J’ai repéré une première fois sa couverture presque incongrue au milieu d’une centaine d’ouvrages culinaires divers, représentant Paul Bocuse, épaule gauche dénudée, posant, un sourire aux lèvres, dans une attitude où affleurerait presque un soupçon de féminité…
Je suis restée un instant surprise, observant cette photographie noir et banc bordée d’une marge orangée et suis restée sur ma réserve. Nous avons tous une attirance pour une certaine harmonie, en accord avec ce qui nous ressemble et nécessairement plus de distance lorsque cette harmonie ne vous aborde pas de manière évidente. Ai-je seulement feuilleté l’ouvrage ce jour là ? Sans doute pas.
Quelques jours plus tard, j’ai croisé à nouveau le regard sombre de Paul Bocuse posant sur cette même couverture, et je ne saurais dire pourquoi, cette fois, j’ai poussé la porte…

Quand on est comme moi, un peu dingue de l’univers culinaire photographique, lorsque l’on peut passer des heures à feuilleter des livres de cuisine dans une grande librairie en quête de la petite vibration qui vous donne envie de les emporter, quand notre imagination de passionnée nous transporte et nous fait pénétrer les pages que l’on découvre, le temps s’arrête. Les gens qui vous effleurent par manque de place, la musique d’ambiance, les cris, les rires, les sons parasites, tout cela n’a plus de consistance. J’en oublierai le temps, le temps qui passe et le temps qu’il fait…
J’ai poussé la porte de « Grands Chefs ». J’y ai découvert une intimité troublante et je n’ai tout d’abord pas compris pourquoi. La force, la vérité des photographies, leur énergie, l’insolite côtoyant l’ordinaire, les regards, les gestes, l’ambiance, une certaine distance et une intense proximité.
Je n’ai pas compris pourquoi cet univers me bousculait et me prenait de cours avec autant de force.
Je n’ai pas compris pourquoi, en découvrant cet ouvrage, j’ai eu le sentiment réel de passer dans les coulisses des grandes cuisines par la « petite » porte…

Il y a dans « Grands Chefs » (Editions de La Martinière) un regard si particulier, une approche si impliquée, si instinctive, que l’univers photographique qui nous est offert devient presque palpable…
Après avoir lu l’anecdote relative à la photographie de couverture, la préface et l’interview de Jean-François Mallet, auteur et photographe, j’ai compris…
Son objectif porte une âme de Chef, un vécu de l’intérieur qui n’exploite pas l’image mais l’offre, la restitue dans tout ce qu’elle porte d’émotions, de vitesse, d’urgence, de logique. Les instantanés ne sont pas choisis, ils vous sautent au regard comme des évidences.
Des couvercles de casseroles à la sauce, de la plonge au dressage, de la brigade aux Chefs, les regards, les postures, les sourires, les énergies se croisent et s’entrecroisent… On y est… On y vit…
Des années au milieux des fourneaux de grands Chefs sont offertes dans ce livre. Un reportage à la fois puissant et discret, comme s’il avait fallu se fondre dans le décor pour parvenir à rendre un réalisme aussi intime, mêlé de fierté et de tendresse.
Autour de ces Chefs, des plats sublimes, des consistances, des couleurs et des saveurs que l’on pourrait imaginer. Pas de mise en scène qui finit souvent pas tuer le plat photographié. Pas de fioritures. La beauté des dressages est bien là, l’équilibre est parfait, et l’ensemble se savoure avec beaucoup d’émotions…
Bouleversée à la vue de certaines des photographies de Jean-François Mallet ? Oui. Car secrètement, je poursuis un jour le rêve de me fondre au cœur d’une grande cuisine. Juste quelques instants. Juste pour regarder. Juste pour ressentir.
D’une certaine manière, Jean-François Mallet vient de me faire ce cadeau…
| © Nathalie Marinier-Julien. Textes et images régis par la licence Creative Commons |
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Je choisis rarement mes livres sans les avoir feuilleté. J’ai en général besoin de ressentir l’ambiance générale d’un ouvrage culinaire, de m’imprégner de la manière dont les recettes sont présentées, photographiées, de savoir si elles répondent à une logique d’organisation, d’originalité, si une certaine émotion s’en dégage, si la sensibilité de l’auteur transparait.
J’achète mes livres de cuisine au coup de cœur, il faut qu’ils me parlent, qu’ils m’évoquent un certain nombre de désirs, qu’ils me donnent l’envie presque irrépressible de les emporter et que, sans les avoir lu, je sois pratiquement certaine de ne pas me tromper…
Je choisis rarement mes livres sans les avoir feuilleté, mais il y a toujours des exceptions particulières, des choix justes qui ne se discutent pas, des Chefs et auteurs qu’il nous semble déjà connaitre parce que leur cuisine est celle du cœur. Jean Sulpice en fait partie.
J’avais entendu parler de la sortie de son nouveau livre sur le site « Cuisinez en ligne » et je n’ai pas hésité à le commander…

