Les Carnets de Nat

Humeurs

Deuxième page…

08 mai 2016

Quelques semaines, quelques mois de pause… C’était évident… Nécessaire.

C’est même encore compliqué de venir écrire sur cette deuxième page… Je pense que je n’aurais sans doute pas pu trouver les mots sur la première…

Quand cesse-t-on véritablement d’être un enfant ? Lorsqu’on atteint la quinzaine ? La vingtaine ? Lorsqu’on devient soi-même parent ? Lorsque l’on est assez mature pour le supposer ?  Ou lorsque l’on perds ses parents… ?

C’est peut-être cela qui m’a tant secouée ces derniers mois. Ne plus retrouver en moi l’enfant que j’ai été.

Peut-être était il temps. Ou pas.

Je reprends doucement le cours de mon souffle, au gré du vent des émotions qui me bouscule encore.

Après le départ de ma mère et les longs mois de maladie qui ont précédé ce départ, je me suis sentie égarée dans les méandres de l’atmosphère qu’elle avait ancrée dans ma vie jusque là. La maladie d’Alzheimer d’un proche est en effet très difficile à aborder pour soi, tant qu’on la contourne et que l’on cherche à la heurter de plein fouet, comme pour lui interdire de s’installer davantage. A partir du moment où l’on cesse de penser pouvoir la nier, la retarder, la dissoudre, lui faire peur, lui hurler sa colère, à partir du moment où l’on accepte de caler le rythme de ses pas sur le sien, ou l’on accueille le plus paisiblement possible ses méchantes blagues, ses violentes amnésies, sa réécriture de l’histoire, les choses pèsent alors un peu moins lourd. Mais que d’implication, de présence, de paroles rassurantes, de gestes, de patience faut-il parvenir à extraire de soi………..

Alors après le départ, les autres disent, à juste titre sans doute, « vous serez soulagée »… Je commence peut-être seulement à l’être, au fil des jours où je parviens à entrer dans la maison de ma mère et à en sortir, sans pleurer…

maison de ma mere

Sur cette « deuxième page » de ma vie j’ai décidé d’écrire autre chose. Cet autre chose va reposer sur de nouveaux choix, un autre rythme, une autre manière d’avancer.

J’espère pouvoir continuer à partager ici ma passion pour la photographie, mais telle que je la rencontre aujourd’hui.

J’espère vous parler à nouveau cuisine, mais de plus en plus Vegan, parce que si je rechignais à manger de la viande depuis de nombreuses années déjà, plus le temps passe et plus j’ai de mal à me dissocier de l’animal vivant lorsque je regarde une escalope ou une tranche de rôti dans mon assiette….

J’espère également vous parler de ma maison de village, celle que je cherche depuis des mois et que j’ai peut-être enfin trouvée, celle qui aura son blog, son histoire. Celle dans laquelle j’ai décidé que rien de neuf ne rentrerait (hormis l’indispensable, si indispensable il y a…)

J’espère, au fil des prochains mois, parvenir à structurer ces projets autour d’une cohérence, et surtout, à un rythme délicat, pour me respecter davantage que je n’ai pu le faire depuis ces huit dernières années… Mes pitbulls ne sont en effet jamais très loin et je n’ai pas l’intention de les laisser mordre cette fois…

Mais… Et les ateliers ?…

Comment vous dire… cette aventure à laquelle vous avez été si nombreux à participer va, en quelque sorte, s’arrêter.

On ne se lance pas par passion dans une telle démarche sans sensibilité, sans don de soi et de son temps, sans difficulté parfois, sans épuisement souvent… Certains mots, certaines phrases, certaines situations, ajoutées aux rafales émotionnelles que la maladie de ma mère amenaient dans ma vie personnelle, ont eu raison de l’énergie que j’y avais consacré… J’ai donc choisi de considérer ces mots là comme un signe qu’il était temps de passer à autre chose…

Je resterai donc présente encore très occasionnellement pour des ateliers réservés, en fonction de mes possibilités et de mon ressenti.

En revanche, je pense pouvoir vous proposer davantage de recettes sur cet espace, davantage de thèmes, de lectures, de photos et  j’espère bien continuer de rester en lien avec vous qui m’écrivez.  Merci d’ailleurs à vous qui m’avez soutenue et encouragée durant ces quatre derniers mois, que ce soit par l’intermédiaire des commentaires déposés sur ces pages ou par mails.

Merci infiniment….

Voilà… C’était une deuxième page en attendant les suivantes. Elle est encore un peu grise, mais peu à peu, les couleurs reviennent…

 

 

© Nathalie Marinier-Julien. Textes et images régis par la licence Creative Commons

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Humeurs

Au revoir maman…. Tu vois, dedans, c’est l’hiver…

13 déc 2015

Depuis combien de temps ne venais-tu plus lire mes billets sur ces pages ?… Plusieurs mois. Sans doute plusieurs années.

Je pense même que tu avais oublié depuis longtemps que tu savais si divinement cuisiner lorsqu’on était gamins. Tu veux que je te dise ? Tes pizzas à base de pâte brisée et tes taboulés resteront  les meilleurs du monde…

J’ai tant de mal depuis quelques jours avec ton absence… Pourtant, que ces derniers mois ont été difficiles….

