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Quand une chaine de télé fait sa cuisine…

Par nat, sam 28 août 2010 à 13:08 :: Humeurs

J’adore la cuisine. C’est une vraie passion et je suis une acro des bouquins, des vidéos, des articles, des hommes et femmes de l’Art qui me donnent à rêver.

La télé réalité en revanche, c’est loin d’être ma tasse de thé, et si la génération de mes filles est malheureusement tombée dedans toute petite, je n’adhère -et encore c’est un bien grand mot- qu’à très peu d’entre elles.

Et puis voilà que cette même télévision, que je maudis ouvertement devant mes filles lorsque je les vois, bouche ouverte, regarder « Secret Story », je lui trouve un certain charme quand elle vient me causer cuisine à l’oreille…

MasterChef a donc débarqué à la maison… et est parvenu, en deux épisodes à peine, à me faire sortir de mon habituelle réserve…

Rahhhhh… Je ne sais même pas par quoi commencer ! Comment dire…. La cuisine, quand ça vous porte,  même lorsque l’on est  amateur, c’est un truc qui fait vibrer. Quand je vais dans un bon restaurant, je suis comme une petite fille dans un magasin de jouets : j’ai les yeux partout, ils trainent dans les assiettes de mes voisins, ils observent  le dressage, l’esthétique,  les couleurs, les parfums, les saveurs, les textures… Je ne suis qu’une grande amoureuse de la gastronomie, sans autre connaissance que ce que ce plaisir me donne, mais bon sang, quand ça me prend, ça me transporte…

Il m’arrive de visionner des vidéos de Chef, cinq, six fois de suite, rien que pour le plaisir de m’imprégner des gestes, de la technique, de l’esthétique de certaines étapes. Et c’est aussi ce qui m’amène peu à peu à progresser en cuisine.

Quand on est un peu « drogué », si on vient vous causer « concours de cuisiniers amateurs »  forcément ça vous titille le palais, ça vous donne envie de suivre l’aventure, de voir comment ils s’y prennent, ces courageux qui osent , là ou vous perdriez tous vos moyens si on vous chronométrait en train de monter une mayo ou de ciseler finement un oignon (tiens… pourquoi je dis ça moi… ?)

J’ai donc essayé de faire taire la petite voix intérieure qui me murmurait sournoisement à l’oreille « Attention… tu connais la chaine, tu sais qu’en général, tu n’aimes pas ses programmes… » Tais toi ! Mauvaise ! Ça va causer cuisine ! Et quand on cause cuisine, j’en oublie jusqu’à mes plus grandes convictions ! »

Sauf qu’au terme des deux premiers épisodes de ce blockbuster culinaire, je crains de ne plus pouvoir désormais faire taire la petite voix…

MasterChef… Voilà réunis quelques dizaines de passionnés de cuisine.  Si je suis naïve (ne me dites pas, surtout,  que je suis très très naïve, vous me feriez de la peine…) je m’attends à ce que le casting ait été fait avec un certain engagement : qui dit concours culinaire, dit choisir des gens qui ont la patate sur le sujet, qui savent faire des trucs en cuisine, qui ont des choses à montrer et des choses à dire, qui vont vibrer et partager avec un public de fanas ce pour quoi ils sont là ! Et qu’on relègue au second rang les clichés habituels des castings Real TV.

C’est ce que je me suis dit.  Et je ne me suis -presque- pas trompée : ils sont bien là les passionnés, ceux qui vibrent. Il y en a que l’on  sent investis plus que d’autres, mais ils sont là… Il y en a même quelques uns qui sortent et sortaient (et oui, déjà éliminés) vraiment du  lot. Sauf que j’ai la détestable impression que la chaine s’en fiche…

Alors, reprenons (ah oui, je sors rarement de ma réserve, mais quand ça m’arrive, c’est  très chiant, et très long… veuillez m’en excuser…) voilà des candidats en nombre, tous là pour réaliser plus ou moins un truc, que ce soit un rêve, un projet professionnel, un challenge ou simplement une aventure.

