pressions sur toutes la longueur de la pâte à l’aide du rouleau à pâtisserie, comme sur la photographie de droite ci-dessus, sans trop appuyer. Continuez à abaisser la pâte en un long rectangle, jusqu’à une épaisseur d’environ 1 cm (5).

tour-simple

Rabattre de  moitié la partie supérieure du rectangle obtenu (6) puis rabattre la partie inférieure du rectangle au dessus de l’autre (7).

dernier-pliageFilmez et placez la pâte au réfrigérateur durant 30 minutes. Elle est ensuite prête à être utilisée.

Diviser ensuite le feuilletage obtenu en 4 parties (8), puis, pour chaque carré obtenu coupez les angles pour amorcer une forme ronde (9). Attention, les chutes vont se glisser sous l’amorce de boule obtenue, mais en respectant l’esprit du feuilletage. Il ne s’agit pas de les malmener ou de les malaxer, mais simplement de les placer sous la pâte en la  « boulant » légèrement avec les paumes (10).

prepa-disques

 La frangipane au chocolat :

160 g de beurre mou
160 g de sucre glace
240 gr de poudre d’amandes
4 œufs
2 cuil à soupe de maïzena
2 bouchon de rhum
140 gr de chocolat pâtissier

Faire fondre le chocolat au bain marie.

Mélangez le beurre mou avec le sucre glace, les œufs (l’un après l’autre), la poudre d’amandes, la maïzena et le rhum. Ajoutez le chocolat et mélangez soigneusement
Réservez au frais 30 minutes.

Fleurez le plan de travail et étalez les 4 « boules » de pâte obtenus en 4 disques d’une épaisseur bien régulière de 5 mm environ. Disposez deux disques sur deux plaques de cuisson garnie de papier sulfurisé.

Mettez en poche la frangipane au chocolat et pochez-la en escargot sur chaque disque en laissant les bords libre sur environ 3 cm (11). N’oubliez pas la fève !

fin-galette

Fouettez un œuf entier et passez au pinceau le bord réservé du disque de pâte, sans faire couler la dorure sur la plaque de cuisson. Posez ensuite le deuxième disque de pâte sur chaque galette délicatement en pressant les bords délicatement de manière à les souder.

Retournez la galette en faisant un geste rapide mais délicat de façon à ce que  l’autre côté repose cette fois sur la plaque de cuisson. Chiquetez les bords à l’aide d’un couteau (12) ou découpez votre galette en forme d’étoile avant de chiqueter (13).

Dorez vos galettes une première fois avec la dorure en faisant toujours attention à ne pas la laisser couler sur la plaque. Glissez les galettes ainsi dorées au réfrigérateur pour 30 minutes puis dorez-les une nouvelle fois avant d’enfourner dans un  four préchauffé (180°C) durant 25 à 30 minutes

Surveillez la cuisson. Les galettes doivent être joliment dorées.

galette-des-rois-janvier-2015-2

Voilà…

J’ai tardé et du coup,  cette recette vous inspirera l’année prochaine sans doute..

Pardon pour la piètre qualité des photographies illustrant les différentes étapes de réalisation… Mais elles sont là, c’est mieux que pas d’illustrations du tout…

A très bientôt ! :-)

© Nathalie Marinier-Julien. Textes et images régis par la licence Creative Commons

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Humeurs

7 janvier 2015…

14 jan 2015

Le 11 janvier, je participais à la marche. Au côté des miens, de mes proches, de beaucoup d’autres, de tous les présents.

Le 11 janvier, je regardais, au cœur de la Place de l’Europe de Montpellier, une foule silencieuse patienter presque en silence.

Le 11 janvier, quatre millions de français partageaient dans les rues, quelques soient leur couleur, leurs opinions, leur foi, la même démarche : Dénoncer l’horreur. Défendre la liberté.

place-de-l'europe-janvier-2015

Difficile de trouver des mots pour ce billet d’humeur.

Très difficile, car les émotions se bousculent. Et pourtant.

Impossible pour moi de poursuivre les billets de ces Carnets sans y laisser trace, quelque part, de ce qui m’a envahit le le 7 janvier 2015. Impossible de faire comme si ce modeste journal culinaire n’était que cela,  sans reflet de ce que l’actualité a soufflé comme émotions en France et bien loin, ailleurs….

