Bon… je vous avoue que je n’avais pas l’intention d’en rire. Mais alors pas du tout. Ca m’a même fait grincer sérieusement les dents sauf qu’il y a quotidiennement des sujets tellement plus graves qui me heurtent et me soulèvent l’estomac que ce sujet là, ben, j’avais au départ décidé de passer au-dessus. Et puis, après réflexion, ce carnet que je tente de garder vierge de mes coups de gueule ou de colère parfois – car, chers lecteurs, je doute que vous ayez envie qu’on vous prenne la tête lorsque vous venez vous balader sur un blog culinaire – ce carnet donc, a pour thème la gourmandise, la cuisine et ses parfums et la passion que j’ai pour elle. Alors si les sujets de société qui me touchent et m’émeuvent, je serais tentée d’en parler de manière plus engagée sur des pages extérieures à ce site, je pense que lorsqu’ils ont pour résonance, de près ou de loin le fait de manger et de le faire correctement, ils peuvent avoir une petite place ici…
…..
Voilà qu’une lettre ouverte au futur président est adressée par LE médecin star du régime du moment – à la sensibilité, faut il le préciser, ultra protéiné – afin de soumettre une idée qui m’a hérissé l’indice de masse corporelle…
Pour ceux qui n’auraient pas suivi le buzz généré par cette histoire, ce monsieur a donc suggéré de donner des points en plus au baccalauréat, aux étudiants qui conserveraient leur poids de forme entre la seconde et la terminale et d’en donner le double aux personnes obèses à la conditions qu’elles perdent 100 grammes par trimestre, se soumettent à 6 pesées annuelles et suivent des cours de nutrition…
Alors, à la limite, cette suggestion aurait été proposée par un ambassadeur de la gastronomie, une personnalité reconnue dans l’univers du « bien manger », j’aurais sans doute souri en me disant que décidément, on peut parfois s’égarer sur la chemin de la passion.
Là, ce qui me hérisse tout particulièrement, c’est que cette proposition dérangeante émane d’un homme dont la notoriété et la fortune se font sur le dos d’une souffrance, d’un mal-être, d’une mésestime de soi à grand coup de régime ultra draconien.
Et j’en sais quelque chose.
Rahhhh j’avais décidé de rester dans l’humour, mais ça va être dur…
Bref…
Bon, à 18 ans, j’imagine le truc. T’es mince, t’es jeune, t’es beau, pour peu que tu aies un peu bossé les matières à fort coeff. de ton bac, avec ton IMC à faire pâlir d’envie ton prof de sport, tu peux même prétendre à la mention grâce à cette formidable idée.
A l’inverse, t’es gros – et on s’arrête là- parce qu’un gros, malheureusement, on s’attarde en général peu sur ses qualités – t’as intérêt à avoir bien bossé ton bac, sinon, c’est rattrapage. Et encore, si tu l’as…
Ben voyons. C’est déjà pas assez galère pour ces jeunes là pour qu’on leur enfonce encore un peu plus la tête dans leur mal-être, qu’on creuse un peu plus les différences et qu’on accentue encore davantage le culte de la minceur qui fait pourtant des ravages chez certaines jeunes filles.
Ce qui me révolte dans toute cette histoire, c’est qu’on est pas « gros » par envie. On n’est pas en surpoids par plaisir. Suivant les vécus, les contextes familiaux, le poids a une génétique, une histoire, le poids est une plaie, une véritable souffrance. Il ne s’inscrit pas au hasard de quelques hamburgers superflus et de parts de pizzas les soirs de déprime. Il s’installe chez les tout petits ou apparait plus tard, à l’adolescence ou à l’âge adulte et il peut bouleverser une existence en étriquant la vie : pas de piscine sans se planquer derrière sa serviette, pas de plage après 11 heures du matin pour ne pas croiser trop de monde, pas de vêtements essayé dans les magasins où les vendeuses passent leur temps plantées derrière les cabines, pas de restaurant sans culpabilité, pas de dessert sans avoir le sentiment de n’avoir aucune volonté et aucune estime de soi.
Il erre aussi parfois sur les chemin de la boulimie, se gargarise de compulsions alimentaires sauvages et peut flirter avec la cuvette des toilettes histoire de mieux vomir tout ce qui est entré…
Et puis, souvent, des années de régimes trop restrictifs font le reste, avec à chaque fois, un généreux bonus…
Et c’est précisément un ambassadeur de ce type de régime qui voudrait révolutionner la relation des jeunes avec la diététique à grand renfort de carottes fort discutables ?
A quand un exemplaire de son dernier ouvrage entre un bouquin de français et deux classeurs de maths…
A quand le « tout protéines » à la cantine, les galettes de son d’avoine, et les flans de lait écrémé à l’agar-agar et à l’arôme de fruits…
….
Non mais franchement…
| © Nathalie Marinier-Julien. Textes et images régis par la licence Creative Commons |