Comme il est délicat de parler de toi sur ces pages. Comme il est délicat de rester pudique tout en ressentant le besoin de te rendre hommage là ou j’ai tant confié d’états d’âme entre deux recettes de saison…

C’est bizarre, n’est ce pas, ce mélange de cuisine et de billets d’humeur… Bizarre d’utiliser cet espace virtuel à ciel ouvert pour exprimer ce soir ce qui me serre le cœur et l’âme…Tu vois, dedans, c’est l’hiver…

fleurs pour maman

Il y a presque cinquante ans, tu me mettais au monde en décembre, sur une terre d’Afrique. Presque cinquante ans que, pas une fois, je n’ai soufflé mes bougies sans toi. Cette année sera la première de toutes les prochaines… Et il faudra bien que je m’y fasse…

C’est si compliqué d’être une fille. Sans doute autant que d’être une mère. Même si la maladie avait inversé les rôles depuis deux ans. C’est si compliqué de faire avec l’absence, même lorsque la présence devient trop intense. Justement… Elle prenait tant de place… Le vide est immense….

Au revoir maman.

Je pense à toi sur le chemin qui mène à la terre de paix que tu as sans doute rejoint. Embrasse papa pour moi. Et ne vous disputez pas trop… Prenez simplement le temps de vous retrouver…

Je vous aime.

 

© Nathalie Marinier-Julien. Textes et images régis par la licence Creative Commons

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Légumes et plats

Automne… et avec lui, potimarron, figues et grenades du jardin…

04 oct 2015

Dans le jardin de ma mère, il y a un grenadier qui ploie sous le poids de ses fruits.

L’arbuste est piquant, les grenades se cachent entre les branches, et moi qui ne me suis jamais véritablement intéressée à la saveur qu’offrent leurs graines rouges, j’en ai ramené quelques unes à la maison et j’ai été surprise d’en redécouvrir la saveur.

Peut-être parce que ma mère a tenu à ce que j’en emporte.

Peut-être parce que le fait qu’elle retrouve parfois une lucidité étonnante a suffit à me surprendre et à donner une importance particulière à cette cueillette.

J’ai emporté quelques grenades rouges dans mon panier et le soir, j’ai croqué les grains juteux de ces curieux fruits en me souvenant combien ils m’étaient indifférents il y a quelques années.

Elles sont jolies ces graines rouges et brillantes, presque translucides, rosées à l’intérieur, dévoilant un petit pépin blanc aussi comestible que son enveloppe. Et pourtant c’est lui qui m’agace un petit peu…

grenade-2

Et puis en cette saison, il y a les figues que j’adore bien mûres et très sucrées. Je pourrais en manger à m’en rendre malade…. et les potimarrons, butternut et autres courges absolument délicieuses en soupes.

Pourtant, parce que j’ai envie de retenir la douceur de notre fin de mois de septembre, j’ai puisé des idées dans mes dernières lectures de magazines pour m’inspirer et décliner le potimarron différemment.

panier-légumes-automne

Le potimarron c’est doux et sucré, avec une presque saveur de patate douce et un petit goût de noisette. Je vous propose donc une recette de salade de début d’automne, chaude et froide, salée et sucrée, presque ensoleillée…

Pour 4 personnes :

1/2 potimarron (choisissez le les yeux fermés. Même pas joli et terreux, donnez lui sa chance !)

12 tranches fines de lard fumé (ou du jambon cru. C’est ce que j’ai choisi. Esprit de contradiction sans nul doute…)

Quelques gousses d’ail, des petites branches de thym, quelques feuilles de sauge, du sel et du poivre..

Quelques cœurs de salade (Ma qué yé vous offré mon coeur dé salade…)

Les graines d’une grenade bien rouge ( Et vous ? vous en pensez quoi des petits pépins qui sont à l’intérieur ? (Ça vous agace aussi ?…)

Quelques figues fraiches (pas de figues sèches, hein. On ne rigole pas avec ça…)

Du fromage de chèvre frais à tartiner (mais on va en faire des petites quenelles pour la recette)

Un petit morceau de tome de chèvre (pour en faire des copeaux. On évite la sciure par contre).

Des graines germées. (C’est pas obligatoire mais c’est tout de même drôlement joli. un brin bucolique, champêtre…)

Commencez par couper le potimarron en deux, en retirer les pépins à la cuillère et découper en 12 quartiers.

Enveloppez une partie de chaque quartier de potimarron avec une tranche de lard fumé ou de jambon cru.

Disposez l’ensemble à l’intérieur d’un plat à four.

Écraser quelques gousses d’ail et glissez les dans le plat.

Disposez quelques branches de thym frais et quelques feuilles de sauge sur les quartiers de potimarron. Recouvrez d’un filet d’huile d’olive, salez, poivrer et glissez à four chaud à 180°C durant 30 min environ. Contrôlez la cuisson du potimarron qui doit être tendre. Attention également que le tout ne colore pas trop, quitte à descendre le plat dans le four à un gradin inférieur.

potimarron-roti

Pendant ce temps, choisir quelques jolis cœurs de salade soigneusement lavés et essorés.

Disposez les au cœur de vos assiettes de service.

Rincez soigneusement les figues fraiches et non traitées et découpez les en 4 quartiers.

Ajoutez les dans vos assiettes sur la salade.

Réaliser de fins copeaux de tome de chèvre.

Au moment de servir, disposez joliment trois quartiers de potimarron rôtis sur la salade de chaque assiette. Ajouter quelques quenelles de fromage frais (quenelles formées entre deux petites cuillères).

assiette-automne-potimarron

Disposez également les copeaux de tome de chèvre sur le dessus de votre assiette.

Parsemez l’ensemble d’une poignée de graines de grenade et de quelques graines germées.

Salez avec une touche de fleur de sel, quelques tour de poivre du moulin et assaisonnez d’une petite vinaigrette à l’huile d’olive et au miel.

