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Histoire de maison

    Histoire de maison

    Rénover, meubler, décorer. Réparer et se réparer…

    20 mars 2017

    Mes billets portent la plupart du temps, un brin de mélancolie. Un brin.

    Et parfois toute la branche…

    Quelque soient les sujets que j’aborde, j’avoue avoir du mal à écrire de manière légère, tant ce qui m’a construite une partie de ma vie l’a été sur un mode bancal et douloureux.

    Nombre de mes tiroirs portent les traces de ces douleurs à travers les dizaines et les dizaines de pages d’écriture qui ont écouté se coucher patiemment mes confidences, et il y a ce journal à ciel ouvert, qui, sans me voir m’épancher sans cesses en paroles bancales,  laisse sans doute transparaitre un voile grisé d’émotions tristes.

    J’écris cela comme pour m’excuser auprès de vous, lecteurs, fidèles ou de passage, pour ces petits bouts de conversations personnelles qui viennent souvent troubler des sujets qui devraient être limpides, ordinaires, dépouillés de toute considération intime.

    Un jour, j’arriverai sans doute à venir ici causer d’une idée de recette de saison en entrant dans le vif du sujet au sixième mot de la phrase ou à photographier une rénovation de table de cuisine ou de fauteuil Voltaire avec un tutoriel clair, concis et précis en quelques lignes et quelques tirets.

    En attendant, la maison qui m’accompagne depuis quelques mois maintenant m’aide, chaque fois que je vais y travailler, à plonger mon esprit et mon corps dans une sorte de grande bulle d’apaisement, et c’est tant mieux parce que depuis quelques mois, je peinais à retrouver cet espace de tranquille réserve, d’introspection vitale dont j’avais tenté, à tort, de m’extraire durant presque trois ans.

    Mes billets récents vous parlent donc souvent de ces murs, après avoir tant parlé cuisine durant des d’années… L’ envie de cuisiner fluctue en fonction des couleurs de l’âme. En tout cas, c’est ce que j’ai toujours pensé. Tant que les couleurs ne sont pas vraiment revenues, hormis pour le pain au levain réparateur,  je déserte les fourneaux… peut être pour mieux y revenir un prochain jour…

    Voilà, après être tombée dans ce que je souhaiterais justement éviter … je vais à présent rentrer dans le vif du sujet de ce billet…

    J’adore chiner. Détourner. Offrir une deuxième vie aux objets oubliés, jetés, vendus quelques euros dans les vides grenier, les puces, ou chez Emmaüs.

    J’adore trouver des trucs abimés dont personne ne veut. Des meubles sales qui ne donnent pas très envie au premier abord de s’investir et pourtant… Ces objets ont eu une vie, ont séduit, ont été sans doute aimé, (quoiqu’on puisse en douter car on n’abandonne pas ce que l’on aime………..) avant qu’on décide de les « jeter » pour passer à autre chose……….

    Ces meubles, ces objets, j’en  fait parfois le tour, je réfléchis pour finir par les emporter ensuite avec la fébrilité d’une gamine. D’autres fois je n’hésite pas, comme si une petite voix intérieure me disait « c’est un bon choix »…

    Pour moins de 15 euros, j’ai acheté l’ensemble de ces objets : quelques corbeilles pour  accueillir mes pâtons de pain au levain, une lampe en osier, presque neuve, un vieux saladier ébréché qui me servira de cache pot, un  moule à gâteau en fer, un petit tableau provençal, un miroir en bois vraiment mignon, lui aussi quasi neuf, un range couvert et une petite table de nuit à qui l’on avait décidément fait bien des misères…

    Si vous l’observez attentivement, vous remarquerez que ses pieds sont lestés de deux panneaux de bois fixés entre eux par de vieilles vis et recouverts d’un carré de lino, en partie décollé, le tout sur roulettes… Plus de poignées au tiroir et à la porte et des traces de colle, souvenirs sans doute d’un autre carré de lino, en accord avec celui de dessous… Je passe sur les tâches et les éraflures diverses qui rendaient cette table de nuit fort peu séduisante. Des dizaines de personnes sont passées devant elle sans la voir, pendant que j’observais d’autres meubles anciens, moins abimés, avant de faire mon choix…

    Retirer le « lestage » a pris quelques minutes, gratter la colle, un peu plus, poncer et cirer l’ensemble également.

    J’ai ensuite récupéré deux vieux boutons de porte d’armoire blancs, un peu trop grands (et remplacés depuis) afin de rendre à ce petit meuble sa fonctionnalité. Il a ensuite trouvé sa place dans la première pièce de la maison, qui après de nombreux week-ends de travail, est enfin presque terminée….

    Très peu de choses neuves entrent dans cette maison. Même l’électroménager est acheté d’occasion, histoire de conjuguer économie, écologie mais aussi réutilisation et exploitation de ce qui fonctionne encore.

    Cette première pièce portait à l’origine les traces d’un vécu. Comme toutes les maisons anciennes dont on se désinvestit un jour ou l’autre pour de multiples raisons.

    Décrouter l’un des murs pour revenir aux  pierres apparentes et retirer la peinture au plomb de l’ancienne porte en bois a pris quelques semaines. De longues heures ont également été nécessaires pour  gratter puis ré-enduire les autres murs avec une préparation à base de chaux. Mes mains en portent encore certains stigmates et aujourd’hui, après avoir passé une dizaine d’heures à genoux à poser du parquet auto adhésif (très agréable au pied, peu cher au mètre carré, facile à nettoyer et à remplacer), je ne sens plus les muscles de mes jambes…

    La pièce n’est pas encore terminée, mais sous le soleil de ce week-end, avec le chant des oiseaux et les voix joyeuses des randonneurs qui passaient sous les fenêtres, il faisait bon savourer le résultat avec ses nouvelles couleurs…

    Cette pièce fait partie d’un espace qui sera loué le week-end ou la semaine pendant la belle saison. Je souhaite que cet appartement soit chaleureux, accueillant, que l’on s’y sente bien.

    Il y a encore énormément de travail, mais il faut savoir avancer à petit pas…

    Tout l’ameublement présent ici a été chiné, hormis quelques rares exceptions.

    Quelques objets appartenant à ma mère ont trouvé leur place…

    Le petit bureau et la chaise se trouvaient dans le garage de mon père. Il s’en servait pour bricoler. Après nettoyage, ponçage traitement et vernis, je lui ai donné une fonction plus… classique…

    Et je pense à mon père chaque fois que je le regarde…

    La commode, j’en parle ici

    L’ancien lit de bébé transformé en banquette s’est trouvé sur mon chemin au hasard d’une rencontre sur Le Bon Coin… J’étais venue pour acheter une grande armoire en bois à 20 euros et je suis repartie avec une remorque de meubles et d’objets divers pour une somme vraiment modique…

    Au fil des mois, cette maison et toute l’énergie que je lui offre me donne le sentiment de panser certaines émotions. Et de penser à d’autres….

    Rénover l’oubli, le cassé, le fracassé, meubler un espace vide, décorer cet espace pour le rendre accueillant, chaleureux, c’est aussi faire du bien aux blessures de l’âme.

    Elles ne disparaissent pas.

    Mais on apprends à les contourner. Tout doucement…

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