| © Nathalie Marinier-Julien. Textes et images régis par la licence Creative Commons |
Sur le même thème, lire aussi:Duel… comestible !
J’ai des tas de petites enveloppes dans mes tiroirs, avec des graines de ceci et des graines de cela. Le problème, c’est que j’oublie souvent de quelles graines il s’agit. Je ramasse chez des amis, j’emporte du bord des routes, je récupère ce qui dégringole, bref, toutes graines issues d’une plante qui me plait peut potentiellement se retrouver au fond de ma poche, bien protégée dans un carré de papier.
Parfois ça pousse et ça donne des résultats étonnants. Parfois rien ne vient jamais pointer le bout de son nez. Et puis parfois, sans que je m’y attende, voilà qu’un pied de Physalis spontané vient s’installer sur ma terrasse, tout droit venu du compost, que les ipomées n’en peuvent plus de squatter le jardin à la recherche de tout ce qui peut les aider à grimper et que les belles de nuit se plaisent à devenir envahissantes. Bref tout pousse…
Et puis récemment, j’ai acheté une racine de gingembre que j’ai oublié quelques temps dans mon compotier. Habituellement, la racine a tendance a flétrir et je dois l’utiliser rapidement sans quoi elle perd vraiment de son intérêt. Mais, loin de se rider, celle-ci a commencé à laisser poindre une pousse verte, et je n’ai pas résisté à la tentation de la mettre en terre. Ce n’est pas une graine, mais c’est tout comme !

Au pied d’un érable Japonais, une pousse… Les feuilles sont jolies et sentent bon…
Une racine de gingembre achetée en magasin bio, oubliée dans un compotier et plantée en pot. La voilà qui se trouve bien, et qui m’offre quelques feuilles parfumées, et de nouvelles pousses…
Après quelques recherches sur le net, j’apprends que les nouvelles racines seront à récolter entre 6 et 8 mois, si je parviens à trouver une solution pour l’hiver. Pour le moment, mon petit pied de gingembre se prélasse au doux soleil de septembre, plein d’une énergie évidente, et je ne suis pas sure que l’installer à l’intérieur lui plaise… Nous verrons… En attendant, je souhaitais partager avec vous cette plantation particulière…
Si au détour d’un rayon de fruits et légumes exotiques, vous croisez une jolie petite pousse de gingembre, sachez qu’elle peut réserver quelques surprises !

| © Nathalie Marinier-Julien. Textes et images régis par la licence Creative Commons |
Sur le même thème, lire aussi:Salade de quinoa rouge à l’avocat et au gingembre frais et confit…,
C’est le printemps ! On sème ! et on s’aime aussi ;-)…,
P’tits croques apéritifs, tout ronds…tout bons…,
Gingembre, sugar & spices…,
Il pleut..et ça pousse….
Si je pouvais accélérer le temps, les heures, les minutes et ce, jusqu’aux secondes, je le ferai… Juste histoire de me voir déambuler dans mon jardin sans précautions infinies, planter mes pieds de tomates et bichonner mes citronniers… Enlever les mauvaises herbes, décorer la terrasse pour les beaux jours, ressortir les parasols et faire de grandes ballades à pieds en garrigue…
Si je pouvais accélérer le temps, je n’hésiterais pas un seul instant…
C’est le printemps !
C’est le printemps… et avec lui, je retrouve peu à peu mes marques….
Le jardin commence à s’éveiller, sous un soleil bienfaisant et il bourgeonne allègrement. Je ne me lasse pas d’en faire le tour et d’en contempler les couleurs qui se mêlent peu à peu aux rocailles et aux treillis abandonnés pendant l’hiver. Un plaisir !
Ça pousse… Ça pousse en douceur et avec volupté, et je contemple avec une tendresse particulière les petites feuilles vertes qui émergent du bois mort, les boutons de fleurs encore trop frileux pour oser se défroisser et celles qui explosent…
Je n’ai jamais fait autant le tour de mon jardin que depuis ces dernières semaines, et je pense à vous André, et à votre message quelques jours avant que j’affronte la chirurgie : « la chlorophylle est au bout du chemin… ». Merci encore pour ces lignes qui m’ont tant fait de bien…
…et merci à vous tous qui, par petits mots, mails, coups de téléphone, m’avez réconfortée et tant apporté ces derniers mois. Merci…
Ça pousse en douceur et ça pousse en couleur…

Alors pour rester en accord avec l’ambiance du jardin, j’ai commandé un assortiment de graines à germer pour réchauffer un peu mon Easygreen qui sommeillait au cellier depuis le début de l’hiver.
Un petit nettoyage de printemps et j’attends de lui qu’il bichonne le blé, l’épeautre, le tournesol et le quinoa, entre autre, que je compte lui confier…

J’adore les graines germées et le croquant qu’elles apportent aux salades, aux sandwichs légers, aux entrées élégantes. J’aime leur saveur corsée et leur parfum si concentré, j’aime leur petit côté échevelé qui mets de la poésie plein l’assiette…
Et si l’an passé, j’ai fait pousser des graines plutôt classique dans mon germoir (radis, brocolis Alfalfa, soja…), j’ai eu envie de pencher vers d’autres produits moins courant.
Le quinoa, riche en protéines, sans gluten et très frais, au léger gout de noisette…
Le kamut, riche en acides aminés et plus gros que son cousin le blé…
L’épeautre riche en sels minéraux et en vitamines…

Le tournesol, très parfumé que j’adore déguster à la cuillère avec une goutte d’huile d’olive et un peu de fleur de sel lorsqu’il commence à germer…
L’Azuki (ou haricot rouge du Japon) riche en calcium…
Les graines de betterave rouge très colorées et très esthétique avec leurs jolies racines rouges, mais dont la germination est un peu plus longue…