Servir et dégustez aussitôt !

assiette-automne-potimarron-2

© Nathalie Marinier-Julien. Textes et images régis par la licence Creative Commons

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Du côté du sucré...

Frozen yogourt, avec des mûres fraichement cueillies…

04 août 2015

Il y a eu les rues de La Rochelle où je me suis laissée bercer, il y a quelques semaines, par l’atmosphère festive des Francofolies, les animations de rue, la foule et le marché nocturne…

Il y a eu les couleurs et la lumière du port, le reflet de la mer sur la coque des bateaux, la résonance des concerts et les enchevêtrements de musique, les boutiques de jolie vaisselle et de céramique…

Il y a eu les heures calmes et paisibles, la douceur de simples instants de contemplation comme j’aime les vivre au cours de mes escapades…

Et puis il y a eu les « frozen yogurts » !! (ou yogourt)

Entre deux glaciers aux produits traditionnels, il y avait un défilé de drôles de gobelets garnis d’une sorte de crème glacée recouverte de toppings gourmands et d’une cuillère en forme de goutte, couleur vert pomme. C’était joli, très très gourmand, original… et je n’y ai pas résisté…

J’ai adoré la saveur légèrement acide du produit laitier glacé, l’onctuosité de la crème, les fruits frais mélangés, la très légère présence de sucre, le sentiment de rester légère même après ce plaisir gourmand…

Ce yogourt glacé  s’est baladé dans ma tête un bon petit moment et j’ai essayé de retrouver sa saveur dans la dégustation de mes yogourts habituels, même si j’en consomme assez peu depuis quelques mois.

J’ai également plongé dans les ouvrages de référence sur ce type de dessert (ou de goûter !) recommandant les yogourts brassés et j’ai finalement choisi d’utiliser les produits  plus crémeux, à base de lait entier et de crème (oui, oui c’est plus calorique qu’un yogourt nature de base, mais moins qu’une glace traditionnelle pleine de crème, de lait, d’œufs et d’une grande quantité de sucre…) (sans compter le chocolat, les noix ou les biscuits en morceaux  qui s’ajoutent au reste…..)

frozen-yogourt-2

frozen-yogourt-3

L’autre difficulté réside dans l’onctuosité de la crème. Léger et aérien comme une glace à l’italienne, le « frozen yogourt » tire incontestablement son charme de cela : sa texture ! Hors, glissez un yogourt au congélateur pour quelques heures, même brassé, et il sera dur comme un bloc…

Alors pour arriver à le garder tendre et souple, il y a plusieurs options :

1 – la turbine à glace : la rolls des machines, chère, lourde et encombrante, MAIS qui dispose d’un groupe réfrigérant. La cuve glacée est équipée d’un bras qui brasse les produits et en plaquant contre sa paroi et leur confère, peu à peu, une souplesse et une onctuosité certaine…

2 – la sorbetière avec accumulateur de froid : bien moins chère, bien moins lourde et bien moins encombrante. Équipée d’un bloc réfrigérant qu’il faut penser à laisser au congélateur quelques heures avant d’être utilisé, elle fonctionne selon le même principe que la turbine à glace mais la chaleur influe sur la prise des produits, et comme on a tendance à faire des glaces plutôt l’été, le résultat n’est pas toujours évident….

3 – le fouet électrique et un bol : économique et très peu encombrant ! Par contre, il faut brasser régulièrement la préparation mise au congélateur de manière à lui garder de la souplesse. Cela nécessite du temps et de la patience…

J’ai pour ma part la chance d’avoir une turbine à glace depuis plusieurs années.

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Pour ces « frozen yogourts » Prévoyez 125 gr de yogourt par personne et vous pouvez apporter, suivant le type de yogourt, de la crème entière et plus ou moins de sucre.

Pour 6 verrines ou cups (comme sur la photographie ci-dessous) et pour 6 personnes :

6 yogourts brassés ou yogourts au lait entier et à la crème (type Fjord) ou yogourts grecs de 125 gr (on se fait plaisir, on peut rester gourmand !)

80 à 120 gr de sucre en poudre (quantité suivant la préférence en goût, mais pas trop quand même…)

200 à 300 ml de crème liquide à 30% de MG (ou rajoutez 1 yogourt de plus si vous sentez qu’avec la crème, la culpabilité est  trop intense et commencez à envisager de travailler sur le sentiment de culpabilité !)

1 poignée de mûres fraiches (c’est à dire ramassées, comme nous, dans les ronces et les épines, en équilibre parfois très précaire, au bord des champs…)

Des céréales à votre goût (type muesli ou cruesli ou mélange fait maison. Le tout c’est que ça croustille !)

Dans votre turbine à glace ou sorbetière, mettre le yogourt, le sucre et la crème et mettre l’appareil en marche jusqu’à ce que la consistance de l’ensemble soit crémeux et homogène (ou faites fondre la veille le sucre dans la crème chaude en la laissant au frigo toute une nuit une fois refroidie. Le sucre aura ainsi fondu)

Si vous préparez l’ensemble à la main, versez les produits dans un saladier et placez l’ensemble vingt minutes au congélateur. Sortez le tout et fouettez rapidement au robot à main, en replaçant à chaque fois saladier et fouet au congélateur. Recommencez cette opération toutes les 20 minutes jusqu’à  la consistance désirée.

Une fois le frozen yogourt prêt, placez le immédiatement dans une poche à douille munie d’une douille cannelée et disposez la glace dans vos verrines ou cups. Décorez de mûres fraiches et de céréales et dégustez aussitôt !

frozen-yogourt

Si vous remettez au congelateur, le frozen yogourt durcira et n’aura plus le même charme.

