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« Cuisine en famille » par Jean Sulpice…

Par nat, sam 30 oct 2010 à 19:10 :: J'ai lu et je vous en parle — Mots-clefs :,

Je choisis rarement mes livres sans les avoir feuilleté. J’ai en général besoin de ressentir l’ambiance générale d’un ouvrage culinaire, de m’imprégner de la manière dont les recettes sont présentées, photographiées, de savoir si elles répondent à une logique d’organisation, d’originalité, si une certaine émotion s’en dégage, si la sensibilité de l’auteur transparait.

J’achète mes livres de cuisine au coup de cœur, il faut qu’ils me parlent, qu’ils m’évoquent un certain nombre de désirs, qu’ils me donnent l’envie presque irrépressible de les emporter et que, sans les avoir lu, je sois pratiquement certaine de ne pas me tromper…

Je choisis rarement mes livres sans les avoir feuilleté, mais il y a toujours des exceptions particulières, des choix justes qui ne se discutent pas, des Chefs et auteurs qu’il nous semble déjà connaitre parce que leur cuisine est celle du cœur. Jean Sulpice en fait partie.

J’avais entendu parler de la sortie de son nouveau livre sur le site « Cuisinez en ligne » et je n’ai pas hésité à le commander…

La cuisine en famille de Jean Sulpice est donc entrée à la maison, et après avoir longuement feuilleté cet ouvrage, m’être arrêtée plus particulièrement sur certaines recettes, être certaine que je ne résisterai pas longtemps au plaisir d’en réaliser d’autres, j’ai la très agréable sensation d’avoir entre les mains un livre qui tient réellement ses promesses. L’auteur se voulait accessible, il l’est, avec 55 recettes fraiches, originales, savoureuses, raffinées…

Une première partie s’ouvre sur 19 d’entre elles à réaliser éventuellement en famille, avec les enfants. Des saveurs à découvrir pour les jeunes palais comme « les galettes de polenta au Beaufort », « les bonbons de saumon au sésame », les blinis de tourteau au curry »…

De belles idées, savoureuses et ludiques pour certaines, accessibles à tous.

J’ai choisi pour ma part de tester le risotto à la verveine et j’ai été très agréablement surprise par la subtilité qu’offre cette aromatique à la saveur citronnée.

Riz arborio, bouillon de poule frais que j’ai accompagné de quelques petits légumes dont je disposais, un bouquet de verveine du jardin infusé et du parmesan…

Dehors, la température est plutôt très fraiche et une pluie battante nous contraint à rester au chaud depuis hier… Lorsque ça embaume dans la maison, curieusement, on en oublie le temps qu’il fait…

Le nez au dessus de mon petit bol de risotto, humant la fraicheur de la verveine,  savourant le crémeux du riz mouillé au vin blanc et le fondant du parmesan, je me suis sentie apaisée, comme si l’ambiance de ce plat simple était parvenu  à lui seul à me faire oublier la tempête extérieure…

……..

La seconde partie de l’ouvrage propose 18 recettes « Cuisinez les produits frais » avec des légumes racines, des saveurs qui se bousculent et des mariages étonnants. Parmi elles : « rognons de veau à l’antésite et purée de panais », « cannellonis de poisson au lait de coco et à la coriandre », « quinoa aux champignons »…

Des parfums, des idées, des associations originales et l’on a envie de tout tester… pour tout goûter… !

Le sucré succède au salé avec quelques recettes encore une fois accessibles à tous. J’aurais volontiers tenté la très jolie « tarte « abricot-pistache » en utilisant d’autres fruits de saison, mais j’ai finalement choisi de réaliser le « cake à la banane », léger et moelleux avec très peu de matière grasse. Etonnant !

Pour finir, 18 recettes « Comme un Chef … ou presque »…

Presque… ? Ce sont des recettes de Chef, pour moi ! Et elles me semblent accessibles !