Autant de saveurs, de parfums et de croquant différent…
Je vais donc entreprendre de faire pousser tout cela et surveiller la germination de l’ensemble et le rythme de chaque catégorie de graines. Chaque jour, un nouveau plateau et un nouvel essai, pour suivre le tout de près. Je reviendrai vous en parler, à travers recettes et idées très bientôt.
Je poursuis ma convalescence en douceur, sans bousculer les heures -même si j’en meurs d’envie- histoire de retrouver peu à peu mon énergie et le rythme auquel je suis attachée…
C’est le printemps !

| © Nathalie Marinier-Julien. Textes et images régis par la licence Creative Commons |
Sur le même thème, lire aussi:Entre printemps et été, clafoutis en mini-cassolettes…,
Des miniatures Pierre Hermé…aussi belles que les vraies pâtisseries…
Nuit blanche…
Nuit blanche à songer à mille et une choses…
Ces dernières semaines, je suis en tête à tête avec une partie de moi-même. Cet intense échange me prends décidément tout mon temps et lorsque la nuit vient, l’obscurité et le silence ne favorisent pas véritablement autre chose que l’insomnie habitée parfois de quelques ballades oniriques plutôt surprenantes…
En avoir plein le dos, c’est une expression courante extrêmement réaliste. Et le mien est tellement plein qu’il m’impose une étreinte passionnée depuis plusieurs semaines et s’épanche à n’en plus finir, me confiant ses souffrances, ses doutes, ses émotions, ses vapeurs, ses aigreurs…
Évoque t’il de bons moments ? Bien sûr ! Enfin… d’une certaine manière : mes journées de travailleuse de force à trainer des brouettes de cailloux pendant des heures pour que le jardin soit zen, mes envies de déménager la maison toutes les semaines et de faire tourner les meubles les plus lourds dans toutes les pièces juste avec mes p’tits bras, mon incompétence absolue dans le domaine de « l’hypo-activité », mes boulimies de rangement, et j’en passe…
« Je t’ai soutenu » m’a t’il dit. « Maintenant, il faut qu’on cause… »
Et il le fait très bien.
« L5 S1… » me murmure t’il à l’oreille (5ème vertèbre lombaire et 1ère vertèbre sacrée pour les connaisseurs) « nerf sciatique » me souffle t’il encore en suivant du doigt son parcours le long de ma jambe droite jusqu’au mollet. « Prends tu maintenant conscience du poids de mes maux mots ? »

« Pleinement » lui dis-je en serrant les dents. « D’ailleurs, si tu pouvais relâcher un peu ton étreinte langoureuse, on pourrait causer droit dans les yeux… non ? On pourrait se dire les choses sans y mettre autant d’affect… non ? On pourrait régler nos différents en se défoulant un peu à la Wii par exemple… ? Une petite partie de hula hoop histoire d’oublier cette bonne vieille L5 S1 ?….sans rancune ?… non ?… »
Naaaaaaaaannnnnnnnn………
Et comme c’est votre dos qui vous parle, vous ne pouvez même pas lui faire le coup d’un regard version « Chat Potté » (cf. Shrek 1/2/3, pour ceux qui pensent que ma hernie discale a peut-être endommagé une partie de mon cerveau).
Qu’est ce qu’elle nous fait, là, l’autre sur son blog de cuisine un 5 janvier ? Elle vient nous parler sciatique… qu’est ce que ça vient faire au milieu des verrines et des macarons….. pfff….n’importe quoi ….
Le problème, c’est que je ne sais pas enrober du vide avec du blabla… depuis fin novembre, j’ai déserté mon espace de manière à réserver mes quelques forces aux ateliers de fin d’année et je n’ai pas envie de vous servir ici une recette prélevée d’un bouquin ou d’un magazine pour abréger mes souffrances. Je pourrais… mais sincèrement, je n’aime pas ça quand ce n’est pas pour vous parler d’un ouvrage que j’ai adoré…
Bon allez, on va mettre ça sur le compte des médocs, le coup du va et viens entre le chat Potté, la hernie, les ateliers, les états d’âme, les étagères et le reste. Vive 2011 ! on est indulgent, on comprends tout, on est d’accord sur plein de trucs, on ne parle pas politique, on s’installe, on prends une petite tasse de thé bien parfumé, deux ou trois cookies au chocolat, et on finit de lire ce billet jusqu’au bout que je n’ai pas fait cette insomnie pour RIEN noon de DIEouuuuuuu !
Un blog c’est une affaire de cœur. Enfin, c’est ma manière à moi de voir les choses parce qu’après on peut aussi y mettre ce qu’on veut dedans…
Quand on commence, quelque soit le sujet, c’est qu’on a envie d’être lu (que celui qui a créé un blog pour ne pas être lu me jette la première pierre) mais on peut avoir envie d’être lu de différentes manières.
Si je publie une recette tous les jours en commençant par « ingrédients » et en finissant par » servez aussitôt », je touche à certaines émotions.
Si je viens vous casser les pieds un mercredi matin avec des histoires de dos, de sauce au blues et d’insomnie, j’en touche d’autres...
Si je vous prélève tous les deux jours une recette de mon magazine préféré en modifiant la base à ma sauce et en remplaçant deux cuillères à soupe de farine par deux cuil à soupe de poudre d’amandes ou 10 cl de lait par de la crème fraiche, j’ai une approche particulière…
Si je ne publie que beaucoup plus rarement mais en ayant essayé d’être un tout petit peu créative, même si c’est très imparfait, j’en ai une autre…
Et si la créativité d’amateur que je suis, je vous la propose dans mon contexte, le mien qu’il est à moi, avec un peu de mes émotions, un peu de mon vécu, un peu de mon ressenti, c’est que j’y mets des soupçons de mes instants présents. Et que je ne sais pas faire autrement…
Tout ça pour en revenir à ma L5 S1…(Non, je n’ai pas la grippe H1 N1 !, rien à voir !…)
Je me fais rare mais je ne suis jamais loin… je suis pendue à mes bouquins, à mes recettes, à mes idées d’ateliers, pendues à mes projets comme une chauve-souris à sa poutre, pendue à mes envies de bonnes et belles choses et surtout suspendue à l’espoir de libérer peu à peu mon dos de ses tensions nerveuses et retrouver mon énergie habituelle, sans être obligée de m’accrocher à chacun des membres de ma famille pour monter un escalier ou de me déboiter les épaules pour libérer la fichue bouillotte bleue qui me consume le bas du dos…
Dans les tuyaux, il y avait de petites choses sympathiques…