Ce matin là, très tôt, j’avais commencé à réfléchir à une carte de vœux, de souhaits pour ces pages, comme je le fais chaque année depuis 8 ans. Chacune de ces cartes porte habituellement un peu de ma personnalité, de ma sensibilité, un peu de mon histoire, de mon passé, de ce qui m’a fait grandir et progresser.

L’idée m’était venue de changer  de style et de réaliser une sorte de tableau gourmand, composé de légumes, de farine, d’épices, d’ingrédients divers. Et quelques mots simples…

Avec Marjorie,  nous avons donc composé le « tableau » une partie de la matinée, réfléchi aux couleurs, à l’intonation générale, à l’esprit de la carte.

Et une fois le tableau composé et les photos faites, a 13h40, je publiais sur la page Facebook des Carnets, sans savoir ce qui se passait à Paris, ma carte de vœux………………

Au même moment,  mon mari me téléphonait, la gorge nouée pour m’apprendre l’attentat, l’horreur….

La suite, c’est que nous avons tous vécu………. Les actualités en boucle, la sidération, la colère, l’envie de vomir, la peine………

Que dire………..Que dire de plus…

Le 7 janvier 2015, le net s’est gorgé en quelques heures de milliers d’articles douloureux, les réseaux sociaux ont fusionné en un seul et même slogan, les dessins et les caricatures d’inconnus bouleversés ont envahi la toile. Et la sidération est restée, malgré ce…

main-pancarte-2015

Autant d’âmes que de couleurs différentes ont été assassinées ce jour là.

Autant de prénoms et de noms que de personnalités et de richesses particulières.

Autant de confessions et de croyances différentes que de simples sourires.

Autant de valeurs, de pensées, d’idées, d’espoirs, de souffles, de voix.

Autant d’engagés que de défenseurs, autant de simples penseurs que de poètes.

Autant d’hommes qui partageaient, chacun à leur manière, un peu de ce que leur histoire les avaient amené à offrir ou à vivre tout simplement. Connus comme inconnus.

Le 7 janvier, alors que l’actualité d’ailleurs amène depuis longtemps déjà, son flot de guerre et de souffrances, l’horreur a pris place devant notre porte… Au cœur d’un pays de droits et de liberté….

…et le 11 janvier, grands-parents, couples, enfants, jeunes et moins jeunes, Charlie et non Charlie, gauche et droite, chrétiens, juifs et musulmans  ont marché cote à cote vers la défense de valeurs communes : la liberté, la fraternité, le respect de l’autre, la vie.

…..

Le 7 janvier dernier, je publiais sur la page Facebook des Carnets une carte de vœux désolante d’indécence, sans le savoir. Elle ne verra donc pas le jour sur ces pages.

A sa place, ce billet.  Des émotions. Une immense difficulté à passer à autre chose, à faire comme si…

….

Je terminerai par ces quelques mots :

« Quand la presse est libre, cela peut être bon ou mauvais ; mais assurément sans la liberté, la presse ne peut être que mauvaise. Pour la presse – comme pour l’Homme- la liberté n’offre qu’une chance d’être meilleur, la servitude n’est que la certitude de devenir pire ». Albert Camus

…..

 

© Nathalie Marinier-Julien. Textes et images régis par la licence Creative Commons

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Biscuits décorés, pour Sandrine et Luna…

16 nov 2014

Je suis en retard, un peu comme le lapin d’Alice au pays des merveilles.. je cours après le temps…

Je cours après le temps… pour trouver le moment de répondre à vos mails, pour planifier les ateliers de l’an prochain, pour organiser les projets qui me tiennent à cœur…

Je cours après les mois qui défilent et me confrontent à des dates qui me semblaient au départ lointaines et qui s’imposent tout à coup à moi,  comme « l’école du mouvement » que j’intègre demain et pour trois semaines, pour tenter de ré-apprivoiser enfin mon dos…

Je cours après les jours qui se suivent et ne se ressemblent pas,  les épaules et l’esprit chargés de tout ce qu’il s’agit de gérer au mieux, contrôler les devoirs de ma plus jeune fille et aider les plus grandes dans les démarches auxquelles les études les confrontent, bichonner le jardin avant l’hiver et réchauffer la maison avec de petits plats parfumés, réconfortants pour l’âme et le cœur…