Je m’essayerai volontiers au « capuccino de moules à la coriandre » ou au  « carpaccio de Saint Jacques aux noisettes »… Je m’y essayerai…sans nul doute…

Car l’immense qualité que présente un livre comme celui-ci, c’est d’être vrai, réellement ouvert aux amateurs, aux familles gourmandes, plein d’idées d’associations, de mélanges, d’harmonies auxquelles ont aurait pas pensé.

Certaines recettes simples sont effectivement accessibles aux enfants qui peuvent ainsi accompagner les grands dans leurs préparatifs et rien ne vaut à mon avis, cet éveil des sens chez les petits.

D’autres recettes, plus « sophistiquées » sans êtres complexes nous ouvrent des perspectives de menus festifs, en famille ou entre amis.

Du salé au sucré, j’ai été séduite par cet ouvrage et suis certaine que vous ne pourrez que l’être en retour.


© Nathalie Marinier-Julien. Textes et images régis par la licence Creative Commons

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La cuisine provençale du Mas Tourteron, Livres de cuisine, mes derniers coups de coeur…, Le grand livre de la cuisine marocaine de Fatéma Hal, Les carnets de cuisine marocaine de Bouchra.

L’oublié du frigo…

Par nat, mer 27 oct 2010 à 17:10 :: Pains au levain — Mots-clefs :, ,

Je m’étais arrangée pour lui trouver une place discrète, derrière une série de pots de confiture à laquelle je ne touche pas…

Je tentais depuis quelques semaines de ne pas le voir, de ne pas culpabiliser…

La culpabilité m’a rattrapée…

« Plus le temps tu comprends… tout va trop vite et je n’ai pas envie de mettre les mains dans la « patouille » à 11 heures du soir,  de gérer les temps de levées successives, d’enfourner le lendemain à minuit… Pas que je ne sois pas consciente que tu nous offres  de fabuleux pains depuis plusieurs mois et qu’il est par conséquent bien triste de préférer  se soumettre, faute de temps, à la saveur industrielle et sucrée du pain de mie de grande surface plutôt que de préserver la tienne…

Un mois… voire un peu plus…

Un mois et je me suis demandé à quoi mon levain allait ressembler après plusieurs semaines de jeûne glacé…

Comment dire… Pas d’odeur… Une croûte épaisse semblait dissimuler le pire. Que faire d’un levain solide comme un roc, éteint, ou si tristement blafard qu’il ne semblait plus animé par la moindre envie de se réveiller, l’appétit aiguisé par une bonne farine de seigle bio et une cuillerée à soupe de miel de châtaigner…

J’ai cassé la surface, surprise de découvrir qu’elle protégeait une matière encore souple. Et j’ai tenté un rafraichi…

400 gr de levain environ, parmi ce que j’ai pu récupérer… Le reste aurait pu faire l’objet d’une expérience de mixage et de congélation, car je ne doute plus un instant que la croûte épaisse de mon levain oublié gardait trace d’une énergie en réalité assoupie…

Le double de farine et environ 600 gr d’eau tiède. Une cuillerée à soupe de miel. Un bon pétrissage…

- « T’as de l’espoir » semblaient me dire ma maisonnée à chaque visite dans la cuisine.

- « Tu crois vraiment qu’il va repartir ? »

- « J’en sais rien mais je tente… »

Placé dans un grand saladier, tout près du radiateur, couvert d’un linge épais, j’ai laissé les heures et la température jouer avec la nature et finalement…

Nous voici repartis… Un mois de sommeil dans une indifférence quasi absolue. Un mois d’une température peu chaleureuse mais quelque part, une envie de patienter et d’hiberner silencieusement dans l’attente d’un prochain « printemps »…

Le levain, c’est magique… Je ne le dirais jamais assez…

J’ai prélevé à nouveau 400 grammes de matière, déposant le reste au frais pour un nouveau repos. 800 grammes de farine environ, 550 gr d’eau tiède, 20 gr de sel et deux pétrissages successifs espacés d’une heure.

J’ai déposé mes deux pains ainsi formés au creux de bannetons protégés par un linge fariné et ils ont levé tout doucement durant une dizaine d’heures.