Un pain d’épices sublime, dont j’aurais beaucoup aimé vous parler…

Un petit essai foie gras et pains d’épices justement, pas très équilibré au niveau de l’épaisseur de chaque couches, mais que j’avais trouvé bien joli…

Un cake au kacha (graines de sarrasin grillé) qui cachait des dés de comté, des petits morceaux de viande de grison, des œufs frais, du beurre…
Bref autant de billets qui couvaient bien au chaud, mais le blabla autour, ben… il ne passait pas… Je peux décidément pas vous la jouer façon « jet de pierres »…
Et puis j’ai acheté plein de bouquins aussi, plein de bouquins pour lesquels j’ai craqué, que je feuillette en m’endormant entre ma bouillotte bleue, mon petit coussin doudou (oui oui, j’en ai un et je l’assume totalement), les chats qui squattent la chambre parce qu’il fait froid et mon homme qui m’écoute lui causer petits légumes, réductions, canard et bœuf, hochant poliment la tête à chacune de mes exclamations alors qu’il tente de se délecter de son côté à la lecture de ses dernières BD…
Tous ces bouquins, je devais vous en parler aussi, parce qu’il y a qui sont vraiment top…
Alors voilà… je n’ai pas l’intention de me dissoudre dans mon verre de Solupred, pas plus que de foncer chez Mr Bistouri pour qu’il aille grattouiller délicatement les os de ma colonne. Je n’ai pas non plus l’intention de rester agrippée à ma bouillotte 107 ans, pas plus que d’user mon canapé en écrivant mes billets à l’horizontale…
Faut qu’ça passe, et forcément, ça va passer…
Dis moi un peu L5 S1… maintenant qu’on a vidé notre sac, on pourrait peut être s’arranger pour enterrer la hache de guerre ailleurs que dans mes vertèbres ?… Allez pour 2011…. Sois cool…. Je te promets que je te ferai des petits plats allégés, que je pousserai plus les meubles toute seule, que je transporterai plus les gros palmiers en pot sans le demander à mon chéri avant, que le passé, maintenant je m’en contrefiche parce que seul mon présent compte, que je te bichonnerai tous les jours…
Chéri ! Tu me prépares quoi à manger ce soir ?….
| © Nathalie Marinier-Julien. Textes et images régis par la licence Creative Commons |
J’adore la cuisine. C’est une vraie passion et je suis une acro des bouquins, des vidéos, des articles, des hommes et femmes de l’Art qui me donnent à rêver.
La télé réalité en revanche, c’est loin d’être ma tasse de thé, et si la génération de mes filles est malheureusement tombée dedans toute petite, je n’adhère -et encore c’est un bien grand mot- qu’à très peu d’entre elles.
Et puis voilà que cette même télévision, que je maudis ouvertement devant mes filles lorsque je les vois, bouche ouverte, regarder « Secret Story », je lui trouve un certain charme quand elle vient me causer cuisine à l’oreille…
MasterChef a donc débarqué à la maison… et est parvenu, en deux épisodes à peine, à me faire sortir de mon habituelle réserve…
Rahhhhh… Je ne sais même pas par quoi commencer ! Comment dire…. La cuisine, quand ça vous porte, même lorsque l’on est amateur, c’est un truc qui fait vibrer. Quand je vais dans un bon restaurant, je suis comme une petite fille dans un magasin de jouets : j’ai les yeux partout, ils trainent dans les assiettes de mes voisins, ils observent le dressage, l’esthétique, les couleurs, les parfums, les saveurs, les textures… Je ne suis qu’une grande amoureuse de la gastronomie, sans autre connaissance que ce que ce plaisir me donne, mais bon sang, quand ça me prend, ça me transporte…
Il m’arrive de visionner des vidéos de Chef, cinq, six fois de suite, rien que pour le plaisir de m’imprégner des gestes, de la technique, de l’esthétique de certaines étapes. Et c’est aussi ce qui m’amène peu à peu à progresser en cuisine.
Quand on est un peu « drogué », si on vient vous causer « concours de cuisiniers amateurs » forcément ça vous titille le palais, ça vous donne envie de suivre l’aventure, de voir comment ils s’y prennent, ces courageux qui osent , là ou vous perdriez tous vos moyens si on vous chronométrait en train de monter une mayo ou de ciseler finement un oignon (tiens… pourquoi je dis ça moi… ?)
J’ai donc essayé de faire taire la petite voix intérieure qui me murmurait sournoisement à l’oreille « Attention… tu connais la chaine, tu sais qu’en général, tu n’aimes pas ses programmes… » Tais toi ! Mauvaise ! Ça va causer cuisine ! Et quand on cause cuisine, j’en oublie jusqu’à mes plus grandes convictions ! »
Sauf qu’au terme des deux premiers épisodes de ce blockbuster culinaire, je crains de ne plus pouvoir désormais faire taire la petite voix…