Je cours après les heures ou la mémoire de ma mère s’égare, cherchant à rattraper au vol les racines des souvenirs les plus rassurants, tentant de trouver les mots qui apaisent et rassurent, de faire face à tout ce que sa maladie bouscule en moi comme émotions, comme repères, comme croyances…

Je cours, et je prends de moins en moins le temps d’enrichir cet espace de billets gourmands et colorés…

Mais je tiens toujours mes promesses…

Et j’ai promis à Sandrine la recette des biscuits décorés qu’elle espérait partager avec sa fille Luna.

De jolis biscuits plein de couleurs, laissant libre court à l’imagination de chacun.  Pour un ballet de découpes et d’emporte-pièces  à l’approche de Décembre et de son lot de rendez-vous festifs…

Alors voilà Sandrine, comme promis, la recette (pour 30 à 50 biscuits suivant la taille des emporte-pièces utilisés)

- 400 gr de farine T55

- 90 gr de sucre glace

- 100 gr de beurre à température ambiante

- 100 gr de miel toute fleurs

- 1/2 sachet de levure chimique

- 1 pincée de sel

- 1 demi cuil à café d’épices à pains d’épices (facultatif)

- 1 œuf (+ 1 œuf fouetté réservé)

Commencer par mélanger au robot à petite vitesse ou à la main, les ingrédients secs : farine, sucre, levure et sel.

Ajoutez le beurre coupé en morceaux dans le bol du robot, toujours à petite vitesse, ou du bout des doigts, comme pour une pâte brisée. Vous devez obtenir une sorte de chapelure grossière.

Ajoutez ensuite le miel et l’œuf. Mélangez soigneusement.

Si la pâte vous semble un peu sèche, ajouter un peu de l’œuf fouetté réservé, cuillère après cuillère, jusqu’à ce que la consistance de la pâte soit homogène et non collante, mais ne pétrissez pas trop longtemps.

Farinez légèrement le plan de travail et un rouleau à pâtisserie et abaissez la pâte régulièrement sur une épaisseur de 4 à 5 mm.

emporte-pieces-biscuits-decores

Découpez ensuite des motifs à l’aide des emporte-pièces de votre choix, jusqu’à épuisement de la pâte. Disposez les motifs découpés sur une plaque à pâtisserie garnie de papier cuisson en faisant attention de ne pas les déformer en les manipulant. S’ils se déforment, réfrigérer la pâte une vingtaine de minutes avant de la découper.

Préchauffez le four th 6 (180°C) et faire cuire les biscuits entre 15 et 20 minutes suivant le four. Ils doivent être légèrement colorés.

biscuits-decoupes-plaques

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Une fois cuits, laissez les biscuits refroidir totalement sur une grille. Si la décoration doit se faire le lendemain ou plusieurs heures après la cuisson des biscuits, protégez ceux-ci de l’humidité en les disposant dans une boite bien hermétique.

Pour le glaçage :

- 500 gr de sucre glace

- 2 blancs d’oeufs

- du colorant en poudre ou en gel

- un peu d’eau froide

Dans le bol d’un robot muni d’un fouet, mélangez le sucre glace et les blancs d’œuf. Mélangez quelques minutes de manière à ce que se structure une pâte blanche et épaisse. Divisez cette pâte en deux. Une partie (le tiers) va vous servir à préparer les contours de vos biscuits, la seconde  (les deux autres tiers) à en remplir l’intérieur. La première doit donc être plus dense que la seconde. De l’eau ajoutée à chaque préparation va vous permettre d’affiner la consistance : quelques gouttes pour la partie servant au contour ; davantage pour la partie servant au garnissage.

En lien, voici une vidéo parfaite ( plus précisément à 2 minutes 20) pour la consistance de la pâte la plus dense, et la manière de procéder aux contours des biscuits. A 4 minutes  31, la consistance de la partie la plus fluide est également bien montrée. On voit qu’elle est un plus liquide que la précédente. Les deux tiers réservés seront donc assouplis avec de l’eau, ajoutée en très petite quantité, peu à peu, et en mélangeant à chaque fois.

