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Miam !

    Miam ! Pains au levain

    Bread therapy…

    28 janvier 2017

    Le pain, c’est la vie…

    Une magie à chaque fois…

    Une bouffée d’oxygène…

    Une plongée dans l’instant présent…

    Et je ne parle pas de le manger… Je parle de le faire…

    Il y a dans la création et l’entretien de son levain, dans le pétrissage de la pâte, dans les actions et les soins à mettre en place pour arriver à un résultat, dans la sensualité des gestes, dans les effleurements, dans les caresses (car une pâte à pain ne se malmène en aucune façon…) un souffle réparateur…

    En tout cas, c’est ainsi que je le vis. Particulièrement en ce moment…

    Je me suis remise au pain il y a peu. Mon levain Chef conservé depuis deux ans au frigo s’était figé en une sorte de masse dure et blanche, uniforme, sans odeur, un peu comme une couche de plâtre épais qui aurait durci en épousant la forme de son contenant. J’étais persuadée de ne rien pouvoir en faire…

    Je suis donc repartie sur la fabrication d’une base de levain avec de la farine de seigle, du miel, de l’eau tiède, en espérant que la magie opère et que le tout se mette à buller, à s’exprimer, à vivre…

    Et puis j’ai décidé de casser un morceau de mon « plâtre », de le réduire en poudre et de l’ajouter au mélange précédent, juste pour voir, le tout recouvert d’un carré de tissu, déposé sagement sous le radiateur de la cuisine, avec l’intention de poursuivre ce que l’on appelle les « rafraichis » pour donner naissance à un nouveau levain.

    Le lendemain, ma préparation avait tant bullé qu’elle avait débordé, mon levain bien vivant criait famine, et mon « plâtre » endormi venait de m’assurer qu’il avait très envie de reprendre l’aventure des pains avec moi…

    Dans les résonances particulières de ce début d’année où j’ai plongé à corps perdu dans mille et une actions destinées à ré-accorder le cœur et la pensée, avec  -en dehors de mon boulot-  la peinture sur galets, les travaux de rénovation, la création d’objets et de meubles en matériel de récup, la couture, les amigurumis au crochet, la permaculture, la photographie et toutes les idées de dingue qui galopent dans ma tête, j’ai confié mes deux mains à toutes sortes de farine, de la T65 à la farine de petit épeautre, en passant par la farine bise, la farine de seigle, celles aux céréales, etc…

    J’ai totalement renoncé au robot pétrisseur, je me suis acheté une vulgaire bassine rectangulaire en plastique pour travailler ma pâte, j’ai dépoussiéré une vieille pierre à pain qui se la jouait Belle au bois dormant sur une étagère et j’ai potassé sur le sujet. Le jour. Et la nuit… (On ne change pas les mauvaises habitudes, même lorsqu’on les sait nécessairement épuisantes. Je fonctionne ainsi…..)

    Deux ans sans faire de pain ne fait pas oublier les gestes précédemment acquis. Le pain, ça ne s’oublie pas. C’est juste qu’en foutue perfectionniste, je considère qu’on peut toujours faire mieux, qu’on peut toujours mieux comprendre, que le pain peut toujours être meilleur, plus fruité, plus alvéolé, avec une croûte plus belle, de belles grignes bien ouvertes, bref… la cuisine, si ça doit repartir, je sens que ça passera par la douceur du pain, sa générosité et son symbole de partage…

    Sur ces pages, en cherchant un peu au temps ou je débutais, puis un peu plus tard lorsque j’ai mieux compris les choses, vous trouverez pas mal d’informations pour faire naître un levain et réaliser un pain convenable,

    Rien de professionnel, rien d’absolu, rien de très ou trop technique, juste une expérience.

    Je débute une nouvelle aventure avec deux levains différents (pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué, et je viendrais vous en reparler au fil de l’évolution de mes tests). Si vous êtes dans ma région (Hérault), sachez également que je peux vous offrir du levain avec grand plaisir, ça déborde un peu à la maison….

    Ici, levain dur avec une base de préparation très humide (68% – rapport eau/farine).