MasterChef… Voilà réunis quelques dizaines de passionnés de cuisine. Si je suis naïve (ne me dites pas, surtout, que je suis très très naïve, vous me feriez de la peine…) je m’attends à ce que le casting ait été fait avec un certain engagement : qui dit concours culinaire, dit choisir des gens qui ont la patate sur le sujet, qui savent faire des trucs en cuisine, qui ont des choses à montrer et des choses à dire, qui vont vibrer et partager avec un public de fanas ce pour quoi ils sont là ! Et qu’on relègue au second rang les clichés habituels des castings Real TV.
C’est ce que je me suis dit. Et je ne me suis -presque- pas trompée : ils sont bien là les passionnés, ceux qui vibrent. Il y en a que l’on sent investis plus que d’autres, mais ils sont là… Il y en a même quelques uns qui sortent et sortaient (et oui, déjà éliminés) vraiment du lot. Sauf que j’ai la détestable impression que la chaine s’en fiche…
Alors, reprenons (ah oui, je sors rarement de ma réserve, mais quand ça m’arrive, c’est très chiant, et très long… veuillez m’en excuser…) voilà des candidats en nombre, tous là pour réaliser plus ou moins un truc, que ce soit un rêve, un projet professionnel, un challenge ou simplement une aventure.
Vous voilà vous, spectateur, que la cuisine ne laisse pas indifférent si vous êtes là, et vous attendez -après les sélections qui vous rappellent étrangement celles de la Nouvelle Star et qui s’attardent déjà sur quelques personnalités – que ça vous secoue un peu la passion, que ça vous titille un peu la gourmandise… Et vous n’allez pas être déçu, car on vous balance… des oignons. Des oignons par sac. Une tonne d’oignons…
Ciselez-moi ça, Messieurs, Mesdames sous-entendu « quand on ne sait pas ciseler un oignon, on ne sait pas cuisiner…. »
Bon… si les Chefs le disent, ils doivent avoir raison…
On en prend pour combien de l’oignon ? Vingt ? Trente minutes ? Moins peut-être, mais ça m’a semblé interminable…
Rattrapage : quiche lorraine… Ok… donc, les meilleurs ne cuisinent pas… Les oignons suffisent…
Le jury est implacable, les commentaires franchement blessants parfois, mais… on est dans un concours, c’est pas de la rigolade, admettons…
On est pas encore à la mayonnaise (épisode 2) mais pour ma part, elle peine à prendre… On parle cuisine quand ? La quiche, on aurait pu s’y attarder… non ? On aurait pu en parler un tout petit peu, puisqu’elle figurait au casting du rattrapage…. ? Ben non. On s’attarde beaucoup sur les désarrois des uns, des autres, avec en boucle, les mêmes visages qui reviennent, les mêmes angoisses qui se lisent dans certains regards, les mêmes absents aussi, puisque parmi les candidats, bon nombre semblent faire office de figurants pour la chaine…
Fin de l’épisode 1, et je rumine ma petite voix… « Je te l’avais dit… Ca sent la caméra qui scénarise à plein nez… Ca sent le sujet qui dérape au détriment de la passion, ça sent la mise en scène de l’humain… une fois de plus…. »
Regarde épisode 2 ? Regarde pas… ?…
Bon, pour juger, il faut se faire une opinion, donc… Episode 2 !
La mayonnaise arrive…. Et le jury de goûter les 70 mayo, trop prises pour la plupart.
Rattrapage pour les perdants : 15 000 oeufs !…. Une candidate s’exclame : « On va nous demander de séparer les blancs des jaunes ? »…
45 minutes pour les 20 malheureux participants avec un test de « pression » : un ingrédient de base, l’œuf, et un panel de produits variés à disposition pour l’agrémenter…. Allez… même si chacun d’entre eux choisissaient 6 œufs à cuisiner, ça ferait 120 œufs pour le groupe… pourquoi 15000 ?….
Soit…
« C’est le moment de nous montrer ce que vous avez dans le ventre… C’est le moment de nous étonner » assène le jury d’une voix grave… Mais… comme pour les oignons, ce sont les supposés « moins bons » qui vont cuisiner… J’ai du mal à suivre…
Et j’ai encore plus de mal à comprendre pourquoi, alors que les candidats planchent enfin avec créativité sur une épreuve, on la survole, sans aucun intérêt pour la technique ou l’imaginaire de chacun.
« Alors, qu’est ce que ça fait d’être un habitué des rattrapages…. » balance le jury à l’un des participants qui avait précédemment affronté la quiche… Enjoy….
Le sabayon à l’orange qui épate les Chefs, on s’y arrête ? Ben non…
Les pâtes aux œufs osées courageusement par une candidate, on s’y arrête ? Ben non…
Le plat des candidats nommés en enfilade par le jury au moment de la dégustation, on s’y arrête ? non plus… D’ailleurs on ne verra ni le plat de certains, ni leur visage… A peine retiendra-t-on leur prénom…
Verdict : 10 candidats sauvés sur les 20, dont un œuf au plat pourtant qualifié de « degré zéro de la cuisine » par le jury…
Allez comprendre…
Epreuve suivante : le bœuf bourguignon de Yves Camdeborde. 45 secondes pour deviner les 23 ingrédients composant le plat…
… et 20 candidats au rattrapage… J’en déduis que ceux qui ont correctement ciselé, correctement fouetté et correctement deviné, n’auront absolument pas cuisiné depuis le « vrai » début de l’émission….
Revenons en donc à ceux qui vont plancher autour d’un challenge intéressant ( yes !) 3 heures et 50 euros pour que les équipes fassent leurs courses au marché d’Aligre, préparent une entrée, un plat et un dessert…
Et là, ça me porte ! La passion est bien là, elle anime chacune de ces équipes dans son challenge. Je les trouve d’ailleurs pas mal soudés pour des candidats qui ne se connaissent pas… jusqu’à ce que la caméra bien boueuse de cette bonne Real TV s’arrête sur l’une des candidate, fatiguée et stressée sans aucun doute par l’enjeu et vomissant son mal être dans un sac plastique…. Intéressant ? Nécessaire ? Peut on m’expliquer pourquoi il est utile de servir une telle séquence lors d’un concours culinaire ? Voilà… On rentre dans ce que je déteste…
Je continue de détester la suite et j’assume. Voila 4 équipes que l’on voit s’affairer autour de ses fourneaux, 20 candidats qui s’organisent comme de petites brigades, qui pourraient offrir leur tour de main, leur savoir-faire, leur passion, qui se débrouillent comme des pros pour certains mais… ou est la caméra ? Ou sont les explications ? Pourquoi n’entendons nous pas s’exprimer ces concurrents qui s’affairent autour de plats intéressants ? Quelques minutes à peine et le jury renvoie deux équipes, dont l’une avait pourtant réalisé de bien jolies assiettes. Explications du jury ? Retour sur les images pour comprendre leur choix ? bah non… pas plus…
Ma mayonnaise est en train de tourner…
Ai-je besoin de m’attarder sur la boite mystère avec lesquelles les derniers candidats doivent composer ?….pas vraiment, et à regret…
Le tablier que l’on retire aux dix perdants de l’épreuve m’a même laissé une saveur bien amère dans la bouche. Utile à nouveau, le peloton d’exécution qui scrute les visage anxieux de ceux qui craignent de partir ? Utiles les silences qui précèdent leur désignation ? Nécessaires ce balayage de caméras sur les visages de ceux que l’on sent fragiles et peu préparés par l’expérience particulière que représente le fait d’être sous le feu de la rampe un jour et retomber dans l’anonymat le plus complet le lendemain ?
Ma fille attérée me dit : « on dirait le jeu de la mort »….
Je quitte nécessairement l’univers de la cuisine à ce moment là…mais y sommes nous rentrés plus d’un instant depuis le début de cette émission ?….
Voilà un budget que je suppose assez considérable offrant un sujet passionnant pour ceux qui aiment. Un espace grandiose. Du matériel et des produits à profusion. Des candidats qui ne manquent pas, pour certains, de vrai talent. Et en plusieurs heures d’émission la chaine n’a proposé que SA propre cuisine…. Interviews désolés et emplis d’une espérance presque ultime, morceaux sans doute choisis, triés et sortis de leur vrai contexte, personnalités avec lesquelles on a décidé de jouer pour le public, parce qu’elles interpellent statistiquement d’une manière ou d’une autre les fans de télé réalité.
Où est la cuisine ? Ou est la passion ? Que fait-on de ce que ces candidats ont réellement à offrir ?…
Episode 3… Regarde ?… Regarde pas ?…
Ma petite voix me murmure bien des choses à l’oreille….
| © Nathalie Marinier-Julien. Textes et images régis par la licence Creative Commons |
Sur le même thème, lire aussi:Affaire de cuisine !!
Je suis très attachée aux adresses que je connais bien, que j’apprécie pour leur cadre, leur personnalité, leur ambiance et lorsque nous allons au restaurant, c’est en général pour une occasion particulière . J’aime alors revenir en des lieux familiers pour savourer l’occasion, un peu comme un bon roman que l’on aime lire au cœur d’un jardin particulier où l’on a établi ses repères, où l’on se sent bien, ou de vrais passionnés en botanique plantent et entretiennent, où l’ombre est accueillante, ou les bancs publics offrent à chacun une intimité discrète…
J’ai pourtant très récemment dérogé à la règle. Mon homme m’a en effet proposé pour notre anniversaire, de nouvelles adresses dont il avait entendu parler au cœur de Montpellier.
Difficile de choisir un restaurant d’après quelques avis et quelques photographies mais en visitant le site internet de l’un d’entre eux, je n’ai pas hésité…
Certaines adresses portent en effet en elle une sensibilité créative, une sincérité, une harmonie enthousiaste que l’on sent transparaitre…
Ô plaisirs des mets, une jolie découverte pour nous…
En effet, rares sont ces lieux chics et simples à la fois, où tout un chacun se sent bien, chaleureusement accueilli, invité à voyager au rythme de délicates déclinaisons de saveurs, le temps d’un diner… Cette âme est ici portée passionnément. Cela se sent. Cela se goute. Jusque dans les vins…
Nous avons choisi « le menu des plaisirs » à 27 euros pour une formule entrée/plat/dessert qui nous a surpris par sa qualité et ses accents gastronomiques :
« Sur une tartine aillée, chèvre frais et caviar d’aubergine à la façon du chef, buisson de salade folle » pour moi.
« Dans une corbeille en brick, des légumes marinés, mesclun et pesto léger » pour Monsieur.
Si j’ai beaucoup aimé la fraicheur et l’élégance de mon entrée, j’ai adoré celle de ma moitié et j’ai goûté quelques uns des délicieux légumes de saison croquants, présentés au cœur d’une feuille de brick dorée.
Nous avons poursuivi avec un « loup entier roti au four à la fleur de sel, riz camarguais fondant, wok de légumes du moment » et un « magret de canard de nos régions grillé, jus de canard à l’ail doux, pommes de terres sautées au herbes, wok de légumes du moment ».
Des cuissons parfaitement maitrisées, fondant et croquant participant au plaisir de la dégustation. J’ai adoré. Nous avons adoré.