Pensez à colorer vos glaçages mais ne vous lancez pas dans une quantité trop importante de couleurs. Ces préparations sèchent en effet lorsqu’elles attendent, il faut donc protéger la pâte dont on ne se sert pas en la filmant.
Le mieux est de prévoir deux couleurs de contour (et donc de diviser la pâte la plus épaisse en deux en ajoutant à chacune d’elle un peu de colorant en poudre jusqu’à ce que la nuance choisie soit obtenue et un peu d’eau si nécessaire) et trois couleurs de garnissage intérieur avec la pâte la plus liquide.
Le glaçage servant au contour peut se placer dans une poche munie d’une micro douille ( 1,5 mm), dans un cornet en papier (comme sur la vidéo) ou dans un stylo de décoration.
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Laissez séchez le contour quelques instants avant de garnir l’intérieur et pour la suite, laisser libre court à votre imagination… La vidéo ci-dessus vous donnera quelques idées, et le net regorge de magnifiques idées de déco, tout particulièrement pour Noël.
Vos biscuits une fois décorés et le glaçage une fois sec peuvent repasser au four quelques minutes à 80°C, de façon à les rendre plus croquants.
Conservez les dans des boites hermétiques, bien protégés de l’humidité.
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Voilà. Sandrine et Luna ! Au travail ! ;-)

© Nathalie Marinier-Julien. Textes et images régis par la licence Creative Commons

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Du côté du sucré...

Cookies au chocolat et aux noisettes caramélisées (ou comment briser la glace entre voisins…)

11 oct 2014

Vous est-il déjà arrivé de fermer la porte de votre chez vous, en même temps qu’un nouveau voisin, -que celui-ci se soit installé sur le même palier que le vôtre ou qu’il habite la maison d’à côté ou d’en face-  et d’avoir le sentiment d’être alors aussi transparent que le crépi blafard des parties communes ou aussi végétal qu’une haie de thuyas… Pas un regard, pas un sourire  et votre « bonjour » murmuré ou adressé d’un mouvement de tête ne reçoit absolument aucun écho.  Vous êtes là… sans y être…

Pendant que certains de vos neurones essaient de décrypter le sens exact de la situation et que votre regard, légèrement hébété, continue de chercher l’approbation courtoise de la personne qui s’affaire face à vous, cette dernière furète avec une concentration extrême dans son sac, inspecte la portière ou le coffre de sa voiture, admire les gravillons goudronnés habillant son parking ou scrute le ciel à la recherche, sans doute, du signe annonciateur de pluie ou de beau temps…

Si vous êtes comme moi, au bout de quelques instants -qui semblent parfois une éternité- vous effacez de vos lèvres un sourire devenu presque embarrassant et vous ravalez votre bienveillance avec l’étrange sentiment de n’avoir pas tout compris… Vous ferez mieux la prochaine fois, sans doute ne vous a t-on pas vu, ni entendu…

Sauf que les jours suivants, la situation se répète à l’envi et vous en déduisez donc que vous allez devoir composer quotidiennement ou presque avec l’indifférence absolue de votre voisin. Pourquoi ? Je me suis posée longuement la question…

Qu’est ce qui amène, au sein d’un même quartier, d’une même rue, d’une même résidence, un voisin ou une famille nouvellement installée à ne dire bonjour à personne, ou plus étonnamment encore, à certains et pas à d’autres…

Qu’est ce qui peut justifier, sans connaitre l’autre, sans ne rien savoir de sa vie, de ses émotions, de son histoire, de ses valeurs, de lui opposer une absolue indifférence, voire un certain mépris. Et bien je n’ai pas trouvé la réponse…

Lors de ces situations étranges, je me suis tristement résolue à cesser de chercher le regard de l’autre, à cesser de sourire et de dire bonjour, à respecter cette sorte de distance affichée comme une volonté de ne créer aucun lien. Aussi futile et banal soit il.