Je vous conseille donc de ne RIEN laisser !! ;-)

© Nathalie Marinier-Julien. Textes et images régis par la licence Creative Commons

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Apéritif, Entrées, Non classé

Tomates et avocats, comme un guacamole…

23 juil 2015

Dans la mémoire de ma mère, il y a les maisons où j’ai vécu, dans l’ordre de mes souvenirs et dans le désordre des siens…

Dans notre histoire commune, il y a les lieux, les espaces, les contextes, les moments qui ont marqué mes émotions, et sans doute les siens, même si elle les a oublié.

De ces instants, je garde des sensations visuelles, gustatives, des souvenirs de partage, de déjeuners, de dîners, de grandes tables dressées dans le jardin, de parfums, de saveurs.

L’été…

L’été et mes frères à la maison…Mes deux grands frères que j’attendais toute l’année avec une impatience fébrile…

L’été et le souffle de liberté qu’ils venaient diffuser dans ma vie d’enfant puis d’adolescente, avec leur vie d’adulte, leur jeunesse, leur indépendance, leurs passions et leurs émotions aussi.

Alors ces tablées ou nous nous retrouvions enfin, les parfums de cuisine, les couleurs des assiettes, les salades, les grillades, le jus des fruits sucrés du verger qui nous coulait sur les doigts, tout cela est resté gravé en moi comme un tatouage délicat.

Ma mère oublie… et moi je me souviens… A contre courant de son évolution, je régresse…

Et je revois mes frères en cuisine dans les maisons où j’ai vécu… leurs façon de faire, leurs idées, leurs délires, leur créativité…

Dans les assiettes de mes souvenirs, il y a de petits cœurs de salade garnis d’une crème d’avocat à la tomate… de petits rouleaux délicats que l’on dégustait très frais, délicieux, savoureux, crémeux… Je ne me souviens plus qui en était à l’origine, mais j’adorais…

Alors dans mon panier cette semaine,  j’ai glissé tout cela…

Clem-panier-de-légumes

De jolies sucrines, des avocats murs à point, des tomates et des oignons frais.

Les avocats doivent être parfaits. Pas toujours évident de les trouver suffisamment tendres sans mauvaise surprise à l’intérieur, que leur chair soit bien verte mais que la cuillère les creuse sans difficulté et qu’ils ne soient pas filandreux.

Au toucher, ils doivent être souples de façon très régulière, le pédoncule, s’il est présent, doit pouvoir se retirer facilement sans que la chair à cet endroit là ne soit noire.

En prenant le temps de les choisir, on est rarement déçu.

avocats-tranches

Pour cette préparation toute simple mais délicieuse et tout à fait de saison, et pour 6 personnes :

- 4 avocats (patiemment choisis)

- 1 échalote ou 1 petit oignon (doux)

- 3 tomates savoureuses (que l’on aura acheté là ou l’on sait qu’elles ont du goût)

- 1 cuil à soupe de jus de citron (jaune ou vert, comment vous sentez-vous inspiré ?…)

- 1 petite touche d’huile d’olive (pas de louche, laissez tomber, ce serait trop…)

- Sel et poivre du moulin (ou poivre et sel selon l’ordre qui vous sied le mieux)

- Et c’est tout (oui oui, c’est tout)

Détachez la chair des avocats à la cuillère et écrasez la dans un bol à l’aide d’une fourchette sans la réduire en purée. Ajoutez ensuite la chair des tomates préalablement pelées et coupée en petits dés. Attention, pas trop de jus ou vous risqueriez de détremper l’ensemble.

Ciselez finement l’oignon ou l’échalote et ajouter la à la préparation. Continuez d’écraser régulièrement à la fourchette. La consistance doit rester grumeleuse, non uniforme. L’idée, c’est de retrouver de petits bouts de tomate et la saveur légèrement piquante de l’oignon pour contraster avec le côté gras et sucré de l’avocat.

Citronnez, salez, poivrez et goutez ! Goutez ! Goutez ! (enfin, laissez en un peu quand même, sinon revoyez la recette pour 4 personnes)

Ça vous plait ? C’est prêt à être mis au frais. Ça ne vous plait pas ? ajoutez ce que vous aimez : herbes fraiches, ail, pointe de wasabi, épices…. Moi je l’aime juste comme cela….

preparation-tomates-avocats

Ensuite, vous pouvez déguster ce souvenir d’enfance (le mien, mais je vous le prête avec grand plaisir) avec du pain grillé aillé ou non, en apéritif ou en entrée, mais aussi, comme je l’adorais gamine : bien frais, roulé au cœur d’une petite feuille de salade tenue par un petite brochette en bois…

Tomates et avocats, un peu comme un guacamole finalement…

© Nathalie Marinier-Julien. Textes et images régis par la licence Creative Commons

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Légumes et plats

Tatin de tomates cerises, avec du miel et du thym du jardin !

19 juil 2015

J’écris bercée par le chant des cigales… Elles sont là depuis quelques semaines, chantant l’été, la chaleur, le souffle moite de l’air sur les feuilles des chênes, dès l’aube.

Il fait chaud et les vacances approchent… Même si j’ai gouté à leur saveur il y a quelques jours à La Rochelle, lors des Francofolies, emplie de la douceur et de la joie des rues festives et colorées… Une coupure bienfaisante, bienveillante, vers laquelle je reviendrai tant j’y perçois d’apaisement, d’harmonie et de liberté.