En dessert, la « gourmandise au gré de l’humeur de Michael » était un plaisir. Des cuillères parfumées et une bousculade de saveurs : rose, carambar, fraises, cacahuètes, en mousse, en crumble, en verrine…
Finalement, les habitudes sont rassurantes certes, mais il y a des découvertes qui donnent envie de s’attarder, de revenir et de partager…
Je partage donc avec grand plaisir…
Ô plaisirs des mets
| © Nathalie Marinier-Julien. Textes et images régis par la licence Creative Commons |
Bah… je vous saoule avec mon potager…S’extasier tous les deux jours devant trois courgettes et une poignée de tomates cerises, c’est pas franchement folichon, et ça reste très éloigné d’une chouette ballade gustative entre deux ou trois recettes sucrées et/ou salées…
Ben oui, mais pourtant tout commence bien là…
Les bons produits, les vraies saveurs, on les découvre avec les fruits et les légumes qui ont poussé tranquillement au cœur de jardins particuliers ou de marchés slow food. On en vient parfois à les trouver si fruités, si parfumés, si riches en saveurs qu’on ne les reconnait pas et qu’on apprend alors à les découvrir.
Une tomate gorgée de soleil, mûre à point, c’est fruité et juteux…
Les petits poivrons verts coupés en lanières dans une salade composée, c’est un pointe d’amertume fraiche et croquante…
Les jeunes courgettes encore recouverte d’un duvet légèrement piquant se dégustent coupées en petit dés, avec un filet d’huile d’olive et une pointe de fleur de sel. Rafraichissantes et savoureuses, elles peuvent même se passer de cuisson…
Mon premier plaisir du matin, avant le petit déjeuner, c’est d’aller jeter un coup d’œil au potager.