Par opposition, j’ai donc eu envie de me souvenir de ces voisins qui ont marqué ma mémoire et ma vie. Envie de leur rendre hommage dans ce billet, pour les couleurs qu’ils m’ont apportée…

Olivier, tout d’abord, qui, à l’aube de ses 5 ou 6 ans, a offert ses charmants sourires à la petite sauvageonne du même âge que j’étais, suspendue le plus clair de mon temps au portail d’en face. Je me souviens avoir joué des heures en sa compagnie, au point d’user ma chaussure côté droit pour imiter sa démarche. Je m’étais fait durement réprimander par mes parents à l’époque, catastrophés de me voir reproduire savamment l’attitude de ce petit garçon handicapé moteur, qui ne marchait et ne parlait pas comme tout le monde. Mais moi je m’en fichais. Je voulais être comme lui et qu’il n’y ait pas de différence… Olivier, qui a illuminé de ses cheveux blonds et de son regard translucide les heures tendres de mon enfance…

A la même époque, l’une de nos voisine, maman de trois grands garçons, avait avoué à ma mère m’écouter chanter durant des heures dans le jardin, en se cachant, pour que je ne m’arrête pas… Je me souviens de la couleur rousse de sa longue chevelure que je voyais onduler dans la lumière, juste derrière le muret qui séparait nos deux maisons…

Quelques années plus tard, c’est Sébastien qui a marqué mes souvenirs. Autre petit voisin, plus jeune que moi, avec lequel j’enfouissais des trésors que nous faisions ensuite semblant de chercher… Autour de nous, au cœur de ces terres agricoles, l’époque des foins se partageait. Chapeau de paille sur la tête, fourche à la main,  j’aidais comme je le pouvais ces voisins et amis qui sentaient bon la spontanéité et la douceur de vivre. La fille de l’un me donnait des cours de maths, la maman de l’autre nous abreuvait de bigarots délicieusement sucrés à la saison, mon père offrait ses confitures et nous recevions le plus âgé de ces voisins pour noël, parce qu’il vivait seul. Gigantesque bonhomme à la silhouette décharnée qui vivait chichement et qui me saluait les matins d’école avec l’ immense envergure de ses bras frêles… Jules, vous restez gravé dans ma mémoire…

Jeune fille, je me souviens de l’accueil bienveillant de nos voisins, lors de notre arrivée, mes parents et moi, près de Montpellier, déracinée que j’étais de ma terre, mais si heureuse de m’être rapprochée de « la grande ville ». Tous et toutes ont contribué à nous faire nous sentir bien dans cette maison pavillonnaire, nous qui venions des champs sauvages et des vergers, des vignes et des troupeaux… Certains sont encore là et veillent au bien être de ma mère qui vit seule aujourd’hui  et sait qu’elle peut compter sur eux… Colette, si vous passez par là, merci encore pour tout, je vous embrasse…

Plus tard, je me souviens encore des sages femmes courant en poussant le charriot sur lequel moi et les deux bébés que je portais étions en danger. A l’entrée du bloc, la main fraiche d’un ange tout de vert vêtu avait caressé mon visage en me disant  « Mais c’est ma petite voisine… » Incapable sur l’instant de reconnaitre Isabelle, la jolie infirmière qui habitait deux étages en dessous de mon appartement, cette phrase et la douceur de cette main bienveillante dans l’un des plus angoissants moment de ma vie résonne encore dans mes souvenirs…

Et des voisins, il y en a eu bien d’autres. Lorsque un projet de construction de maison a pris forme, c’est l’un d’entre eux qui est venu m’aider à finir la pose des pavés autobloquants que je m’épuisais à disposer sur leur lit de sable. Nous avions failli terminer à la tombée de la nuit et à la lampe de poche…

L’un d’entre eux encore à qui j’avais donné un pied de passiflore qui n’avait pas eu l’approbation chez moi. José l’avait planté derrière son jardin mais face à la fenêtre de ma cuisine pour que je puisse en profiter malgré tout…

Et puis aujourd’hui, il y a ceux avec lesquels j’ai plaisir à échanger, ceux qui partagent sans doute cette idée qu’il est plus agréable de pouvoir échanger un sourire et ne serait ce que quelques mots, qu’une indifférence glacée…

Pour les autres, ma foi, peut être aurais-je du procéder différemment plutôt que de finir par me caler sur leur registre. Peut-être aurais je du sonner à leur porte avec un généreux panier de délicieux cookies, un peu à la manière des « desperate housewises » et briser ainsi la glace… Peut-être…

Alors voilà, après ce long monologue, j’en viens au fait ! Les cookies !