Vous voilà vous, spectateur, que la cuisine ne laisse pas indifférent si vous êtes là, et vous attendez -après les sélections  qui vous rappellent étrangement celles de la Nouvelle Star et qui s’attardent déjà sur quelques  personnalités – que ça vous secoue un peu la passion, que ça vous titille un peu la gourmandise… Et vous n’allez pas être déçu, car on vous balance… des oignons. Des oignons par sac. Une tonne d’oignons…

Ciselez-moi ça, Messieurs, Mesdames sous-entendu « quand on ne sait pas ciseler un oignon, on ne sait pas cuisiner…. »

Bon… si les Chefs le disent, ils doivent avoir raison…

On en prend pour combien de l’oignon ? Vingt ? Trente minutes ? Moins peut-être, mais ça m’a semblé interminable…

Rattrapage : quiche lorraine… Ok… donc, les meilleurs ne cuisinent pas… Les oignons suffisent…

Le jury est implacable, les commentaires franchement blessants parfois, mais… on est dans un concours, c’est pas de la rigolade, admettons…

On est pas encore à la mayonnaise (épisode 2) mais pour ma part, elle peine à prendre… On parle cuisine quand ? La quiche, on aurait pu s’y attarder… non ? On aurait pu en parler un tout petit peu, puisqu’elle figurait au casting du rattrapage…. ? Ben non. On s’attarde beaucoup sur les désarrois des uns, des autres, avec en boucle, les mêmes visages qui reviennent, les mêmes angoisses qui se lisent dans certains regards, les mêmes absents aussi, puisque parmi les candidats, bon nombre semblent faire office de figurants pour la chaine…

Fin de l’épisode 1, et je rumine ma petite voix… « Je te l’avais dit… Ca sent la caméra qui scénarise à plein nez… Ca sent le sujet qui dérape au détriment de la passion, ça sent la mise en scène de l’humain… une fois de plus…. »

Regarde épisode 2 ? Regarde pas… ?…

Bon, pour juger, il faut se faire une opinion, donc… Episode 2 !

La mayonnaise arrive…. Et le jury de goûter les 70 mayo, trop prises pour la plupart.

Rattrapage pour les perdants : 15 000 oeufs !…. Une candidate s’exclame :  « On va nous demander de séparer les blancs des jaunes ? »…

45 minutes pour les 20 malheureux participants avec un test de « pression » : un ingrédient de base, l’œuf,  et un panel de produits variés à disposition pour l’agrémenter…. Allez… même si chacun d’entre eux  choisissaient 6 œufs à cuisiner, ça ferait 120 œufs pour le groupe… pourquoi 15000 ?….

Soit…

« C’est le moment de nous montrer ce que vous avez dans le ventre… C’est le moment de nous étonner » assène le jury d’une voix grave… Mais… comme pour les oignons, ce sont les supposés « moins bons » qui vont cuisiner… J’ai du mal à suivre…

Et j’ai encore plus de mal à comprendre pourquoi, alors que les candidats planchent enfin avec créativité sur une épreuve, on la survole, sans aucun intérêt pour la technique ou l’imaginaire de chacun.

« Alors, qu’est ce que ça fait d’être un habitué des rattrapages…. » balance le jury à l’un des participants qui avait précédemment affronté la quiche… Enjoy….

Le sabayon à l’orange qui épate les Chefs, on s’y arrête ? Ben non…

Les pâtes aux œufs  osées courageusement  par une candidate, on s’y arrête ? Ben non…

Le plat des candidats nommés en enfilade par le jury au moment de la dégustation, on s’y arrête ? non plus… D’ailleurs on ne verra ni le plat de certains, ni leur visage… A peine retiendra-t-on leur prénom…

Verdict : 10 candidats sauvés sur les 20, dont un œuf au plat pourtant qualifié de « degré zéro de la cuisine » par le jury…

Allez comprendre…

Epreuve suivante : le bœuf bourguignon de Yves Camdeborde. 45 secondes pour deviner les 23 ingrédients composant le plat…

… et 20 candidats au rattrapage… J’en déduis que ceux qui ont correctement ciselé, correctement fouetté et correctement deviné, n’auront absolument pas cuisiné depuis le « vrai » début de l’émission….

Revenons en donc à ceux qui vont plancher autour d’un  challenge intéressant ( yes !) 3 heures et 50 euros pour que les équipes fassent leurs courses au marché d’Aligre, préparent une entrée, un plat et  un dessert…

Et là, ça me porte ! La passion est bien là, elle anime chacune de ces équipes dans son challenge. Je les trouve d’ailleurs pas mal soudés pour des candidats qui ne se connaissent pas…  jusqu’à ce que la caméra bien boueuse de cette bonne  Real TV s’arrête sur l’une des candidate, fatiguée et stressée sans aucun doute par l’enjeu et vomissant son mal être dans un sac plastique…. Intéressant ? Nécessaire ? Peut on m’expliquer pourquoi il est utile de servir une telle séquence lors d’un concours culinaire ? Voilà… On rentre dans ce que je déteste…

