Les galets égarés

Détruire un galet peint…

16 février 2017

Je déteste prendre l’avion. Au point que l’on peut dire que je me prive de certains voyages pour ne pas avoir à vivre ces quelques heures suspendues dans les airs,  moi qui aime tant me sentir ancrée au sol…

Je n’ai donc que fort peu l’habitude de ce que l’on a le droit d’emporter dans son bagage à main, ce qui est autorité ou interdit, pas plus que je ne savais que l’on doit passer les systèmes de sécurité déchaussée, qu’un jonc de famille au poignet auquel je tiens énormément et qui ne me quitte jamais peut faire sonner le portique au point de me faire passer et repasser cette barrière pour trouver ce qui déclenche l’alarme…

Je ne savais pas non plus qu’un galet peint emporté dans mon sac pour être déposé quelque part une fois arrivée au terme de mon voyage allait poser un souci qui m’a retourné l’estomac… et c’est d’autant plus étonnant que je me sépare chaque jour de galets auxquels je tiens, sans savoir ce qu’ils deviendront ou qui les trouvera, sans que ce soit trop compliqué émotionnellement…

Il était vraiment joli celui-là… Peint à l’encre de chine et à la plume dorée, tout en rondeur, brillant et doux comme peuvent l’être certains galets polis et repolis par le sable et l’eau de mer…

Il était joli, et il faisait partie d’une « série blanche » sur laquelle je travaille en ce moment, inspirée de certains créateurs de mandalas que j’adore…

Seulement voilà… Ce galet a été considéré comme un objet contondant, a été confisqué par les services de sécurité pour être détruit, sans que je puisse même l’offrir à la personne qui le tenait dans les mains, le regard désolé…

Et là, ça m’a fait quelque chose. Vraiment.

Il est normal bien sûr d’appliquer les consignes de sécurité destinées à tous et en aucun cas je ne me permettrait de contester cela. Si j’avais su qu’un « objet d’art » aussi modeste soit-il terminerait dans un container à poubelles, que sa destination d’être « offert » à qui le remarquerait et l’emporterait n’aboutirait pas, qu’il finirait au milieu de bouteilles plastiques, d’objets inutiles et de flacons trop encombrants, je l’aurais laissé patienter sur le bord d’un muret, au milieu d’un jardin, au pied d’un olivier ou sur les bordures d’un parking,  pour qu’il conserve son sens…

J’ai voyagé en pensant à lui, en ayant le sentiment d’avoir perdu quelque chose auquel je tenais, envahie par une curieuse sensation de tristesse qui ne s’est pas encore tout à fait dissipée…

J’espère aussi et surtout que les deux galets que j’ai déposé sur un banc, à l’entrée de l’aéroport, juste avant d’embarquer et de « perdre » le troisième, n’auront pas subis le même sort …

J’espère qu’ils ont été trouvés par un voyageur arrivant, par un passant, un curieux, quelqu’un à qui ils ont plu… Et qu’ils ne sont plus égarés.

Et surtout pas « détruits »…

Et pour le principe des « galets égarés », c’est par ici….

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1 commentaire

  • Répondre Lou une aiguille dans l'potage 17 février 2017 à 18 h 41 min

    Quel dommage, il était vraiment si beau !

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