Hier, triste et désolée d’avoir du annuler un cours de macarons prévu de longue date en raison des intempéries, j’ai plongé à corps perdu dans le sucre, les noisettes et le chocolat !

noisettes-double-image

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Objectif cookies gourmands, pour essayer de chasser les nuages du ciel et de mon esprit…

Recette de base, parmi tant d’autres, pour 25 cookies (suivant la taille désirée) :

- 370 gr de farine

- 1 sachet de levure chimique

- 200 gr de beurre

- 300 gr de sucre

- 2 œufs

- 1 pincée de sel

- 200 gr de chocolat (plaque pâtissière grossièrement concassée ou pépites de chocolat)

- 100 gr de noisettes torréfiées (passées au four préchauffé à 180°C durant 8 minutes puis frottées entre les mains et débarrassées au maximum de leur peau).

Pour les noisettes caramélisées, faire fondre 150 gr de sucre dans une poêle et lorsqu’il a fondu et pris une couleur ambrée,  y ajouter les noisettes. Mélangez rapidement à l’aide d’une cuillère en bois pour bien enrober les noisettes de caramel et débarrassez sur une feuille de papier cuisson. Laissez refroidir quelques instants et essayez de séparer les noisettes caramélisées le plus possible à l’aide de la spatule pour pouvoir les concasser grossièrement à l’aide d’un pilon dès que le tout a bien refroidi. Réservez alors l’ensemble.

Fouettez ensemble les œufs et le sucre jusqu’à ce que le mélange blanchisse.

Dans un bol à part, mélangez la farine, la levure et le sel.

Ajoutez le mélange œuf et sucre et mélangez à la spatule puis à la main, sans trop travailler.

Ajoutez ensuite les noisettes caramélisées et concassées et le chocolat pâtissier concassé ( ou les pépites de chocolat).

Mélangez à nouveau rapidement.

A l’aide d’une cuillère à glace, formez des boules de pâte et disposez les, bien espacées les unes des autres, sur une plaque garnie d’une feuille de papier cuisson.

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Glissez la plaque au réfrigérateur durant une trentaine de minutes.

Aplatissez ensuite légèrement chaque boule de pâte, sans trop.

Glissez à four préchauffé à 180°C pour une quinzaine de minutes de cuisson. Les cookies doivent être bien dorés.

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Laissez les ensuite refroidir sur une grille. Ces biscuits craignant l’humidité, si vous devez les conservez, rangez les soigneusement dans une boite bien hermétique. Sinon, repassez les au four bien chaud quelques minutes, avant de les laisser refroidir à nouveau.

Verdict : le caramel fond avant de durcir à nouveau et forme de jolies taches dorées et gourmandes sur le dessus des biscuits. Je préfère également l’utilisation du sucre semoule à la cassonade pour la réalisation des cookies. Vous êtes bien sur libre de changer selon vos propres préférences !

Attention à la cuisson et à la texture recherchée :

- pas assez cuits, les cookies resteront moelleux mais manqueront de croquant.

- trop cuits, ils n’auront plus de moelleux ! Il faut un juste équilibre !

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Voilà. Une petite recette de cookies pour tenter de briser la glace lorsque de nouveaux arrivants viennent s’installer tout près de chez vous…

Préparés avec bienveillance et disposés dans une jolie corbeille, ils dérideront les plus récalcitrants… Et si ce n’est pas le cas et bien… voisin ou pas, venez à la maison, nous les dégusterons ensemble autour d’un bon thé à la cannelle… :-)

Rien ne vaut le partage…

Puisse t-il rester toujours mon crédo…

© Nathalie Marinier-Julien. Textes et images régis par la licence Creative Commons

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Légumes et plats

Poulet en ragout, bouillon à la coriandre, à l’éco-mijoteur…

27 sept 2014

Je l’ai découvert par hasard, en surfant sans doute sur mes sites de prédilection, Internet « pistant » de plus en plus mes habitudes de consultation et d’intérêts et me proposant, presque à overdose parfois, tout ce qui est susceptible de m’intéresser.