Je continue de détester la suite et j’assume. Voila 4 équipes que l’on voit s’affairer autour de ses fourneaux, 20 candidats qui s’organisent comme de petites brigades, qui pourraient offrir leur tour de main, leur savoir-faire, leur passion, qui se débrouillent comme des pros pour certains mais… ou est la caméra ? Ou sont les explications ? Pourquoi n’entendons nous pas s’exprimer ces concurrents qui s’affairent autour de plats  intéressants ? Quelques minutes à peine et le jury renvoie deux équipes, dont l’une avait pourtant réalisé de bien jolies assiettes. Explications du jury ? Retour sur les images pour comprendre leur choix ? bah non… pas plus…

Ma mayonnaise est en train de tourner…

Ai-je besoin de m’attarder sur la boite mystère avec lesquelles les derniers candidats doivent composer ?….pas vraiment, et à regret…

Le tablier que l’on retire aux dix perdants de l’épreuve m’a même laissé une saveur bien amère dans la bouche.  Utile à nouveau, le peloton d’exécution qui scrute les visage anxieux de ceux qui craignent de partir ? Utiles les silences qui précèdent leur désignation ? Nécessaires ce balayage de caméras sur les visages de ceux que l’on sent fragiles et peu préparés par l’expérience particulière que représente le fait d’être sous le feu de la rampe un jour et retomber dans l’anonymat le plus complet le lendemain ?

Ma fille attérée me dit : « on dirait le jeu de la mort »….

Je quitte nécessairement l’univers de la cuisine à ce moment là…mais y sommes nous rentrés plus d’un instant depuis le début de cette émission ?….

Voilà un budget que je suppose assez considérable offrant un sujet passionnant pour ceux qui aiment. Un espace grandiose. Du matériel et des produits à profusion. Des candidats qui ne manquent pas, pour certains, de vrai talent.  Et en plusieurs heures d’émission la chaine n’a proposé que SA propre cuisine…. Interviews désolés et emplis d’une espérance presque ultime, morceaux sans doute choisis, triés et sortis de leur vrai contexte, personnalités avec lesquelles on a décidé de jouer pour le public, parce qu’elles interpellent statistiquement d’une manière ou d’une autre les fans de télé réalité.

Où est la cuisine ? Ou est la passion ? Que fait-on de ce que ces candidats ont réellement à offrir ?…

Episode 3… Regarde ?… Regarde pas ?…

Ma petite voix me murmure bien des choses à l’oreille….

© Nathalie Marinier-Julien. Textes et images régis par la licence Creative Commons

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Affaire de cuisine !!

Un après-midi à Neffiès, chez Christine et Eric Marc…

Par nat, sam 21 août 2010 à 12:08 :: Non classé

Christine et moi nous sommes croisées il y a environ un an, autour de petites gerbilles que je donnais et qu’elle souhaitait offrir à ses enfants. Je pense que certaines rencontres n’ont pas lieu par hasard…

Pourquoi ressentons nous, au contact de certaines personnes, la force de leurs valeurs, la passion qui les anime… Sans doute sont elles portées par une histoire particulière, un engagement personnel, un désir d’essentiel…

Hier après-midi, nous avons rendu visite à Christine, Eric et leurs enfants, à Neffiès, non loin de Pézenas, à la ferme du Cabridoule qu’ils ont créée. Ils y élèvent des chèvres du Rove, une race typiquement méditerranéenne.

Nous avons longuement parlé de ce troupeau particulier,  élégant, aux belles cornes torsadées.

La chèvre du Rove est originaire du massif de l’Estaque à l’Ouest de Marseille, et auraient des racines Mésopotamiennes, Grecques et Phéniciennes.

C’est un animal rustique et robuste qui, contrairement à la chèvre Alpine que nous connaissons tous, peut couvrir ses besoins au pâturage en garrigue, sans autre complément alimentaire industriel. Eric sort donc le troupeau durant 6 heures tous les jours,  dans la pure tradition pastorale.

Les mises-bas ont lieu en début d’année et, très attachés à une conduite traditionnelle d’élevage, Eric et Christine laissent les chevreaux sous la mère pendant 1 mois et demi, jusqu’au sevrage. La période de production des fromages est nécessairement réduite, mais c’est ainsi qu’ils conçoivent l’équilibre et le respect de leurs chèvres et lorsque l’on fait connaissance avec leur troupeau, cet équilibre est parfaitement perceptible…

Deux superbes petits chevreaux ont néanmoins pointé le bout de leur nez il y a une semaine à peine….

Les chèvres sont traites à la main et produisent un lait offrant une qualité de matière grasse très importante, permettant ainsi une excellente qualité fromagère.