Et je suis toujours épatée…
Du jour au lendemain, ça pousse ! Un seul pied d’aubergines, et pourtant : il est chargé de fleurs et de jolis légumes à la couleur violine. Cinq, six, huit petites aubergines, certaines doubles, poussent tranquillement, chaque jour un peu plus !
Pour les tomates, j’ai fait un mix cette année et j’ai planté des variétés très différentes. Les plus jolies, les plus étonnantes à mon goût, ce sont les « Andines Cornues » ou encore « Cornues des Andes » qui ressemblent à des piments !

Elles sont assez tardives et sont encore bien vertes mais il ma tarde de les gouter…. Je vous en dirai des nouvelles !
Les tomates cocktail poussent à profusion. Clémence partira bientôt à la cueillette de ses jolies rondes qui viendront agrémenter nos salades pendant tout l’été.
Les tomates cœur de bœuf sont également bien jolies et nous aurons, je pense, une formidable production pour quelques pieds à peine. J’enrichis régulièrement le sol avec notre compost maison, je coupe les feuilles abimés, j’arrose modérément et bien au pieds pour éviter que certaines maladies ne se développent. Mais si tout va bien, comme l’an passé, aucun traitement ne sera nécessaire… La nature se chargera de l’essentiel…

| © Nathalie Marinier-Julien. Textes et images régis par la licence Creative Commons |
Le mois de mai annonce habituellement les couleurs et la douceur du Sud, le soleil est au rendez-vous, la chaleur s’insinue doucement au jardin et nous projette, les week-end, dans une atmosphère estivale qui sent bon les vacances et nous fait détester les lundis…
Ça, c’est ce qui se passe en principe chaque année à la même époque. Sauf que ces jours-ci, le sud fait franchement la gueule, et ce depuis plusieurs semaines.
Il pleut. Il pleut presque tous les jours. Et tout le monde tourne en rond…

Le jardin, c’est une source de paix, et chaque année, à la même époque, je passe des heures les mains dans le feuillages des plantes et des arbustes et les doigts dans la terre : je bouture, je rempote, je taille, j’inspecte, je cause avec mes plantations comme si j’avais un peu perdu la boule, je m’extasie devant les départs de bourgeons de celles que je croyais perdues. Tout ça bien sûr au soleil, sous la douce chaleur de l’été qui s’annonce. Enfin…d’habitude…
Car ces temps-ci, je cause toujours à mes plantes, mais sous la pluie, et j’ai les doigts dans la boue… Est-ce à dire que rien ne m’arrête ? Presque rien, et l’objectif de l’appareil me suit sous les gouttes, observant d’un regard humide ce qui pousse et se porte à merveille…

Car ça pousse au potager, me rappelant sans cesse qu’il y a des saisons et que beaucoup de légumes ne devraient pas encore être sur les étals des grands magasins…
Plantés il y a quelques semaines à peine, puisque le 8 mars, nous étions encore sous la neige, les poivrons sont en fleurs…
Retenue par un petit muret de pierre sèche, la terre est enrichie d’un compost maison et les légumes se passent de tout traitement. Rien pour les chenilles ou les escargots. Rien pour les insectes et les maladies. Ca pousse, tranquillement, sous la pluie….

