Chaque jour durant 3 mois et demi, en ouvrant la porte de mon frigo, j’ai jeté un regard désolé sur le gros saladier en verre dépoli qui abritait mon levain.
Chaque jour je me suis demandé si les quelques soupçons d’énergie qui m’habitaient pouvaient me permettre de lui redonner vie.
Chaque jour, j’y ai renoncé, la douleur terrassant ma conviction à la combattre sur son propre terrain…
Aujourd’hui, l’énergie refaisant surface sur de nouveaux accords, il était impératif que la cuisine embaume le pain chaud, le miel, les graines de cumin légèrement grillées…
J’ai commencé en douceur pas un joli panier de pains blancs…
Farine T55, levure fraiche, sel, eau tiède en abondance et pétrissage soigné. Votre pâte ne doit JAMAIS ressembler à une pâte à gâteau ! Souple, très humide, elle doit laisser la levure s’exprimer et une pâte trop dense le lui interdira ! D’où un pain dur comme un caillou à la sortie du four.
Une jolie pâte à pain, prête pour le pointage, c’est un peu la douceur et la rondeur d’une jolie joue rebondie !
Pas de pains blanc sans baguette, de celle que l’on dégustera encore un peu tiède, lorsque la croute est croquante, avec un bon morceau de camembert, de bonnes rillettes maison ou un peu de beurre demi sel, juste pour le plaisir…
Rassurée par ce beau résultat, sans trop de fatigue, j’ai osé jeter un oeil à mon levain oublié (pour la seconde fois) et cette fois beaucoup plus longtemps que la première. Pas d’odeur… Pas désagréable en tout cas.
Sur le dessus, une croûte épaisse, dans les tons bruns. Dessous, une masse blanc cassé, assez compacte, mais encore en vie… Après quelques heures à température ambiante, j’ai prélevé 200 gr de cette matière et l’ai mélangé à de la farine de seigle, du miel et de l’eau tiède.
Au four à 30 ° durant quelques heures, et réveil lent mais sûr…
Le lendemain, re-prélèvement de 200 gr de matière, puis ajout de farine T55 et d’eau tiède. Réveil en beauté…
30 minutes de préparation et de pétrissage au robot (car je n’ai pas encore la force de travailler la pâte à la main…) puis une levée d’une douzaine d’heure au frigo…
Voilà… Prêt à être enfourné, et toujours aussi parfumé…
Je fais du pain depuis près de 6 ans maintenant, et je peux dire en toute sincérité que chaque fois, l’intensité d’un pain au levain sortant du four est magique. Parce que le pain n’est jamais le même, qu’il n’a jamais la même forme, qu’il « s’ouvre » de manière différente, qu’il prend une couleur caramel qui craque et « chante » en refroidissant…
Grillé au petit déjeuner, il est sublime…
Je reste émue que trois longs mois n’ai pas eu raison de ce symbole de vie et de partage. J’aime à y voir de jolies promesses…
Un atelier pains vous tente ? N’hésitez pas ! Les dates proposées figurent dans la catégorie « planning » de l’atelier.
| © Nathalie Marinier-Julien. Textes et images régis par la licence Creative Commons |















