Retournés ensuite sur une plaque de cuisson, j’ai grigné leur surface et les ai enfourné à tour de rôle à 280°C.

Cette manipulation délicate me fait toujours craindre le pire sur un pâton très aéré et nécessairement fragile.

Je regarde souvent mon « pain galette » se transformer sous l’effet de la chaleur, gonfler et colorer, former une belle croûte que mes filles adoreront briser, encore chaude…

Et les voici… Toujours aussi beaux, toujours aussi bons… Je suis fascinée par leur côté rustique, leur saveur légèrement acide, leur durée de conservation étonnante.

Mon levain oublié au fond du frigo pendant plus d’un mois a conservé toutes ses promesses…

Je ne peux que lui promettre de ne plus l’oublier…

© Nathalie Marinier-Julien. Textes et images régis par la licence Creative Commons

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Gateau incroyable ( d’autant plus incroyable que j’ai oublié le beurre….)

Soupe au lait de coco et au saumon, façon Thaï…

Par nat, dim 17 oct 2010 à 00:10 :: Légumes et plats — Mots-clefs :, , , ,

Les semaines se succèdent et avec elles, le temps défile au rythme dingue de mes journées.

Boulot, ateliers, études qui reprennent en novembre pour deux ans, enfants et grandes ados qu’il faut encourager, maison, courses, repas, le tout me laisse des sensations diffuses entre ivresse et épuisement. Je m’écroule en fin de journée et m’endors sur les pages de mes bouquins sans même m’en rendre compte…

L’énergie est cependant vecteur… d’énergie. Le temps défile et me porte, et j’avoue que ce n’est pas pour me déplaire, moi qui ne sait pas me poser plus de quelques instants… Toujours en mouvement, toujours en activité, rarement abandonnée à la détente, je file et tisse l’organisation de mes journées le mieux possible.

Je m’investis énormément dans les ateliers, me concentrant sur la qualité des quelques heures proposées aux participants et j’en oublie parfois  mon espace, ma cuisine familiale et les petites recettes que j’aimais tant tester, les essais et les mélanges que je prenais de temps de réaliser et qui plaisaient à ma tribu…

Avec la fraicheur des matinées et des soirées qui rattrapent les dernières après-midi de douceur précédant le plein automne, l’envie de me remettre aux fourneaux pour le plaisir de m’y abandonner sagement revient…

Un joli pavé de saumon, du basilic Thaï, une purée de piments d’Espelette ramassés au jardin et mixés, frais, avec un peu de gros sel et du vinaigre blanc, un blanc de poireaux, du lait de coco et le tout a donné le ton…

Un peu de tout ça mélangé…. hum…. essayons….

Pour cette petite soupe, j’ai utilisé les produits dont je disposais et me suis demandé si le mariage de tous les ingrédients qui me tentaient seraient heureux…

Avec des palais testeurs à la maison de plus en plus difficiles, je ne dispose pas d’une grande marge… Si je ne veux pas me retrouver à manger toute seule un plat plutôt fade ou carrément loupé, mieux vaut que je réfléchisse bien à l’harmonie des saveurs, aux épices, à la cuisson et à l’assaisonnement…

Cette préparation était un essai et je ne vais donc pas vous donner de proportions très précises, mais cela n’a pas une très grande importance. L’essentiel, c’est de regarder, de goûter, de réajuster et d’assaisonner selon ses goûts. Disons que vous pouvez considérer les proportions suivantes pour deux personnes :

- 1 petit pavé de saumon de 150 à 200 grammes.

- 1 blanc de poireaux

- 1 petite carotte

- 1 petit oignon jaune

- deux gousses d’ail

- 20 cl de lait de coco

- 1 petite cuil à café de purée de piment d’Espelette

- quelques feuilles de basilic Thaï

Presser les gousses d’ail et ciselez finement l’oignon.

Dans une casserole et dans un fond d’huile d’olive, faire revenir l’ensemble en remuant régulièrement avec une cuillère en bois.  Il doit fondre sans colorer. Ajoutez la carotte coupée en petit dés et mélangez à nouveau durant quelques minutes.