Dans quelques jours à nouveau, le repos et les heures douces ou rien n’est impératif, sauf si on se l’impose malgré tout…Je ne m’imposerais donc rien… hormis un travail photographique pour un projet sur lequel je planche depuis plusieurs mois…

Et la cuisine dans tout cela ?…

Après 7 années de cours de cuisine au cours desquels  j’espère avoir réussi à partager ma passion avec les participants m’ayant accordé leur confiance, les ateliers classiques fermeront leurs portes fin 2015 mais ouvriront en 2016 sur une nouvelle mouture de rencontres, d’échanges, de partage. Je reviendrai vous en parler ! :-)

Pour le moment, j’en reviens à l’objet de ce billet, sa couleur rouge, son goût sucré, sa rondeur…

Elle s’offre nonchalamment au jardin, suspendue par grappe à des branches poussant de façon désordonnée. Je tente par ailleurs de calmer leur esprit d’aventure en tuteurant les plus longues qui n’en finissent pas de chercher à s’échapper plus loin. Peu de légumes parviennent à pousser dans notre terre de garrigue, mais la tomate cerise semble reine en sa demeure…

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Croquantes et juteuses en salade, elles sont également délicieuses en tatin, légèrement sucrée avec du miel.

Pour la pâte et pour 4 personnes :

250 gr de farine T55

120 gr de beurre

1 pincée de sel

1 jaune d’oeuf

Un  peu d’eau

Disposez farine et sel dans un saladier. Former un puis et ajouter le beurre froid coupé en morceaux. Adjoindre peu à peu ce beurre à la farine du bout des doigts pour obtenir une sorte de sable grossier. Ajouter le jaune d’œuf et l’eau jusqu’à pouvoir rassembler la pâte en boule et obtenir une consistance souple et non collante.

Filmez la pâte et réservez la une heure au frais.

Rincez 4 poignées de tomates cerises et égouttez les soigneusement.

Un filet d’huile d’olive à la poêle, une pincée de piment d’Espelette, quelques petites branches de thym frais et une fois les tomates ajoutées, le tout mélangé vivement et arrosé de l’huile parfumé durant une petite minute. Pas longtemps, pour ne pas que les tomates éclatent et perdent tout leur intérêt. Une ou deux petites cuillerées à café de miel ensuite, en fonction du goût de chacun et de la quantité de tomates utilisées.

Feu coupé, continuer d’arroser les tomates avec cette sorte de sirop obtenu en refroidissant. Un peu de fleur de sel et les  disposer au creux d’un moule en les arrosant avec le jus de cuisson.

Abaissez ensuite  la pâte sur un plan de travail légèrement fariné puis disposez un cercle de pâte au dessus de votre moule et des tomates en rentrant la pâte sur les bords.

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Glissez à four préchauffé Th6 (180°C) durant une vingtaine de minutes. La pâte doit colorer, sans trop.

Laissez tiédir ensuite la Tatin dans son moule avant de la démouler délicatement.

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A déguster tiède ou froid, accompagné de petites quenelles de fromage de chèvre frais et d’une salade de mâche.

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© Nathalie Marinier-Julien. Textes et images régis par la licence Creative Commons

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Entrées

Salade de salicorne, verte, iodée et croquante !

28 juin 2015

C’est mon frère qui me l’a fait découvrir.

Moi qui déteste les haricots verts, je me suis approchée de cette drôle de plante toute verte en la prenant tout d’abord pour une algue, ce qui ne m’a pas véritablement enthousiasmée au premier abord.

Et puis j’ai goûté. Et j’ai découvert une saveur marine, salée, un croquant très frais, quelque chose d’à la fois particulier, mais en même temps assez proche de la consistance des concombres ou des cornichons.

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Sincèrement, pour ceux qui ne connaissent pas, ça se mangerait tel que, cru, tellement c’est bon !  Il faut juste aimer les cornichons et les concombres ! ;-)

C’est par contre très salé, donc il est utile de rincer la salicorne soigneusement avant son utilisation, voire même de la blanchir quelques minutes à l’eau bouillante, ce qui la débarrasse de son excès de sel sans perdre son croquant.

Je la vois bien accompagner poissons, pommes de terre et crevettes, avec une touche d’aïoli… Je la vois bien dans beaucoup de trucs gourmands d’été en fait : en salade, en légumes d’accompagnement, en apéro comme en condiment.

Voici comment je l’ai accommodée, et comment, à mon grand étonnement, mes filles ont accepté d’y gouter et ont apprécié ! ( Waw ! ça c’est fort quand même…)

Salade de salicorne et de pommes de terre (pour 4 personnes)

- 6 pommes de terre à chair ferme, de taille moyenne

- 2 grosses poignées de salicorne

- 500 gr de moules à cuire (ou 100 à 150 gr de moules déjà cuites).

- 1 oignon rouge

- 1 gousse d’ail

- Huile d’olive

- Poivre du moulin

salicorne-1

Grattez soigneusement les moules et ébarbez les en éliminant celles qui sont cassées. Rincez les ensuite soigneusement.

Faire revenir dans un fond d’huile d’olive et dans une marmite une petite échalote ciselée et laissez la suer à feu moyen sans qu’elle colore.

Ajouter ensuite deux branches de thym frais, une feuille de laurier et mouiller avec un petit verre de vin blanc.

Ajoutez les moules et laissez les s’ouvrir en mélangeant de temps en temps. Une fois cuite, retirer les moules de leur coquilles et réservez les.

Rincez la salicorne.

Dans une casserole faire bouillir de l’eau puis ajouter la salicorne et la blanchir dans l’eau bouillante deux ou trois minutes. L’égoutter et la rafraichir dans de l’eau glacée.

