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Humeurs

    Humeurs

    L’avant… l’après… et 2016 en gouttes d’eau…

    14 décembre 2016

    Il y dix ans, je créais ce blog, sans savoir qu’il allait façonner des projets divers, m’offrir des échanges riches ainsi que de belles rencontres, m’amener à aborder la cuisine avec une exigence presque douloureuse et  découvrir que je pouvais oser me servir d’un appareil photo professionnel sans trop rougir…

    Ce blog se voulait au départ généraliste. C’était la mode de ce journal à ciel ouvert, j’aimais écrire, c’était aborder le désir de partage et l’envie d’être lue d’une manière « moderne » tout en pouvant rester discrète et relativement anonyme.

    C’était un vrai loisir, un vrai plaisir que de chouchouter cet espace à soi, le regarder évoluer au fil des mois, avoir envie de s’y plonger et observer son audience augmenter discrètement au fil des ans.

    Puis, de généralistes, ces pages sont devenues culinaires……

    La passion pour la cuisine m’a dévorée toute entière durant quelques années, occupant presque chaque espace libre de mon esprit, me plongeant au fil du temps dans une collection de bouquins vertigineuse pour un simple amateur, m’amenant à regarder avec fascination des vidéos de cuisine étrangère dans des langues improbables,  m’arrimant à mon plan de travail et à ma table de cuisson avec une frénésie de curiosité et d’exigence proche de la dépendance…

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    Un atelier de cuisine « loisir » est né de cette passion et durant huit années, pendant presque tous mesweek-ends,  j’ai ouvert les portes de ma maison à des amateurs, des passionnés, des enfants, des ados, des familles, des groupes d’amis, des équipes de travail, en essayant d’offrir mes modestes connaissances, sans autre ambition que celle du partage…

    Cette expérience culinaire d’une richesse humaine extraordinaire m’a énormément apporté.

    J’ai une mémoire redoutable et  me souviens avec force de détails de beaucoup d’après-midis consacrés à la cuisine ou à la pâtisserie, des boites de réalisations emportées avec plaisir par les participants, des échanges autour de la table, des dégustations sur la terrasse autour de la plancha, des ateliers pains qui débordaient de fougasses, de baguettes et de camemberts rôtis ou chacun trempait des morceaux de gressins au cumin et au pavot, des menus de saison et des pâtisseries orientales qui embaumaient jusque dans la rue….

    Je me souviens des visages, des sourires, des confidences, des mails et des conversations émouvantes qui m’ont parfois touchée profondément, que je n’oublie pas et qui restent autant de petites étincelles de couleurs dans les moments ou le manque de cette période me prend…

    Atelier enfants, autour des cupcakes...

    Atelier enfants, autour des cupcakes…

    Les ateliers se sont, depuis, définitivement arrêté, malgré les sursauts de passion qui m’ont parfois fait douter, donné envie d’insuffler un nouveau rythme à ces cours, de nouveaux concepts dans cette toute petite entreprise qui était la mienne, qui ont retenu un temps le lâcher prise que mon corps et mes émotions m’ordonnaient de respecter enfin.

    C’est fait aujourd’hui…

    Avec douleur parfois, avec soulagement souvent, avec nostalgie surtout.

    La cuisine est une école très à la mode aujourd’hui et d’une exigence absolue lorsqu’elle s’expose…

    Il y a une grande différence entre pâtisser ou cuisiner avec passion dans sa cuisine personnelle, partager avec ses amis, ses collègues, sa famille, ses connaissances, sa maitrise de certains gestes professionnels, sa créativité et son désir de faire plaisir et celle de donner des cours de cuisine lorsqu’on a pas obtenu de diplôme, lorsque l’on ne peut revendiquer une expérience professionnelle reconnue au sein d’un établissement sérieux ou lorsque l’on est pas un bloggeur culinaire dit « influent »…

    Que l’on ait un véritable désir de discrétion et d’humilité dans ce que l’on propose, que l’activité ne permette pas d’en vivre compte tenu de tarifs volontairement très abordables et que le public soit justement au rendez-vous ne fait pas gagner en légitimité pour autant et on devient la cible de ceux que notre renoncement arrange ou que notre « succès», aussi modeste soit il, dérange…

    Durant ces huit années, mon corps et mon esprit m’ont pourtant mis en garde… Avec l’épuisement (salariée la semaine et animant mes ateliers le week-end),  mon dos m’a lâchée un soir de décembre, à la fin d’un atelier sushis dont je me souviens pourtant encore tant il était sympathique et chaleureux et seul le bistouri a pu m’autoriser à marcher quatre mois plus tard…

    L’année dernière, j’ai également du renoncer à un atelier tartes et tartelettes en plein cours, laissant mes participantes totalement décontenancées de me voir pâlir de douleur sous mon tablier, quelques calculs de ma vésicule biliaire ayant décidé que c’était pile poil le moment de commencer à méchamment migrer vers mon pancréas… (une petite ablation plus tard, je me suis offert pour mon plus grand bonheur un extracteur de jus pour les bienfaits de toutes les préparations que je me suis alors concoctée pour me remettre… comme quoi ma grand-mère avait raison, « il n’y a pas de mal qui ne soit pour un bien… »)

    Entre les deux, la maladie d’Alzheimer de ma mère s’est arrangée pour s’insinuer profondément dans ma vie, au cœur même parfois de ma raison et m’a fait jongler entre la nécessité absolue de garder le cap, le désir de fuir toutes contraintes à l’autre bout du monde, la foi de croire que malgré tout, il suffit de « vouloir pour pouvoir » et la pratique assidue de la sophro pour me rassembler toute entière…

    Et puis, dans une existence, certaines rencontres, parce qu’elles sont sincères, perdurent et s’épanouissent pour peu qu’on leur en donne le souffle, la chance d’exister et de se poursuivre ; certains projets communs, même imparfaits, murissent, grandissent et à défaut d’absolu, apportent leur lot d’énergie et de bonheur, pour peu qu’on les acceptent tels qu’ils se présentent, même bancals, sans jamais y renoncer.