Une future aubergine pointe le bout de son nez sous le regard admiratif de Clémence qui n’en revient pas. Comment ce légume noir et oblong peut-il être au départ si petit et si éloigné de ce que nous consommerons bientôt… Excellente approche pour enfants que ces quelques plantations gourmandes qui éveillent leur curiosité et leur fait prendre conscience du rythme des saisons. Tout ne pousse pas en même temps, le temps est précieux, la patience de rigueur et les soins indispensables.

Ca pousse aussi du côté des courgettes et des différents pieds de tomates que nous avons planté et j’espère que l’ensemble sera aussi productif que l’an passé… Les récoltes ponctuelles de ces légumes variés, même s’il s’agit d’une production fort humble nous donne des tas d’occasions de chambouler un peu les salades tristounettes ou de poêler tout cela dans un filet d’huile d’olive avec quelques gousses d’ail et une petite branche de thym frais. Des parfums et des saveurs simples, mais qui nous laissent justement de ces sensations gustatives qui ne s’oublient pas…
Il pleut, ça pousse au jardin, et ça pousse aussi dans la maison…

Une patate douce qu’on ne mangera pas …
J’attends juste avec impatience que ses branches la transforme en drôle de plante décorative en attendant de prélever une bouture avec un talon de tubercule pour la repiquer au jardin. Elle devrait se plaire au soleil…

Notre germoir toujours aussi efficace nous offre quand à lui une forêt de jeunes pousses de soja que j’utilise pour les salades. Fraiches et croquantes , les jeunes pousses de graines germées sont très décoratives et offrent des saveurs différentes et parfois très corsées. De quoi titiller les papilles…
Enfin… il pleut, et ça pousse aussi dans la cuisine…

Le levain est à point, bien réactif et très aéré. Presque deux kilos de matière qui devraient me permettre de réaliser 4 pains dans un premier temps, et de conserver le reste pour un prochain rafraichi.
400 gr de levain, 800 grammes de farine T65, 20 grammes de sel et 600 ml d’eau tiède environ pour deux jolis pains au levain à la saveur légèrement acide. Après une dizaine d’heures de pousse, le plaisir d’enfourner les pâtons, de regarder la magie opérer au four, la croute se former, les parfums de pain chaud envahir la cuisine…

Il pleut…
| © Nathalie Marinier-Julien. Textes et images régis par la licence Creative Commons |
Une vraie journée de printemps, douce et ensoleillée…
Se ressourcer au jardin… Un plaisir…
Après un hiver froid, de nombreuses gelées, quelques épisodes neigeux étonnants pour notre région assez peu habituée aux flocons, le jardin faisait triste mine… Beaucoup de plantes et d’arbustes n’ont pas résisté et c’est à regret que nous avons arraché la plupart de nos plantations du printemps derniers. Les jolis solanums bleus qui nous avaient offert une magnifique floraison durant l’été ne seront pas au rendez-vous et je viens de finir de tailler la plupart des plantes pour lesquelles j’ai un doute… Nous patienterons quelques semaines encore en guettant la naissance d’éventuels bourgeons avant de nous résigner à les remplacer…
Du haut de ses six ans et demi, Clémence nous accompagne bien volontiers au jardin. Ensemble, nous arrachons les mauvaises herbes, balayons les allées, arrosons le petit potager que nous avons remis en forme depuis peu : plans d’aubergines, de courgettes, de poivrons, semis de coriandre et de persil, et quelques pieds de tomates très différents (Andines cornues, coeur de boeuf, Marmande anciennes, Mirabelles blanches) que Clémence pourra ainsi découvrir.
Au soleil, dans le calme et la quiétude d’une journée sans obligations particulières, nous nous sommes détendus…
Quelques photophores en bois disposés au creux de larges pots en terre cuite, thym citron, sariette et ciboulette plantés tout près de petits murets en pierres sèches, fauteuils de jardins nettoyés et installés, garnis de nouveaux coussins aux couleurs Indiennes, une ambiance peu à peu redessinée, préparant ainsi la terrasse pour les beaux jours.
Tout près de la cuisine, deux citronniers qui ont été superbes l’an passé, et qui ont également souffert du gel cet hiver, malgré le voile d’hivernage. L’un d’entre eux n’est pas au mieux de sa forme, mais le plus vieux, sans doute plus résistant, nous a offert une dizaine de citrons à la couleur légèrement orangée, délicieusement parfumés. C’est à Clémence que nous avons confié la tache de la cueillette et elle s’en est acquittée avec beaucoup de plaisir !
Que faire avec ces jolis fruits qui n’ont reçus aucun traitement et dont la peau est donc parfaitement consommable ? Je pense préparer un bocal de citrons confits au sel, chose que je n’ai encore jamais faite. Je testerai donc dès demain l’une des recettes de mes bouquins sur le sujet et il faudra ensuite patienter quelques mois avant de pouvoir goûter… Nous patienterons, car j’adore la saveur du citron confit, son goût de sel. Il se marie fort bien avec certaine viandes cuites longuement, avec la paëlla ou le poisson…
Rendez-vous demain donc, si le soleil ne me retient pas trop à l’extérieur, pour la préparation de ces citrons confits…
| © Nathalie Marinier-Julien. Textes et images régis par la licence Creative Commons |
Articles plus anciens »
|
|