Nous avions eu l’occasion de goûter d’excellents fromages que Christine m’avait offert lorsque nous nous étions rencontrés. Leur saveur est totalement différente de ce que l’on peut trouver dans le commerce, très douce pour les petits fromages frais.

Les fromages secs sont plus corsés, et contrairement à mes filles, c’est vers eux que va ma préférence, parce que je les adore avec une petite tranche de pain au levain grillée…

Vendus sur un petit marché local, à la ferme ou en AMAP, la production de Christine s’écoule en totalité, car elle est excellente et les connaisseurs le savent…

Nous sommes repartis ravis d’avoir passé quelques heures en compagnie de vrais passionnés, animés par une réelle volonté de simplicité et de respect pour ce en quoi ils croient. Tous deux élèvent et produisent comme on le faisait à  une ancienne ère, ou la question du « vrai » ne se posait pas.

Amoureux de la nature, respectueux de l’autre, attachés à l’essentiel…

Merci à tous deux pour ce voyage précieux…

(Vous pouvez retrouver Christine sur le marché de Tourbes (34120) à côté de Pezenas, tous les mercredi matin).

_________

« La quête de l’essentiel guide notre passion de la vie. Le respect, les éléments et les saveurs animent notre quotidien de chevrier. Il nous appartient de les exprimer, de les partager avec ceux qui viennent nous rencontrer et ainsi favoriser l’ouverture et la prise de conscience de la beauté fragile du vivant et de notre rôle à tous de gardiens de la Terre. »


Christine et Eric

© Nathalie Marinier-Julien. Textes et images régis par la licence Creative Commons

Ô plaisirs des mets…

Par nat, mer 04 août 2010 à 10:08 :: Humeurs — Mots-clefs :, ,

Je suis très attachée aux adresses que je connais bien, que j’apprécie pour leur cadre, leur personnalité,  leur ambiance et lorsque nous allons au restaurant, c’est en général pour une occasion particulière . J’aime alors revenir en  des lieux familiers pour savourer l’occasion, un peu comme un bon roman que l’on aime lire au cœur d’un jardin particulier où l’on a  établi ses repères, où l’on se sent bien, ou de vrais passionnés en botanique plantent et entretiennent, où l’ombre est accueillante, ou les bancs publics offrent à chacun une intimité discrète…

J’ai pourtant très récemment dérogé à la règle. Mon homme m’a en effet proposé pour notre anniversaire, de nouvelles adresses dont il avait entendu parler au cœur de Montpellier.

Difficile de choisir un restaurant d’après quelques avis et quelques photographies mais en visitant le site internet de l’un d’entre eux, je n’ai pas hésité…

Certaines adresses  portent en effet  en elle une sensibilité créative, une sincérité, une harmonie enthousiaste que l’on sent transparaitre…

Ô plaisirs des mets, une jolie découverte pour nous…

En effet, rares sont ces lieux chics et simples à la fois, où tout un chacun se sent bien, chaleureusement accueilli, invité à voyager au rythme de délicates déclinaisons de saveurs, le temps d’un diner… Cette âme est ici portée passionnément. Cela se sent. Cela se goute. Jusque dans les vins…

Nous avons choisi « le menu des plaisirs » à 27 euros pour une formule  entrée/plat/dessert qui nous a surpris par sa qualité et ses accents gastronomiques :

« Sur une tartine aillée, chèvre frais et caviar d’aubergine à la façon du chef, buisson de salade folle » pour moi.

« Dans une corbeille en brick, des légumes marinés, mesclun et pesto léger » pour Monsieur.

Si j’ai beaucoup aimé la fraicheur et l’élégance de mon entrée, j’ai adoré celle de ma moitié et j’ai goûté quelques uns des délicieux légumes de saison croquants, présentés au cœur d’une feuille de brick dorée.

Nous avons poursuivi avec un « loup entier roti au four à la fleur de sel, riz camarguais fondant, wok de légumes du moment » et un « magret de canard de nos régions grillé, jus de canard à l’ail doux, pommes de terres sautées au herbes, wok de légumes du moment ».

Des cuissons parfaitement maitrisées, fondant et croquant participant au plaisir de la dégustation. J’ai adoré. Nous avons adoré.

En dessert, la « gourmandise au gré de l’humeur de Michael » était un plaisir. Des cuillères parfumées et une bousculade de saveurs : rose,  carambar, fraises, cacahuètes,  en mousse, en crumble, en verrine…

Finalement, les habitudes sont rassurantes certes, mais il y a des découvertes qui  donnent envie de s’attarder, de revenir et de partager…

Je partage donc avec grand plaisir…

Ô plaisirs des mets

© Nathalie Marinier-Julien. Textes et images régis par la licence Creative Commons
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