    D’autres disparaissent de notre vie.  Parfois en douceur parce que les chemins se décroisent simplement au fil du temps. Parfois avec douleur, au gré de l’indifférence et du silence qui nous est adressé.

    Et la suite est inscrite ça et là, au hasard des billets de ce blog, qui ont « lâché » de temps en temps des bribes de confidences sur les gouttes d’eau qui remplissent parfois un peu trop le verre. Le mien était un peu trop plein fin 2015, 2016 a achevé de le remplir en chagrins souvent mais en douceur aussi…

    Car ce billet, le dernier de 2016, n’est pas un billet triste.

    Le verre plein n’est pas que le symbole auquel on associe l’entassement obscur de tout ce qui ne va pas dans notre existence. Il est aussi représentatif des mouvements de la vie et de ses va et vient, ses instants précieux comme ses moments de douleurs. Il font partie de nous, de nos émotions et heureusement, nous permettent de nous construire, de changer et d’apprendre…

    Dans le  chaos de ce monde, dans la douleur que l’actualité  nous rappelle sans cesse, sans que nous ne sachions comment agir, comment devenir un peu plus acteur non armé du destin d’un monde qui appartient à tous, chaque instant de bonheur, de partage sincère, de don, chaque sourire ému, chaque moment que l’on consacre à l’épanouissement de notre instant présent est une chance.

    2016 m’a souvent éreintée, m’a plongée durant six mois dans le tri des meubles, des objets et des souvenirs de mes parents après le décès de ma mère. Il m’a fallu trouver les ressources de faire un deuil presque impossible au milieu du parfum des vêtements, des photographies, des jouets d’enfance et des milliers de petites et grandes choses qui chacune portait une habitude, rappelait un geste, un contexte, une ambiance. Mais en même temps que cette maison se vidait, une autre se remplissait dans mon cœur. Elle m’a permis de tenir, de garder un cap, de m’ouvrir un espace d’espoir et de vie.

    Malgré les difficultés, malgré le chagrin que certains moments ont gravé dans mon cœur et mon esprit en cette fin d’année, le désir de créer, de nourrir l’espace et le temps autour de moi est heureusement resté. J’ai poursuivi mes mille et une activités créatives,  le crochet, la peinture, le tissage, la restauration de meubles, la peinture sur galets. Entre autre….

    Et puis la maison de mon cœur m’a ouvert ses portes, et je suis aujourd’hui davantage ourlée d’enduit de façade, de plâtre, de ciment et de poussière que de farine et de sucre… Et ça me va…

    Dans ce nouvel espace, je construis ce qui vit dans ma tête. Ce que mes parents auraient aimé y voir. Ce que mes filles aimeront peut-être un jour y trouver. J’y puise des ressources vitales, nécessaires. Lorsque je m’y trouve, j’y plonge à corps perdu et j’oublie ce qui cogne à mon cœur.

    Mon grand frère Jean-Michel m’a dit un jour « on ne choisit pas une maison, c’est elle qui nous choisit ». Il a raison. Chaque jour, je repense à la manière improbable dont je l’ai découverte, mes pas en avant et mes pas en arrière, mon coup de cœur pour sa vue sur le Vidourle et pour les nids d’hirondelles accrochés sous les fenêtres, le sentiment de paix qu’elle inspire, comme une grande dame douce, toute auréolée d’histoires familiales, de souvenirs, d’amour et de vie.

    Porte de ma maison, tout juste rénovée par mes soins...

    Porte de ma maison, tout juste rénovée par mes soins…

    J’en ai oublié la cuisine, l’odeur des épices, le contact de la pâte à pain, la saveur des bouillons de poule, la chaleur des sauces épicées, la passion des lectures culinaires qui me tenaient éveillées une partie de la nuit… j’en ai oublié la cuisine, ou peut-être est-ce elle qui m’a oubliée…

    2016 en gouttes d’eau, c’est le verre qui finit de se remplir.

    Avec les multiples émotions qui m’ont bousculée et terriblement malmenée ces derniers semaines, avec le sentiment d’être égarée, sans repère, sans amarre.

    Avec heureusement, des moments précieux de douceur auprès d’amis de cœur, qui savent écouter,  offrir, consoler et entourer.

    Avec le désir que 2017 ouvre ses portes sur une actualité plus sereine, porteuse d’espoir, de paix, de tolérance et de tempérance.

    Avec un nouveau blog qui se refait actuellement une beauté et partagera avec vous, je le souhaite,  l’histoire d’une nouvelle page, pleine de différents sujets, d’idées, de couleurs, de rythmes…

    J’espère que cela vous plaira………

    A tous, je souhaite de très belles et très douces fêtes de fin d’année…

    A bientôt…

    Vue sur le Vidourle, de la maison....

    Vue sur le Vidourle, de la maison….

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