Mettre quelques pommes de terre dans une cocotte emplie d’eau froide salée et porter à ébullition. Lorsqu’elles sont cuites, c’est à dire au bout de 20 à 30 minutes, les égoutter et les peler soigneusement. Les couper en morceaux.

Mettre les morceaux de pommes de terre dans un grand saladier.

Ajoutez la salicorne soigneusement égouttée et les moules réservées puis la gousse d’ail pressée

Coupez l’oignon en fines rondelles et les ajouter aux autres ingrédients.

Poivrez généreusement puis assaisonnez d’un filet d’huile d’olive.

Mélangez soigneusement et déguster immédiatement.

C’est super bon !salicorne-4

© Nathalie Marinier-Julien. Textes et images régis par la licence Creative Commons

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Légumes et plats

Croque-monsieur à la sardine… (parcequ’il fait trop chaud pour cuisiner !)

07 juin 2015

On peut passer des heures en cuisine. Des heures. Et parfois je m’y fondrais presque parce que je n’en sors pas.

Et puis quand la chaleur nous tombe dessus comme c’est le cas depuis deux jours, je passe plutôt mon temps à courir après ceux qui laissent portes et fenêtres ouvertes et dilapident ainsi la fraicheur intérieure que je peine tant à conserver.

Et je n’ai pas vraiment envie de cuisiner…

Il faut dire que je ne suis pas toujours gâtée par les préférences alimentaires de ma tribu. Si je les écoutais, il y aurait 6 menus et 3 services différents.

Les horaires d’abord de mes filles, en fonction de celles qui révisent, celles qui sont rentrées tard la veille, celles qui n’ont « pas-faim-pour-le-moment-on-verra-plus-tard » et les goûts !

Ah ! Les goûts !

« - Non !! Tu as mis de la feta dans la salade ??! Mais tu sais que depuis des années je déteste la fetaaaaa !! »

« - T’as pas mis de coriandre hein ? C’est quoi ce que je sens là ? Ce qui est vert ! Tu es sûre que c’est pas de la coriandre ??? »"

« - Mammaaaannn t’as mis de l’ail… Pourquoi tu mets de l’ail, ça pique !!!! »

« - J’aime pas les spaghettis. Toutes les pâtes que tu veux. Mais pas les spaghettis ».

Et puis il y a Monsieur aussi. Qui aime tout. Absolument tout. Mais qui a une fâcheuse tendance à devenir difficile avec le temps :

 » C’est un peu fade…. Non ?…. »

Bref, Tant que le ciel est grisonnant et la température plutôt fraiche, j’arrive encore à concilier plaisir de cuisiner et bouches complexes à nourrir. Mais dès qu’il fait beau… Là, c’est comme un appel du large…

La chaleur me donne des envies de hamac, de lecture et de siestes à l’ombre.

Des envies de vacances à tous les niveaux.

Des envies de me consacrer du temps… de temps en temps…

Alors pour ces jours là, il y a la cuisine d’inspiration « Street food ». Celle que je prépare un peu en fonction des produits que j’ai sous la main. Celle qui plait en principe à tout le monde, parce qu’elle est adaptative et qu’il suffit en principe de retirer une épice, une herbe, un aromate pour adapter la version à tous les gourmands. Celle qui se grignote n’importe ou, sans obligation de se mettre à table.

Samedi c’était croque-monsieur à la sardine, avec un pain semi-complet aux céréales, des petites tomates cerises du jardin et de la coriandre fraiche.

croque-monsieur-7

Et bien sur c’est d’une simplicité absolue.

Servis avec une petite salade de tomates, des olives noires, des rondelles d’oignons et de l’huile d’olive, c’est un doux contraste de frais et de chaud, de croquant et de fondant, de saveurs relativement fortes et de douceur.

Pour cette recette, et pour 6 croque-monsieur :

- 12 tranches de pain aux céréales ou de pain de mie (ou de pain de votre choix)

- 2 boites de sardines à l’huile

- 1 petit oignon ou deux échalotes

- quelques brins de coriandre fraiche

- 1 pointe de couteau de harissa

- 6 tomates cerises coupées en quartier

croque-monsieur-6

Écrasez grossièrement les sardines égouttées à la fourchette avec la harissa, les échalotes et la coriandre ciselée.

Ajoutez un peu de l’huile réservée si nécessaire. Puis ajoutez les petits quartiers de tomate.

Garnir généreusement 6 tranches de pain de la préparation à la sardine et posez les deuxièmes tranches sur les premières.

Positionnez ensuite vos croque-monsieur dans votre appareil, manuel ou électrique.

croque-monsieur-2

Disposez un peu de beurre salé sur le dessus des tranches. Retournez l’appareil s’il est manuel et faites de même de l’autre côté.

Pour ma part, j’ai fais don de mes appareils électriques et ne me sers plus que des versions manuelles, chinées ça et la. Je les trouve jolies, je trouve agréable de pouvoir surveiller la manière dont les pains dorent en les retournant sur la flamme du gaz.

Une fois bien dorés, dégustez ces croques encore bien chauds.

C’est tout simple mais cela reste très gourmand ! Et pour une fois, j’ai réussi à mettre tout le monde d’accord à la maison ! :-)

croque-monsieur

© Nathalie Marinier-Julien. Textes et images régis par la licence Creative Commons

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Du côté du sucré...

La fête de mères, c’est demain, et avec elle, la douceur d’une tarte rustique à la rhubarbe…

30 mai 2015

Gamine, je me souviens des cadeaux que je faisais à ma mère pour sa fête. Et ce n’était pas toujours de bon goût.