    Appétissant n’est ce pas ?…

    Pourtant il faut bien commencer par là, oser plonger ses mains dans cette masse difficile à agglomérer, en avoir plein les doigts, ne plus trop savoir comment rassembler le tout, jusqu’à ce que ça se mette à prendre forme, à se structurer pour parvenir à obtenir quelque chose de relativement « manipulable ».

    Ici levain liquide avec une base de préparation tout aussi humide :

    Pas plus appétissant, mais tout aussi intéressant à utiliser pour comparer, tester, observer ce qui se passe avec l’un, avec l’autre…

    Tout cela, c’est de la magie, de l’émerveillement un peu enfantin, de l’ordre de ce que l’on peut ressentir quand on est gamin, que l’on fait germer des lentilles dans du coton et que tous les jours, on constate que les nouvelles pousses ont grandi par rapport à la veille…

    Bref, quel sens a donc ce billet  s’il ne vient pas vous causer directement de « Comment faire son pain au levain »…

    Et bien dans un premier temps, il vient vous dire autre chose…

    La vie, les rencontres, les départs, les abandons, les émotions, malmènent le cœur et l’esprit. Et il est  parfois très douloureux et très compliqué de retrouver des couleurs, de l’apaisement, de la confiance, de l’énergie…

    Faire son pain a véritablement quelque chose de thérapeutique…

    Des vertus relaxantes et douces. Un recentrage. Une aide à la concentration, un retour aux sensations, un lien, un rythme, une attention particulière, des rendez-vous autour du levain à rafraichir, des rabats à programmer, deux périodes de levées, une mise en forme, une cuisson au four.

    Tout cela passe par le toucher, le contact, le regard, le goût, la saveur, les parfums…

    Tout cela passe par la transformation d’une matière qui au départ ne ressemble pas à grand chose à un  pain à la mie aérée et à la croute couleur caramel…

    Je passe en ce moment de longues minutes assises devant la vitre du four à contempler mes pains, observer les pâtons gonfler, se transformer, surveiller leur couleur, observer leur comportement, comparer, réfléchir, étudier et ré-étudier pour tenter de faire mieux la fois suivante…

    A la fin de la cuisson, le pain chante… Il « pétille » quelques instants avant de commencer son refroidissement.

    Il faut alors avoir le courage d’attendre qu’il ait refroidit pour pouvoir le déguster et qu’il soit digeste… Je n’y parviens pas toujours…

    Quelques tests encore et c’est promis, je viendrai partager ici mes expériences de passionnée.

    En attendant, et parce que cela rejoint si fort l’idée de toute la symbolique du pain, la notion de partage, de générosité et d’amour, j’ai envie de dédier ce billet à tous ceux qui savent justement aimer, soutenir, rassurer et  réconforter.

    Tous ceux qui savent être et rester présents, sincères, toujours là, quoiqu’il arrive, quoiqu’il se passe, contre vents et marées.

    Ceux qui portent toujours en eux la douceur de la bienveillance, l’honnêteté des sentiments, la bonté d’âme et de cœur.

    Ceux qui n’abandonnent jamais, sur lesquels on peut toujours compter, qui restent des points d’ancrages si doux et si forts qu’à eux seuls, en quelques gestes ou quelques mots, ils savent transformer les larmes en sourires…

    Sentir vivre et s’exprimer parfois toute notre fragilité au cœur même de notre âme, c’est aussi l’expression de la sensibilité et de l’humanité qui est en nous. Sans elle, nous ne serions pas ce que nous sommes.  Ce qui me fait partager ceci pour conclure :

    “Les gens n’ont de charme que par leur folie.   Voilà ce qui est difficile à comprendre. Le vrai charme des gens c’est le côté où ils perdent un peu les pédales, c’est le côté où ils ne savent plus très bien où ils en sont. Ça ne veut pas dire qu’ils s’écroulent au contraire, ce sont des gens qui ne s’écroulent pas. Mais, si tu ne saisis pas la petite racine ou le petit grain de folie chez quelqu’un, tu peux pas l’aimer.  On est tous un peu déments, et j’ai peur, ou je suis bien content, que le point de démence de quelqu’un ce soit la source même de son charme.” Gilles Deleuze

    …et pour ce qui est de faire son pain au levain, c’est promis, je reviens très bientôt vous en parler tout doucement à l’oreille…