Légumes et plats

Velouté de courge Butternut, ravioles de poulet au gingembre…

2 octobre 2012

Avec la rentrée des classes, les semaines succèdent aux semaines sans que je ne parvienne à maitriser le temps.

Le temps de m’occuper de mon jardin, du bazar que la maison produit de manière incontrôlable, des recettes que j’ai envie de décliner à ma manière, des lectures diverses qui s’empilent au pieds de mon lit sans que je ne parvienne jamais a les terminer.

Avec la rentrée des classes, l’atmosphère est différente, chargée d’une ambiance d’urgence, de cadences diverses que je préfèrerais fuir, même si elles font partie de dix mois de l’année…. Courir pour amener la plus petite à l’école, courir pour arriver au bureau sans être outrageusement en retard, courir pour les courses et les ateliers du week-end, courir entre les devoirs de philo et les rapports de stage, entre les impératifs de la maison et ceux du travail, entre ce que l’on a à faire et ce qui pourrait attendre, entre ce que l’on programme et que l’on s’impose donc de réaliser…

Même si nous avons la chance d’avoir un soleil généreux au-dessus de nos têtes la plupart de l’année, je n’aime pas voir le jardin s’incliner devant l’automne qui s’annonce. Je n’aime pas la fraicheur des matins et l’horizon qui décline de plus en plus tôt le soir. Je n’aime pas les aiguilles de pins qui jonchent la terrasse et nous rapproche donc de l’hiver.

Même si les saisons jouent leur rôle bienveillant, je n’aime pas que l’été m’échappe, l’été et l’énergie de sa lumière, de sa chaleur, de ses couleurs, la douce ambiance des photophores sur la terrasse, les légumes sucrés du potager, les chats qui se prélassent sur les coussins, abandonnés et bienheureux…

Râleuse je deviens à l’automne. Râleuse, ronchon ou  grincheuse. Et peut-être même les trois à la fois…

Il y a pourtant une chose que j’aime aux portes de l’automne, ce sont les paniers de légumes Bio que mon petit producteur local me porte chaque semaine à partir de septembre. Parce que j’adore ne pas choisir ! J’adore avoir la surprise de ce qui va composer mes menus de la semaine.

Souvent, Clémence parait dubitative devant ces paniers :

– « Sont pas beaux tes légumes…, sont plein de terre, regarde… »

– Oui, c’est vrai que certains ne sont pas très beaux… mais ils sont bons, c’est l’essentiel, tu ne crois pas ?

– Ché pas… j’aime pas les légumes… »

Clem n’aime pas les légumes et mes grandes non plus, mais hier soir, l’un des produits de mon panier a pourtant fait l’unanimité…

Je les trouve belles ces courges qui vont s’installer sur les étals des marchés pour l’automne… avec leur formes différentes, leur écorce épaisse, leur cœur sombre couvert de graines. Ici, c’est une courge Butternut, à la peau claire et à la forme particulière. Les graines se trouvent dans la base, la partie la plus renflée de ce légume-fruit à la chair douce, délicatement parfumée  et peu sucrée.

Pour préparer cette courge et la découper le plus facilement possible, il faut commencer par la trancher au bord de la partie renflée, de manière à éplucher le haut avec un économe, jusqu’à ce que la chair orangée apparaisse.

Puis on prépare le bas en prélevant les graines (qui se mangent !) et en prenant garde à ne pas se blesser, car la peau reste épaisse et pas si facile que  cela à retirer…

Pour cuire cette courge, après l’avoir épluché, j’ai choisi de la découper en gros dés, de manière à faire fondre les morceaux dans un faitout, avec un fond de beurre et un petit oignon ciselé. On enrobe le tout de matière grasse en mélangeant, sur feu pas trop vif, sans laisser l’oignon colorer pour ne pas qu’il apporte de l’amertume au plat.

Les graines peuvent être rincées puis soigneusement séchées avant d’être frites dans l’huile et légèrement salée. Attention elles claquent comme du popcorn en fin de cuisson !

Pour accompagner mon velouté de courge Butternut, j’ai choisi de préparer quelques ravioles de poulet au gingembre et à la ciboulette chinoise.

J’ai prévu trois ravioles par personne et comme nous somme six à la maison, je vous communique ici les proportions pour 18 pièces :

– De la pâte à Wonton ou à Gyoza, ou si vous êtes courageux, de la pâte à ravioles maison !

– 2 blancs de poulet déjà cuits (j’ai utilisé les restes d’un poulet roti de la veille)

– 2 brins de ciboulette chinoise

– 1 petit morceau de gingembre de 2 cm, épluché et râpé.

