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Poule au pot… façon blanquette…

Par nat, jeu 10 fév 2011 à 14:02 :: Légumes et plats — Mots-clefs :, ,

Je suis en mode « tortue ».

Pas celle de la Nouvelle Star, car si j’avais de la voix, je passerais mon temps à chanter gaiement pour occuper mes journées et charmer mes délicieux pitbulls.

En mode tortue à carapace, celle-là même qui mets deux heures à se déplacer lorsqu’elle le décide. Celle-là même qui se planque dans sa vaste demeure si la moindre ombre inquiétante surgit dans son périmètre visuel direct…

La carapace ne me sied pas si mal que ça par ailleurs. Elle me permet de passer relativement inaperçue dans mon superbe pyjama dépareillé  dans lequel j’erre depuis quelques semaines, de cacher ma chevelure devenue hirsute depuis qu’elle se fait « brusher » quotidiennement par mon tendre canapé et de ne pas mettre le nez dehors lorsque je sens mon humeur osciller entre vinaigre d’alcool et piment de Jamaïque.

Ah qu’il est ABSOLUMEEENNT INSSSUPOOOORTABLEEEEEUUU  de rester des journées entières à couper la moindre action en 250 petites parties, genre dessin-animé, vous voyez…

Dessin 1, je me lève.

Dessin 2, j’avance une patte.

Dessin 3, j’avance l’autre patte.

Dessin 4, je tend la main.

Dessin 5, j’attrape un verre.

Dessin 6, le pitbull rapplique. (Déjà)

Dessin 7, le pitbull me chope le mollet. (Pendant que l’eau coule dans le verre et que mon visage porte, à peu de chose près, la même expression que celle d’un marathonien au 42ème kilomètre )

Collez tous les petits dessins ensemble et lancez l’animation : OUUAIIIS, c’est hyper vivant, hyper dynamique ! Ça bouge bien !

Bon, ben des petits dessins animés comme ça, j’en fait 800 par jour. Pour boire un verre, pour attraper un bouquin, pour répondre au téléphone, pour me brosser les dents etc etc…

Ce que je ne vous ai pas dit, c’est que pour cuisiner, même des crêpes au chocolat, même un petit cake à la banane, même une banale poule au pot, mon dessin animé est en 3 volumes de 392 pages…

Autrement dit, au nombre de plans séquences à tourner, le réalisateur et son équipe sont depuis longtemps passés chez la voisine pour mettre en boite sa mousse au chocolat minute….

Je ferai jamais carrière dans le dessin animé gastronomique… sniff….

Bon…

J’avais commandé une jolie poule. Bien fermière. Une poule appétissante qui attendait au frigo qu’une âme charitable l’honore et la cuisine. (Rooohhh bon… oui… si vous avez les idées mal tournées vous pouvez, c’est vrai,  mal interpréter mes propos, mais bon… considérez qu’actuellement, mon esprit est à mille lieux de partager ici quelques propos grivois. Donc assumez ! je dégage toute responsabilité d’une quelconque interprétation malvenue  !)

Revenons à ma poule.

Quelques légumes, et l’envie que ce soit simple. Compte tenu de mon mode de vie au ralenti, la poule au pot version simplifiée m’allait bien.

Allez, en quatorze dessins, j’attrape quelques légumes, ma planche à découper, mon couteau de cuisine, deux ou trois saladiers et je m’installe à la Romaine, sur mon canapé, sous le regard dubitatif de Clémence…

« - Heu… Tu vas couper les légumes sur le canapé ?

- Oui…

- Heu… Tu es sûre que tu vas y arriver ?

- Non

- Heu… Tu crois pas que tu vas en mettre partout ?

- Je sais pas.

- Tu veux que je t’aide ?

- Non merci, je ne veux pas que tu te coupes.

- Ok…. T’es obligé de préparer des légumes ?… J’aime pas les légumes….