Ajouter la cuillerée de piment d’Espelette, mélangez et ajoutez une tasse d’eau. Laissez réduire un peu  durant une dizaine de minutes.

Ajoutez ensuite le lait de coco, quelques feuilles de basilic Thaï, salez à votre convenance et laissez ce bouillon mijoter à feu doux.

Lavez soigneusement le blanc de poireaux et coupez le en tranches fines. Faites le revenir à la poêle dans un fond d’huile d’olive sans le laisser prendre couleur. Mélangez très régulièrement et laissez fondre le poireaux à feu doux. Ajoutez le ensuite au bouillon de lait de coco.

Goûter et rectifiez l’assaisonnement si nécessaire.

Coupez le pavé de saumon en petites tranches très fines et réservez le.

Lorsque votre bouillon a légèrement épaissi, et sur une ébullition très douce, ajoutez vos petites tranches de saumon et remuez très délicatement pour ne pas abimer le poisson. Il est coupé très fin et va donc cuire très vite, en trois ou quatre minutes à peine.

Servez ensuite aussitôt dans deux assiettes creuses, parsemez de basilic Thaï ciselé et dégustez.

L’ensemble est très agréable, le piment d’Espelette apporte une petite touche légèrement pimentée mais fruitée, le basilic Thaï a un parfum et une saveur corsée vraiment très particulière, à la fois mentholée et anisée et se marie vraiment bien avec le poisson.

J’apprécie beaucoup pour ma part la cuisson rapide du saumon qui lui laisse une saveur prononcée et une texture très tendre.

A essayer ! Vous me direz ? ;-)

© Nathalie Marinier-Julien. Textes et images régis par la licence Creative Commons

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Soupe glacée de fèves au lait de coco…, Poulet mijoté au lait de coco et à la tomate…, Crevettes au curry et lait de coco…, Tarte à la banane et au lait de coco…, Soupe d’été façon gaspacho

« Le Macaron » de José Maréchal aux éditions Marabout…

Par nat, dim 03 oct 2010 à 14:10 :: J'ai lu et je vous en parle — Mots-clefs :,

Bon, vous le savez déjà, je suis shootée depuis des années aux livres de cuisine. J’en prends une dose dès le matin, en feuillète à midi si je ne déjeune pas en bonne compagnie, et le soir, je  délaisse de plus en plus souvent les programmes télévisés pour plonger, papilles éperdues, dans les photographies et les recettes de certains ouvrages…

Il y a quelques années, je revenais de mes librairies préférées les bras chargés de bouquins divers : les mousses, les feuilletés, les mijotés, les sauces, le pain, les inavouables, les sucrés, les salés, les orientales, les asiatiques… bref, tout ceux qui m’avaient transmis quelque chose d’émouvant ou d’harmonieux dans leur manière d’être présentés, photographiés ou rédigés.

Un peu plus tard, je me suis offert de « beaux livres », ceux qui touchent à la technique, à l’art, à la passion, au métier : « l’encyclopédie de la gastronomie française », le Larousse « Comme un Chef » et celui des desserts, « Casseroles et éprouvettes » et quelques autres ouvrages divers, très complets, que je consulte quotidiennement.

Enfin, j’ai craqué sur des livres de Chefs, de ceux qui font rêver, parce qu’ils portent à fleur de pages l’univers de leur auteur et qu’il nous transportent dans un espace de création et d’esthétisme qui se goûte et se savoure avec les yeux, avec le coeur : « Côté Crillon,  Côté maison » de Jean-François Piège,  « Sensing » de Guy Martin, « Easy Marx », de Thierry Marx, « Altitude 2300m » de Jean Sulpice , « Sensations », de Philippe Continici, les « Leçons de cuisine » par Anne-Sophie Pic…