Il est soudain apparu à droite de ma boite mail, en couleur, comme un gros pouf moelleux, plutôt discret au milieu de la collection de produits, matériels et ouvrages culinaires dont on me suggérait les liens et il a titillé  ainsi ma pupille et ma curiosité…

Wonderbag… Qu’est ce donc que cette chose là…

Comme chaque fois qu’un sujet m’intéresse, je passe tout d’abord des heures à lire, regarder, écouter en visionnant moult vidéos sur le sujet, souvent en anglais ou en langues inconnues pour moi et je fais alors confiance à mon ressenti.

C’est après ces recherches et un vrai coup de cœur que ce « Wonderbag » est arrivé chez moi, il y a quelques semaines, très attendu par toute la famille,  curieuse de savoir ce que j’allais bien pouvoir faire de cette étrange « coussin »…

 

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Le principe de cet éco-mijoteur est parfaitement décrit ici et je vous laisse le soin de découvrir sa présentation mais également le projet humanitaire et écologique qui l’entoure.

Je suis de plus en plus sensible à tout ce qui peut participer à épargner la planète de ce que nos modes de vie en accéléré lui infligent. Même si ce ne sont que de tous petits gestes : ne pas laisser couler l’eau pour rien -et je transmets cette notion à mes filles depuis qu’elles sont toutes petites-,  recycler tout ce qui peut l’être (papiers, cartons, plastiques etc…), être équipée d’un composteur qui permet aux déchets alimentaires de servir à mon jardin et à ne plus grossir inutilement une poubelle déjà encombrée, utiliser et recycler les restes en cuisine (fanes et épluchures, congélation, déshydratation…), respecter les produits de saison et choisir aussi les fruits et légumes à défaut d’aspect qui restent souvent au fond des paniers de vente… C’est une participation bien modeste, mais elle est là. Et j’y suis attachée.

Le Wonderbag témoigne d’un esprit écologique, économique et participatif qui m’a séduit, et je partage aujourd’hui avec vous, si vous ne le connaissez pas, son principe d’utilisation et de fonctionnement.

Reprenant les principes de la marmite norvégienne,  cet éco-mijoteur permet de conserver la chaleur emmagasinée dans votre marmite ou votre faitout lors de la première partie de cuisson pour la terminer sans nouvel apport d’énergie. Votre préparation finit de cuire tranquillement, sans surveillance, sans risque de brûler, en vous laissant du temps pour vous consacrer à autre chose.

Voici en image le déroulement de cuisson d’une préparation classique type ragout, au « Wonderbag » (j’ai cependant corsé l’affaire par rapport à mes premiers tests, puisque j’ai utilisé, pour cette recette, un poulet fermier entier, sans le désosser).

Ingrédients  (pour 6 personnes)

1 poulet fermier entier

6 grosses pommes de terre

3 carottes

1 courgette

6 gros champignons de Paris

Quelques feuilles de blette

1 gros oignons

3 gousses d’ail

3 jolies branches de thym

Quelques feuilles de laurier

1 beau bouquet de coriandre fraiche

3 cuil à soupe de farine

Sel et poivre

Huile d’olive

1 litres à 1litre et demi d’eau.

Faites bouillir  l’eau et coupez le feu ou faites la chauffer à la bouilloire électrique. Couvrez.

Commencez par faire colorer votre poulet (peau retirée au préalable) sur toutes les faces, dans une marmite métallique, et dans un fond d’huile d’olive. Ajoutez thym frais et laurier.

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Comptez environ 5 à 8 minutes de cuisson pour cette première étape. Ajoutez la farine et bien en imprégner le poulet. Ajoutez de l’ail en chemise et l’oignon coupées grossièrement en lamelles épaisses. Mélangez. Ajoutez les carottes épluchées coupées en rondelles, les pommes de terre et mélangez à nouveau. Salez et poivrez généreusement.

Ajoutez la courgette bien lavée mais non épluchée coupée en gros dés, les champignons coupés en deux et les  feuilles de blettes (pour ma part, il m’en restait, d’où cette utilisation, principe de recyclage oblige, mais vous auriez pu les remplacer par tout autre légume…) Ajoutez la coriandre ciselée et bien mélangez à nouveau. Vous en êtes à environ 15 minutes de cuisson.

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Ajoutez l’eau bouillante et mélanger. En attendant que l’ébullition reprenne dans votre marmite, à feu modéré  préparez votre Wonderbag en retirant le « couvercle » en tissu et en protégeant l’intérieur d’éventuels débordements avec une serviette ou un torchon épais.