- ……………………. »

Pour les photos, soyez charitables… J’ai à peine le temps d’en prendre deux ou trois avant de m’écrouler… Donc leur qualité est quelque peu médiocre, malgré mes tentatives de les « traficoter  » en Photoshop pour leur donner un peu plus de présence…

Notez au passage ces magnifiques épluchures, preuves incontestables que J’AI bien cuisiné ma poule au pot malgré mon triste état, et qu’à ce titre, quiconque aurait critiqué mon plat se serait vu condamner à se nourrir chez « Maquedo » ou ses concurrents à tous les repas et jusqu’à la fin de ses jours.

Ça rigole plus.

Clémence a osé un :

« - Tu photographies ça ?… C’est pas très joli…. D’habitude, tu photographies pas ça….

- Mouais, ben je photographie ce que je veux. Je les trouve très jolies ces épluchures. Ce sont de vraies épluchures de vrais légumes. Après on mange les légumes sans remercier les épluchures de nous avoir permis d’apprécier ce qu’y avait dedans……………. »

Regard de Clem quelque peu inquiet… (Décidément ma mère, depuis qu’elle a mal au dos…………)

Ma poule était vidée, bridée, et je n’ai pas eu le courage de la farcir façon royale. Rincée, puis déposée sur son lit de légumes  épluchés et coupés en morceaux  (carottes, navets, poireaux, oignons piqués de clous de girofle, feuilles de laurier… ) dans une cocotte remplie d’eau  froide de manière à la recouvrir complètement.

Portez à ébullition douce et écumez si nécessaire le plus gros de l’écume se formant en surface.

Comptez une heure trente de cuisson sur feu doux, et salez généreusement à mi cuisson.

Attention tout même, la chair de la viande ne doit pas se désagréger donc suivant le poids de la poule, adaptez le temps de cuisson et laisser de toutes façons l’ensemble sur feu tout doux.

Retirer ensuite la poule du bouillon, retirer sa peau  et remettez la poule au chaud dans le bouillon pour ne pas que sa chair se dessèche. Débarrassez les légumes égouttés dans un grand bol.

Alors cette poule au pot, on peut la manger comme ça, avec ses tendres morceaux, ses petits légumes fondants, version naturellement diététique. Un filet d’huile d’olive sur l’ensemble si on le souhaite.

Mais là, vous n’avez pas le regard de mes filles sur grand écran, telles des Cosettes à qui les Ténardier auraient jeté de vagues croutons de pain trempés dans du lait rance. Ce regard là, si vous êtes humain, vous ne vous y faites pas.

Même si elles sont diablement difficiles.

Même si parfois, je ferais volontiers la grève de la cuisine en allant manger toute seule chez Maquedo.

Alors à part, préparer un riz que vous aimez. J’ai opté pour un riz complet que j’ai un peu trop laissé sur le feu. Pas assez ferme à mon goût…

Et puis une petite crème, que l’on peut appeler  sauce suprême.

Pour le roux : 80 gr de beurre et 80 gr de farine.

On mélange le tout sur feu doux, de manière à obtenir un ensemble homogène que l’on dessèche légèrement sur le feu. Puis on laisse refroidir.

Ensuite, on remet sur le feu en ajoutant une par une, quelques louches de bouillon chaud, peu à peu, en mélangeant constamment  à l’aide d’un fouet pour donner peu à peu de l’épaisseur et obtenir l’équivalent d’un velouté.

Le jus d’un citron si on le souhaite, quelques dés de beurre froid que l’on incorpore à la sauce, toujours au fouet.

On goûte. Un peu de sel et de poivre du moulin.

A servir bien chaud, avec du riz, quelques légumes et la viande nappée de sauce, façon blanquette.

Après l’épreuve de la poule au pot… je ne sais pas… j’hésite… Saut à l’élastique ? Parachutisme ?

Le compte à rebours commence avant mon tête à tête avec le bistouri du chirurgien…

C’est l’épreuve suivante.