Mais… depuis quelques temps… j’ai beau effleurer les pages des nouveautés, j’ai beau scruter tous les présentoirs des rayons spécialisés, parcourir les thèmes, passer les rayonnages un par un, j’ai comme une désagréable sensation de déjà-vu -pardon, ce n’est pas le terme- de « déjà vu-revu-re-re-revu »…

Des petits gâteaux, il y en a des tonnes…. des cassolettes on en ramasse à la pelle… des cakes et des tartes, on pourrait en prendre pour 20 ans, du chocolat, pour trente et des verrines, là… c’est carrément de la perpétuité…

J’ai tourné comme une âme en peine autour de ces centaines de bouquins qui ne m’évoquaient rien de nouveau hormis une déclinaison à l’infini de petits plats déjà visités et revisités des dizaines de fois, écrits par des auteurs inconnus que curieusement, on ne présente pas ou très peu…

Mon homme qui s’était gentillement chargé d’occuper « Petit chou » pour me laisser choisir en toute zénitude mes lectures gourmandes du moment s’est inquiété de me retrouver les mains vides après trois quart d’heure d’errance…

- « Mais… tu n’as rien trouvé ?…. Mais… on est ici dans le temple même de l’ouvrage culinaire et tu vas rentrer les mains vides ?… Pas possible…. »

Ben si… J’ai beau avoir réinitialisé plusieurs fois mon radar à trouvailles, feuilleté quelques uns des ouvrages présentés en tête de gondole, cassé les pieds d’un gentil monsieur du magasin pour lui demander de retirer le film plastique de certains d’entre eux afin que je puisse les consulter, rien… pas l’ombre d’un souffle de coup de coeur… jusqu’à ce que je découvre un petit ouvrage perdu au milieu de ses frères de thème, « Les secrets du pâtissier, LE MACARON, 16 recettes authentiques par José Maréchal » aux éditions MARABOUT.

Mon homme fronce alors le sourcil, « Petit chou » prend l’air dubitatif et tous deux en cœur  : « Mais… tu les fais très bien les macarons… »

Mais oui, peut-être, seulement voilà, ce petit livre là, c’est une merveille… Pas au sens de l’esthétisme car il est joli mais plutôt simple, pas au sens d’un caractère encyclopédique, car il y a peu de recettes, mais parce qu’il est à mon avis tout simplement parfait. Aucun des livres sur le sujet que j’ai pu feuilleter depuis des années n’est aussi simplement complet, aussi clairement précis, aussi didactiquement intelligent. Pourquoi ?

Je vous explique : quand on se lance dans les macarons, parce qu’on en rêve, parce que des tas de blogueuses le font, y arrivent très bien, photographient leurs petites merveilles sous toutes les coutures, on ne comprend pas pourquoi, nous, ON LES RATE !!

Je vous explique encore : lorsque l’on suit étape par étape les recettes que l’on trouve deci-delà, sur internet ou dans certains livres, que l’on mesure au gramme près,  qu’on a des blancs bien vieillis, que l’on fait une meringue d’enfer, française ou italienne, « qu’elle est comme la photo du livre j’vous jure ! la même ! » que l’on ajoute son tant pour tant tamisé deux ou trois fois pour être sur que c’est super bien fait, que l’on macaronne, que l’on poche à la super méga poche à douille de 10, « que c’est écrit dans le bouquin, que donc j’vous jure c’est la bonne douille ! » que l’on fait croûter 30 minutes assis devant ses petites merveilles (parce qu’à ce stade d’espérance, c’est presque une cinquantaine de bébés qu’on est en train de couver), qu’on glisse au four ventilé à la température qu’on vous conseille…. ET QU’ON regarde  NOS PRECIEUX  se transformer en d’HORRIBLES machins tout BOURSOUFLES et CRAQUELES  collant au papier cuisson, que de rage, on jette le tout  à la POUBELLE tellement on se sent dans la peau même de Gollum à qui l’on vient de voler l’anneau…. on se dit que dans toutes ces explications, dans toutes ces méthodes savamment décrites, soit on nous cache délibérément quelque chose, soit quelqu’un pique une poupée Vaudou à notre effigie chaque fois qu’on se lance dans l’aventure…