Je me souviens notamment de deux petits oiseaux en coquillage collés sur une petite branche torturée en plastique brun, pour lesquels je m’étais ruinée du haut de mes 7 ans et que ma mère avait accueillie avec une certaine surprise… Ils ont trôné longtemps, ces petits oiseaux sur leur branche, posés sur le frigo ou ils avaient une place discrète entre une pile de livres Thermomix, un sablier et quelques Tupperwares.  Je comprends cependant ma mère aujourd’hui. Cet objet était d’une laideur absolue…

Plus tard, ma réflexion a muri et j’ai réalisé que l’on offrait un cadeau non pas pour soi mais pour les autres, en fonction des goûts, de la sensibilité, de la personnalité de ceux que l’on connait bien et mes présents à l’attention de ma mère ont commencé à vivre, à lui rendre service, à l’accompagner parfois au quotidien. La boite à couture que je lui avais faite quelques années plus tard, avec tiroirs amovibles et couvercle à rabat, entièrement habillée d’un joli tissu à petites fleurs pourpre a voyagé entre ses mains durant des années. Aujourd’hui, même si elle ne sait plus ce que coudre signifie,  la boite à couture est toujours là, sur l’un des tabourets de la cuisine, pleine de fils et de bobines de couleurs, d’aiguilles et de restes de tissus.

A présent, lorsque je veux gâter ma mère, il ne reste guère que le plaisir du goût pour lui rendre la pétillance d’un regard dont la lumière vacille au fil des mois. Quand la mémoire s’éteint, elle emporte avec elle bien des émotions. Les siennes. Et les miennes en prennent un coup au passage…

Alors c’est en pensant à elle, aux tartes divines de mon enfance, à la rhubarbe du jardin, que je rédige cette recette ce soir, en cette veille de fête particulière.

La voici pour toi maman…

Pour commencer, tu vois, j’ai appris une petite chose sur la rhubarbe que je ne savais pas… Il en existe trois sortes, l’une toute verte et très acide. Les deux autres plus douces : rouges et rouges et vertes.

Celles que j’ai trouvé dans mon Biocoop étaient toutes vertes et j’ai du les précuire au beurre et au sucre, à la manière d’une compotée.

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Tu l’auras compris, c’est bien moins coloré que lorsque l’on utilise les tronçons vermillon de ce légume-fruit, ou que l’on vient « tricher » avec de la fraise ou du sirop pour rehausser l’ensemble.

J’ai donc commencé par peler soigneusement ma brassée de rhubarbe ( j’ai eu de quoi faire deux tartes avec la quantité proposée sur la photo..) puis découpé en petits tronçons réguliers et je les ai poêlé au beurre, tranquillement, en les mélangeant régulièrement.

A côté de moi, le pot à sucre roux, pour adoucir le tout, saupoudrant et goutant régulièrement l’ensemble et d’ailleurs, tu vois, j’ai bien du mal à donner des proportions. Plusieurs cuillères en tout cas, jusqu’à ce que peu à peu, au fil de la cuisson et du compotage, le goût me plaise…

J’ai ensuite réalisé une pâte brisée avec les ingrédients suivants :

- 160 gr de beurre salé

- 100 gr de sucre roux

- 300 gr de farine bio T65

- 1 œuf entier + 1 œuf battu

- 2 cuil à soupe de graines de pavot

J’ai mélangé ensemble et au robot (à la feuille) le beurre et le sucre quelques instants à petite vitesse.

J’ai ensuite ajouté la farine, les graines de pavot et l’œuf entier, puis, peu à peu à la cuillère, un peu d’œuf battu jusqu’à ce que la pâte se structure.

Il ne faut pas mélanger trop longtemps, sans quoi on apporte trop d’élasticité à la pâte. Petite vitesse, tranquillement, pas trop longtemps…

La pâte filmée et mise au frais une grosse demie heure,  j’ai débarrassé ma compotée de rhubarbe et l’ai laissé refroidir.

Puis après avoir fariné légèrement mon plan de travail, j’ai étalé ma pâte au rouleau sur une feuille de papier cuisson sur une épaisseur d’environ 5 mm.

Et j’ai disposé une partie de ma compotée de rhubarbe au centre de la pâte étalée.

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Ensuite, il s’agit de replier les bords sur le centre, plus ou moins, et même très irrégulièrement.

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Puis j’ai saupoudré les bords de la pâte ainsi repliée avec quelques pincées de sucre roux…

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… et enfourné à four préchauffé Th 6 (180°C) durant une trentaine de minutes jusqu’à ce que les bords de la tarte soient bien dorés.

A la sortie du four, il suffit de laisser refroidir quelques instants, avant de décorer avec quelques fraises et framboises du jardin.

Un petit voile de sucre glace, et c’est tout…

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Voila maman. C’est pour toi. Pour cette cuisine par laquelle tu nous a transmis ce que tu as pu. A ta manière.

Chaque mère offre ce qu’elle peut. Avec ce qui la construit. Son passé, son présent, son vécu, ses joies et ses souffrances. Chacune d’elle est unique, parfaite ou imparfaite.

Chacune d’elle porte sa vie et celle de ses enfants. Adroitement ou maladroitement.

Un rôle bien long, souvent difficile, si heureux parfois et parfois bien solitaire…

© Nathalie Marinier-Julien. Textes et images régis par la licence Creative Commons

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Légumes et plats

Des fèves, encore des fèves…et avec elles, un « taboulé » au quinoa !