L’a pas intérêt à me louper celui-là, sinon… je suis prête à revenir le hanter toutes les nuits et à lui jeter les sorts les plus épouvantables ! Je jure Docteur que si tu fais pas attention à mon dos quand tu vas y toucher ou si ton anesthésiste  oublie de faire la sieste avant de bien s’occuper de moi, le moindre de vos carrés de chocolat à tous les deux, dégustés avec le café de deux heures aura un goût de mauvais saucisson, le bon pain du dimanche vous donnera l’impression de mâcher du plastique au Bisphénol A et la bûche de Noël aura l’apparence d’une vielle oreille de cochon confite !

Alors attention ! On ne plaisante pas ! Et on organise aussi l’accueil des deux pitbulls dont je compte bien que vous me débarrassiez…

Et si vous pouviez éviter qu’ils aillent s’installer chez quelqu’un d’autre, ce serait cool… parce que c’est une sacrée cochonnerie cette HD….


Ah puis j’oubliais ! Le bouillon qui reste, on le garde ! On le clarifie en le filtrant et on le met au congélateur pour une utilisation ultérieure !

(Pffff… Nat, elle part dans tous les sens ces temps-ci. C’est péniiiiiiiiible……)

© Nathalie Marinier-Julien. Textes et images régis par la licence Creative Commons

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Crêpes au chocolat sur canapé…

Par nat, mer 02 fév 2011 à 22:02 :: Du côté du sucré... — Mots-clefs :, ,

Vous n’imaginez pas quelle est ma frustration d’avoir déserté ma cuisine depuis plusieurs semaines.

Ma cuisine, mes ustensiles, mes petites préparations, mes habitudes, mes frénésies de tests culinaires, mes petits essais, mes grands ratages…

J’ai déserté mon espace et dans un même laps de temps, deux pitbulls se sont installés à la maison. Deux grosses bestioles aux  larges mâchoires et aux dents pointues comme des aiguilles qu’elles ont décidé de planter dans le bas de mon dos et mon mollet droit chaque fois que je leur donne le sentiment de quitter mon canapé plus de quelques minutes…
De sacrés chiens de garde ces deux là, paisibles tant que je suis allongée mais sournoisement agressifs dès que l’envie me prend de me dégourdir les jambes quelques instants.

J’essaie pourtant de tromper leur vigilance, tentant de me relever le plus en douceur possible, sans un bruit, sans faire craquer mes chevilles qui souffrent pourtant de ce tic nerveux depuis mon adolescence, aussi lentement et aussi silencieusement qu’un félin ne souhaitant pas signaler sa présence. Je peux ensuite faire quelques pas, pensant pouvoir crier victoire et m’imaginant déjà galopant vers ma cuisine comme un enfant vers un magasin de jouets, lorsque immanquablement deux puissantes mâchoires se referment sur moi comme un piège sur sa proie.

Bien accrochées ces sales bêtes. J’en deviendrais presque grossière lorsque je sens leur étreinte se prolonger et que je n’ai  alors qu’une envie, celle de leur fracasser le crâne avec une énorme marmite en fonte. L’a pas rigolé le chirurgien, lorsque je lui ai causé de mes pitbulls.

« Décrivez votre douleur… »

« Ben… Vous imaginez deux pitbulls ? J’en ai un en bas et j’en ai un en haut…Et impossible de leur faire lâcher prise… »

L’a pas rigolé le chirurgien.

Moi non plus.

Ma grand-mère maternelle disait souvent « Il n’y a pas un mal qui ne soit pour un bien »…

Il est ou le bien, là, Mémé… Tu pourrais me dire ?…

Pourtant je pense qu’elle n’avait pas tort. Hormis les pitbulls, quelques scutigères véloces ont également aménagés dans mon cerveau et ils nettoient pas mal de trucs qui encombraient depuis un sacré bout de temps… Pas très sympas non plus comme bestioles, mais vraiment super efficaces question ménage…

Je pense que je vous en parlerai… un peu plus tard…pour le prochain nettoyage de printemps…

Allongée sur mon canapé, engourdie par les cochonneries de trucs bien sur-dosés que l’on vous administre dans ces cas là, il vous reste une quotité de cerveau disponible aussi étroite que le chat d’une aiguille et les infos, lorsqu’elles passent, ne sont en général pas restituées en totalité…

En général… Sauf que la Chandeleur ne m’a pas échappée… Apparue vers 15 heures sous les traits d’un grand pâtissier venu partager une recette de crêpes au Chocolat sur l’une de nos chaînes de télé, j’ai senti que les scutigères véloces avaient eux-même baissé les armes pour quelques minutes…

Chandeleur ? Crêpes ? Chocolat ? Enfants à qui faire plaisir ? Chéri qui serait, j’en suis certaine, ravi de manger autre chose que les boites ou les surgelés que nous sommes contraints d’avaler depuis plusieurs semaines ?  Rahhhh…. peux pas laisser passer ça…..