Le macaron, quand on a comme moi passé beaucoup de temps, énormément de temps à essayer de le comprendre en tant que simple amateur, on réalise que c’est une gourmandise capricieuse, susceptible, fragile, sensible, délicate, inconstante, inattendue et que tout ce que vous lui ajoutez (colorants), tout ce que vous lui enlevez (pesées imprécises) et tout ce qui vous échappe lors de la cuisson le transforme en une sorte de licorne à trois têtes…

La plupart des ouvrages sensés vous guider dans l’apprentissage du macaron vous confient une recette, quelques astuces, deux ou trois causes de ratage et 240 ganaches….

José Maréchal a de son côté abordé la chose de façon différente et extrêmement pédagogique. D’une certaine manière, vous pénétrez dans un atelier où il vous attend, ou tel un professeur, il commence à vous parler amande, oeuf, sucre, meringue française et italienne.

Il poursuit avec le colorant, le macaronage (et pour une fois on vous montre en photo à quoi ressemble une pâte insuffisamment macaronée et une pâte trop liquide), les ustensiles, la poche à douille, le pochage, le croûtage.

Avant d’aborder la recette de base en elle-même, Il vous présente encore le beurre, le chocolat, la ganache, les garnitures aux fruits…

Une page à chaque fois, il n’en fait pas des tonnes. C’est clair, précis, concis. J’adore.

Meringue française ou meringue italienne ? Il vous montre le résultat en photo et ça aussi c’est super. Un macaron à la meringue française est bien esthétiquement différent d’un macaron à la meringue italienne.  Il est aussi plus délicat à réussir bien que plus simple à réaliser et José Maréchal vous explique pourquoi.

Bon, je fais une petite pause dans ma prose, car sitôt rentrée à la maison, j’ai testé…

J’ai laissé de côté mes habitudes,  et j’ai suivi, en bonne élève, les proportions et les conseils (j’ai juste complété ma pesée de poudre d’amandes par de la poudre de noisettes car je n’en n’avais plus assez..)

Je poche et d’impatience, je ne laisse pas croûter…

Là…. instant de panique…. « Et la cuisson Monsieur Maréchal, vous en parlez, mais si simplement ?… Faut il deux plaques ? Trois ? Doivent-elles être perforées ? »

Allez, je fais comme s’il n’y avait pas de question à se poser… J’enfourne, gradin central, sur plaque froide… et j’observe…

Tout va bien… Assise devant mon four, je contemple durant 14 minutes la naissance de mes macarons…

Un tout petit peu trop cuits, mais l’auteur précise bien qu’il est nécessaire d’adapter le temps de cuisson à son four, donc je passe à 13 minutes pour la fournée suivante et  auparavant, je  laisse croûter…

Ils sont beaux, ils sont bien lisses, bien brillants…

Je tente deux plaques en même temps,  chose qui ne me réussit en général jamais, et là, pas de surprise, la plaque du dessous est craquelée. L’auteur en parle également, clairement, en cas de cuisson de double plaques. Je ne lui en veut donc pas, ses explications son réalistes et complètes.

José Maréchal propose également plusieurs déclinaisons de ganaches pour chaque recette et j’ai trouvé ça génial. Les crèmes au beurre, les confitures, ça finit par être franchement écœurant, alors de petites crèmes mousseline et mascarpone absolument divines sont bienvenues. Hier, hormis les macarons garnis à la « pâte à tartiner bien connue » pour mes filles qui adorent ça, les grands les ont savouré au mascarpone vanillé… Sublimes…

Voilà… Je n’étais pas tombée amoureuse d’un livre depuis un bon moment. Celui-là, n’hésitez pas un seul instant, offrez-vous le, car le mien, je ne vous le prêterai pas… Il fait à présent partie de ceux qui sont installés dans ma cuisine, de précieuses références que des professionnels passionnés nous offrent et que l’on sent différents, particuliers, amoureux de ce qu’ils transmettent.

Toute la différence est là…


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