La cuisine en famille de Jean Sulpice est donc entrée à la maison, et après avoir longuement feuilleté cet ouvrage, m’être arrêtée plus particulièrement sur certaines recettes, être certaine que je ne résisterai pas longtemps au plaisir d’en réaliser d’autres, j’ai la très agréable sensation d’avoir entre les mains un livre qui tient réellement ses promesses. L’auteur se voulait accessible, il l’est, avec 55 recettes fraiches, originales, savoureuses, raffinées…
Une première partie s’ouvre sur 19 d’entre elles à réaliser éventuellement en famille, avec les enfants. Des saveurs à découvrir pour les jeunes palais comme « les galettes de polenta au Beaufort », « les bonbons de saumon au sésame », les blinis de tourteau au curry »…
De belles idées, savoureuses et ludiques pour certaines, accessibles à tous.
J’ai choisi pour ma part de tester le risotto à la verveine et j’ai été très agréablement surprise par la subtilité qu’offre cette aromatique à la saveur citronnée.

Riz arborio, bouillon de poule frais que j’ai accompagné de quelques petits légumes dont je disposais, un bouquet de verveine du jardin infusé et du parmesan…
Dehors, la température est plutôt très fraiche et une pluie battante nous contraint à rester au chaud depuis hier… Lorsque ça embaume dans la maison, curieusement, on en oublie le temps qu’il fait…

Le nez au dessus de mon petit bol de risotto, humant la fraicheur de la verveine, savourant le crémeux du riz mouillé au vin blanc et le fondant du parmesan, je me suis sentie apaisée, comme si l’ambiance de ce plat simple était parvenu à lui seul à me faire oublier la tempête extérieure…
……..
La seconde partie de l’ouvrage propose 18 recettes « Cuisinez les produits frais » avec des légumes racines, des saveurs qui se bousculent et des mariages étonnants. Parmi elles : « rognons de veau à l’antésite et purée de panais », « cannellonis de poisson au lait de coco et à la coriandre », « quinoa aux champignons »…
Des parfums, des idées, des associations originales et l’on a envie de tout tester… pour tout goûter… !
Le sucré succède au salé avec quelques recettes encore une fois accessibles à tous. J’aurais volontiers tenté la très jolie « tarte « abricot-pistache » en utilisant d’autres fruits de saison, mais j’ai finalement choisi de réaliser le « cake à la banane », léger et moelleux avec très peu de matière grasse. Etonnant !