Lorsque l’ébullition est présente, coupez le feu et installez votre cocotte bouillante (ne vous brûlez pas !) et fermée d’un couvercle étanche au centre du Wonderbag. Placez le couvercle en tissu sur le dessus de la marmite et fermez très soigneusement le Wonderbag avec la tirette intégrée. A ce stade, vous devriez avoir compté environ 25 minutes de pré-cuisson en tout.

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Et c’est là que j’adore véritablement le principe de cet éco-mijoteur : oubliez le…

Moi qui court après le temps toute la semaine, qui n’en peux souvent plus d’enchainer les timings professionnels aux timings familiaux, l’idée même de vaquer à mes occupations quelles qu’elle soit sans avoir à me soucier du repas du soir qui mijote, c’est génial…

En réalité, si j’avais voulu cuisiner mon ragout sur le feu, j’aurais du compter une bonne heure de cuisson en plus, à feu doux pour ne pas déliter mes légumes, en remuant régulièrement pour que ça n’attache pas, en surveillant le tout, en contrôlant la cuisson à cœur de mon poulet. J’aurais donc été plus ou moins « bloquée » pendant une heure et demie et j’aurais du songer à faire réchauffer mon plat le soir, à feu doux, 15 à 20 minutes de plus pour que le poulet soit bien chaud. Pas sur que les pommes de terre aient adorées, que les courgettes soient encore « en forme » et que les feuilles de blettes ne soient pas devenues marron version algues de fond sous marin…

Là, ça se passe en douceur. La chaleur accumulée au départ poursuit la cuisson, tout doucement, sans besoin de surveillance et sans utilisation d’énergie… économie… écologie… mais résistez ABSOLUMENT au désir de regarder comment les choses se passent là dedans…

Bon… J’ai donc cuisiné 25 minutes au lieu d’une heure trente + 20 minutes de réchauffage à prévoir ce soir, en principe économisées, j’ai donc pu dégager du temps pour aller faire mes courses, bouquiner ou ranger la maison (dans mon cas, les trois à la suite !) mais qu’en est il de ma cuisson, de la tendreté de mon poulet qui était peut être coloré à l’extérieur mais totalement cru à l’intérieur, de mes pommes de terres que j’aime fondantes, et de mon bouillon que je déteste s’il est trop liquide… Et surtout, qu’en est il à 19 heures alors que j’ai installé ma cocotte dans le Wonderbag vers 11h30 ce matin…

Ok… allons jeter un oeil…

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Ce qui me surprend à chaque fois, c’est que lorsque j’ouvre mon Wonderbag, le couvercle de la marmite est brûlant, comme son contenu… Je m’attends à une déperdition de chaleur importante, et non… C’est chaud, c’est absolument prêt à être servi, 7 heures après… La viande a l’air parfaite, le bouillon est délicieusement parfumé, les pommes de terre sont tendres sans se décomposer, champignons et courgettes ont toujours une apparence de champignons et de courgettes, et mes filles, la tête penchée au dessus de ce qu’elles appellent le « four citrouille » se sont disputé la dégustation des légumes…

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Et le poulet alors… Est il cuit à cœur avec seulement 25 minutes de pré-cuisson dont seulement 5 minutes entouré de bouillon brûlant  avant repos au creux du Wonderbag ?…

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Réponse en image… La viande est tendre et juteuse. Rien à voir avec le résultat que peuvent donner des cuissons trop poussées.

Sept heures après, pas besoin de réchauffer. Je mélange un peu le bouillon qui a épaissit grâce la farine ajoutée au départ, je sers de généreuses assiettes, bienvenues, car le temps a fraichi, ça sent bon, les saveurs et les parfums sont là et pourtant je ne me suis pas souciée un instant de préparer le repas familial du soir durant toute mon après-midi…

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Un peu de pain de campagne, un bon vin rouge de l’Hérault et un vrai moment de plaisir gustatif à partager… avec le sentiment d’avoir en plus, un tout petit peu œuvré à cuisiner de manière plus raisonnée…

Prochaines recettes à venir ! :-)

Bon week-end !

© Nathalie Marinier-Julien. Textes et images régis par la licence Creative Commons

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