– Quelques gouttes d’huile de sésame

– Sel et poivre du moulin

– 1 petit œuf pour lier l’ensemble.

Déposez sur vos disques ou vos carrés de pâte, une petite cuillerée à café de farce, humidifiez les bords et refermez chaque raviole soigneusement.

Réservez les.

Pour assouplir mes dés de courge et les mixer ensuite  finement, j’ai préparé un bouillon de poulet, avec la carcasse du poulet rôti de la veille, comme cela on ne jette rien ! 😉

Coupé en plusieurs morceaux, je l’ai fait revenir dans un fond d’huile d’arachide tout en mélangeant quelques minutes pour laisser colorer. J’ai ensuite ajouté un petit poireau et une carotte coupée en rondelles. Puis j’ai ajouté de l’eau à couvert. Un peu de sel, un peu de poivre, et le bouillon  se parfume doucement…

Lorsque les morceaux de courge ont commencé à s’assouplir un peu, ajoutez le bouillon, l’équivalent d’un litre pour une courge. Laisser compoter l’ensemble à couvert et à feu doux pendant une quinzaine de minutes. Goutez et rectifier l’assaisonnement.

Mixer ensuite finement les morceaux en velouté, avec une partie, voire la totalité du bouillon restant et ajoutez 10 cl de crème liquide.

Réservez en couvrant au contact, pour éviter qu’une peau ne se forme sur le velouté en refroidissant.

Au moment de servir, cuire les ravioles quelques minutes dans de l’eau bouillante (le mieux c’est dans un bouillon de poule, mais je n’en n’avais plus…), égouttez les et réservez les au chaud.

Disposez 3 ravioles par assiette, et recouvrir du velouté de courge Butternut en laissant les ravioles apparentes.

Perlez la surface du velouté de gouttes d’huile de sésame, disposez quelques feuilles de basilic Thaï ou de ciboulette chinoise ciselée  sur le dessus de votre assiette et parsemez de quelques graines de courges frites pour apporter une petite touche de croquant.

Dégustez bien chaud.

L’une de mes filles m’a dit hier : « c’est la meilleure soupe du monde que j’ai jamais mangé… » Et comme le compliment est plutôt rare à la maison lorsqu’il s’agit de préparations à base de légumes, j’ai enregistré le message dans la case « mémoire double sécurité à codes multiples » de mon cerveau et l’ai pris comme le plus joli compliment du monde que j’ai jamais entendu… 😉


Partager ce billet

Vous aimerez aussi

6 Commentaires

  • Répondre Jean-Louis 3 octobre 2012 à 4 h 06 min

    Bonjour Nat,
    Enfin, je vous retrouve avec vos superbes photos et cette nouvelle recette d’automne. Et avec le plus bel ingrédient, cette écriture qui nous fait voyager, respirer, humer.
    Merci.
    J-L

    • Répondre nat 3 octobre 2012 à 9 h 07 min

      Jean -Louis : le temps me manque… raison de ma discrétion… Bonne journée à vous.

  • Répondre Clémence 3 octobre 2012 à 9 h 52 min

    Bravo car c’est splendide !

    • Répondre nat 3 octobre 2012 à 9 h 53 min

      Clémence : merci ! Et bonne journée à toi ! 🙂

  • Répondre crepel 3 octobre 2012 à 17 h 39 min

    Bonjour,
    Est-il indispensable d’éplucher ce légume que je n’ai jamais cuisiné !
    Le potimaron ne s ‘épluchant pas nous facilite la tache !
    Ah… s’avoir patienter et rêver du prochain été… surtout chez vous, il est si long !
    Le pariotia persica de mon jardin me ravit tout l’automne avec ses couleurs flamboyantes… ce sera le dernier arbuste à perdre ses feuilles… petit bonheur automnal… merci pour le petit bonheur de vous lire…

    • Répondre nat 8 octobre 2012 à 15 h 11 min

      Marie-José : la courge butternet a une peau relativement fine mais dure. Ne pas retirer la peau fait gagner du temps, mais pour arriver à la chair orangée, j’ai tout de même passé un certain temps à la peler… Je ne suis pas certaine, mais si certains la cuisine effectivement avec la peau, de trouver le résultat aussi doux et lisse en bouche.
      Autre élément : si elle a été traitée, mieux vaut je pense en retirer la peau de toutes façons….

      Bonne journée. 🙂

    Répondre à Jean-Louis Annuler la réponse