Un coup d’oeil aux pitbulls qui roupillent au pied du canapé…

Un coup de marmite à l’occasion si l’un d’entre eux fait mine de me freiner dans ma conviction qu’il est essentiel, indispensable, vital, que je prépare quelques crêpes au chocolat, même quatre, même deux coupées en petits morceaux, même si ce n’est que pour tremper mes mains dans la farine quelques minutes, même si ce n’est que pour respirer les effluves d’un bon chocolat amer, même si ce n’est que pour avoir le courage de réveiller quelques instants la balance de ménage…

L’expérience a été pour moi aussi violente qu’une épreuve des Jeux Olympiques. Ne vous marrez pas. Tant qu’on a pas eu un pitbull accroché au mollet…

Mais la recette est hyper simple à réaliser, très facile à réussir et vous pouvez aisément vous amuser à agrémenter la base avec vos petites préférences à vous, vos alcools, vos épices…

Avec les ingrédients et pesées confiées par Christophe Felder et pour une poêle antiadhésive d’environ 22 cm de diamètre, j’ai réalisé une quinzaine de crêpes… au CHOCOLAT !

- 400 gr de lait (entier) et un peu de crème liquide (entière) parce qu’on rigole pas avec ce qui est bon.

- 125 gr de farine

- 30 gr de cacao amer en poudre

- 50 gr de sucre semoule

- 1 pincée de sel

- 2 œufs entiers

Mettre la farine, le sucre, la pincée de sel et les œufs dans un grand bol, ajouter un peu de cacao, un peu de lait et mélangez au fouet vivement de manière à obtenir le début d’une pâte bien homogène.

Ajouter ensuite en deux ou trois fois et en alternant, le chocolat, la crème et le lait. Bien mélanger au fouet et si des grumeaux persistent à casser l’ambiance, faites leur passer l’envie de rigoler à l’aide d’un mixer plongeant durant quelques secondes.

Laissez la pâte reposer une bonne heure. (Pour ma part, c’était impératif. Mes pitbulls avaient passé un coup de fil à quelques copains qui sonnaient à la porte d’entrée…)

Bonjour canapé, merci d’exister, d’être là, d’avoir consenti à ce que je prépare ma pâte à crêpes avachie sur tes coussins, persuadée que vu ma position, j’allais renverser la moitié de mon précieux mélange sur ton tissu…

Yep ! Et maintenant que fait-on ? Préparer une pâte à crêpes sur canapé c’est une chose, mais pour la cuisson, ça va pas l’faire…

Et bien on embauche une fille qui aura le droit d’en manger une de plus si elle accepte d’être préposée à la surveillance des crêpes sur le feu…

Une louche de pâte dans une poêle légèrement graissée et bien chaude et lorsque ça commence à buller, on retourne. Pas trop d’attente de l’autre côté sinon on dessèche l’ensemble et ce n’est pas bon…

Très peu sucrée à la dégustation, n’hésitez pas à vous jeter sur une bonne confiture d’oranges amères, de la cassonade, une compotée de fruits rouge maison…

Et puis dans la pâte, avant la cuisson, une petite goutte de rhum…

Excellentes ces crêpes sur canapé, englouties en quelques minutes par la tribu…

Allez demain je recommence !

Chéri ?! Tu voudrais pas m’installer la cuisinière à côté du canapé ?…. Non ?… Bah…. pourquoi ?….

© Nathalie Marinier-Julien. Textes et images régis par la licence Creative Commons

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