15 mai 2015

Pendant des années, ma mère a préparé ce qu’elle appelait « un taboulé » avec de la semoule pré-cuite. Elle faisait gonfler les grains avec  un peu d’eau chaude et le jus des tomates qu’elle ajoutait ensuite en petits dés. Elle y mettait également du concombre, des oignons et  assaisonnait le tout à sa manière.  Puis elle tassait l’ensemble avec le dos d’une cuillère et réfrigérait son plat jusqu’au moment de passer à table. Elle redonnait alors de la légèreté à la semoule et aux légumes en mélangeant soigneusement à la fourchette.  J’aurais dévoré le saladier…

Pour l’avoir vu faire des dizaines et des dizaines de fois, il me semble être parvenue à repérer ses gestes, les ingrédients qu’elle utilisait et ses proportions d’assaisonnement et pourtant… Mon « taboulé » n’est jamais parvenu à égaler le sien.

Des années plus tard, j’ai cuisiné un « vrai » taboulé libanais, aux côtés d’un ami qui m’a appris à doser boulghour, persil, tomates, oignons, jus de citron et huile d’olive et j’ai alors découvert d’autres saveurs très éloignées de la version européenne que préparait ma mère.

Finalement « le taboulé » que nous connaissons le plus souvent en France n’est rien d’autre qu’une salade de semoule aux légumes, rafraichissante et colorée que chacun peut s’approprier selon ses préférences. Et si l’on peut voler la vedette au boulghour avec de la semoule, on peut aussi remplacer cette dernière par autre chose. Les puristes diront : « Ce n’est pas un taboulé ». Et ils auront raison…

En attendant, voici une adaptation de saison au taboulé original !

taboulé-quinoa

Dans mon panier de légumes bio cette semaine, artichauts, asperges, fèves, oignons frais et chou fleur.  De quoi rester sur une tonalité verte,  dans le respect de la saisonnalité et des produits de printemps.

Pour un taboulé de quinoa, et pour 6 personnes :

Une grosse poignée de fèves écossées

Quelques asperges

1 petit oignon frais

1 petit chou fleur,

2 cuil à soupe de graines de chia

Un petit bouquet de persil et quelques feuilles de menthe

Des olives noires à la grecque

Sel, poivre, huile d’olive, citron vert, (mais aussi ce que vous aimez en plus ou à la place !)

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Commencez par écosser les fèves et réservez les, avec la peau.

Coupez la partie dure des asperges, rincez les sans les peler. Réservez.

Coupez l’oignon en fines lamelles. Réservez.

Pour préparer les artichauts, voici un lien qui explique fort bien comment préparer des artichauts tournés. Cela permet de les passer ensuite à la mandoline et d’obtenir ainsi de fines lamelles.

Préparez le quinoa :

Le quinoa est  une graminée considérée comme une pseudo-céréale, composée d’une grande partie de fibres alimentaires, de protéines et d’acides aminés essentiels.

Il est également riche en manganèse, en fer, cuivre, zinc, phosphore, magnésium et vitamine B2 et dépourvu de gluten, intéressant ainsi les végétariens comme les personnes présentant des allergies ou des intolérances au gluten.

Prévoyez 50 gr de quinoa sec par personne. Rincez le soigneusement même si ce n’est pas indiqué sur le paquet. En effet le quinoa produit une substance végétale, sorte d’insecticide naturel qui enveloppe la graine pour se protéger des insectes et des oiseaux, les saponines.  A haute dose, elles sont toxiques et offrent une saveur amère. Le quinoa acheté en magasin bio est le plus souvent déjà lavé. Cependant rincez le malgré tout afin d’enlever tout résidu de saponine, jusqu’à ce que l’eau de rinçage ne mousse plus.

Faite le cuire ensuite dans 2 à 3 fois son volume d’eau, durant 15 minutes, jusqu’à ce que le petit germe blanc de la graine apparaisse. Égouttez rafraichissez et réservez.

Faites bouillir de l’eau salée et versez les fèves à l’intérieur en les cuisant pendant 3 à 4 minutes. Égouttez les et déposez les dans un bol d’eau fraiche. Lorsqu’elles sont refroidies, retirez leur peau.

Passez les  d’asperges à la mandoline et poilez les quelques instants dans une poêle et un fond d’huile d’olive. Salez, poivrez et réservez.

Disposez votre quinoa refroidi dans un saladier.

Ajoutez les fèves épluchées, les lamelles d’artichauts, les pointes d’asperges poêlées et refroidies, l’oignon émincé et les olives.

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Rincez et ciselez le persil et la menthe, les graines de chia et ajoutez le à l’ensemble.

(De saveur neutre, les graines de chia sont cependant riches en fibres, en acide gras oméga 3 et en vitamine E. Elles offrent de nombreux bienfaits tout en les consommant raisonnablement : 30 gr par jour, soit deux cuil à soupe)

Rincez quelques bouquets de chou fleur et râpez les soigneusement. Ajoutez les aux autres ingrédients.

Préparez une vinaigrette : 4 cuil à soupe d’huile d’olive, 1 cuil à soupe de jus de citron vert, 1 cuil à café de miel, sel et poivre et versez le sur votre taboulé.

Goûtez et rectifiez l’assaisonnement si nécessaire.

Le taboulé est assez fade s’il n’est pas rehaussé d’un assaisonnement parfumé. Vous pouvez contraster sa saveur en l’ accompagnant assiettes de de fromage de chèvre frais. L’acidité et la fraicheur du fromage est un allié  !

© Nathalie Marinier-Julien. Textes et images régis par la licence Creative Commons

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