Pour finir, 18 recettes « Comme un Chef … ou presque »…
Presque… ? Ce sont des recettes de Chef, pour moi ! Et elles me semblent accessibles !
Je m’essayerai volontiers au « capuccino de moules à la coriandre » ou au « carpaccio de Saint Jacques aux noisettes »… Je m’y essayerai…sans nul doute…
Car l’immense qualité que présente un livre comme celui-ci, c’est d’être vrai, réellement ouvert aux amateurs, aux familles gourmandes, plein d’idées d’associations, de mélanges, d’harmonies auxquelles ont aurait pas pensé.
Certaines recettes simples sont effectivement accessibles aux enfants qui peuvent ainsi accompagner les grands dans leurs préparatifs et rien ne vaut à mon avis, cet éveil des sens chez les petits.
D’autres recettes, plus « sophistiquées » sans êtres complexes nous ouvrent des perspectives de menus festifs, en famille ou entre amis.
Du salé au sucré, j’ai été séduite par cet ouvrage et suis certaine que vous ne pourrez que l’être en retour.
| © Nathalie Marinier-Julien. Textes et images régis par la licence Creative Commons |
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Bon, vous le savez déjà, je suis shootée depuis des années aux livres de cuisine. J’en prends une dose dès le matin, en feuillète à midi si je ne déjeune pas en bonne compagnie, et le soir, je délaisse de plus en plus souvent les programmes télévisés pour plonger, papilles éperdues, dans les photographies et les recettes de certains ouvrages…
Il y a quelques années, je revenais de mes librairies préférées les bras chargés de bouquins divers : les mousses, les feuilletés, les mijotés, les sauces, le pain, les inavouables, les sucrés, les salés, les orientales, les asiatiques… bref, tout ceux qui m’avaient transmis quelque chose d’émouvant ou d’harmonieux dans leur manière d’être présentés, photographiés ou rédigés.
Un peu plus tard, je me suis offert de « beaux livres », ceux qui touchent à la technique, à l’art, à la passion, au métier : « l’encyclopédie de la gastronomie française », le Larousse « Comme un Chef » et celui des desserts, « Casseroles et éprouvettes » et quelques autres ouvrages divers, très complets, que je consulte quotidiennement.
Enfin, j’ai craqué sur des livres de Chefs, de ceux qui font rêver, parce qu’ils portent à fleur de pages l’univers de leur auteur et qu’il nous transportent dans un espace de création et d’esthétisme qui se goûte et se savoure avec les yeux, avec le coeur : « Côté Crillon, Côté maison » de Jean-François Piège, « Sensing » de Guy Martin, « Easy Marx », de Thierry Marx, « Altitude 2300m » de Jean Sulpice , « Sensations », de Philippe Continici, les « Leçons de cuisine » par Anne-Sophie Pic…
Mais… depuis quelques temps… j’ai beau effleurer les pages des nouveautés, j’ai beau scruter tous les présentoirs des rayons spécialisés, parcourir les thèmes, passer les rayonnages un par un, j’ai comme une désagréable sensation de déjà-vu -pardon, ce n’est pas le terme- de « déjà vu-revu-re-re-revu »…
Des petits gâteaux, il y en a des tonnes…. des cassolettes on en ramasse à la pelle… des cakes et des tartes, on pourrait en prendre pour 20 ans, du chocolat, pour trente et des verrines, là… c’est carrément de la perpétuité…
J’ai tourné comme une âme en peine autour de ces centaines de bouquins qui ne m’évoquaient rien de nouveau hormis une déclinaison à l’infini de petits plats déjà visités et revisités des dizaines de fois, écrits par des auteurs inconnus que curieusement, on ne présente pas ou très peu…
Mon homme qui s’était gentillement chargé d’occuper « Petit chou » pour me laisser choisir en toute zénitude mes lectures gourmandes du moment s’est inquiété de me retrouver les mains vides après trois quart d’heure d’errance…
- « Mais… tu n’as rien trouvé ?…. Mais… on est ici dans le temple même de l’ouvrage culinaire et tu vas rentrer les mains vides ?… Pas possible…. »
Ben si… J’ai beau avoir réinitialisé plusieurs fois mon radar à trouvailles, feuilleté quelques uns des ouvrages présentés en tête de gondole, cassé les pieds d’un gentil monsieur du magasin pour lui demander de retirer le film plastique de certains d’entre eux afin que je puisse les consulter, rien… pas l’ombre d’un souffle de coup de coeur… jusqu’à ce que je découvre un petit ouvrage perdu au milieu de ses frères de thème, « Les secrets du pâtissier, LE MACARON, 16 recettes authentiques par José Maréchal » aux éditions MARABOUT.

Mon homme fronce alors le sourcil, « Petit chou » prend l’air dubitatif et tous deux en cœur : « Mais… tu les fais très bien les macarons… »
Mais oui, peut-être, seulement voilà, ce petit livre là, c’est une merveille… Pas au sens de l’esthétisme car il est joli mais plutôt simple, pas au sens d’un caractère encyclopédique, car il y a peu de recettes, mais parce qu’il est à mon avis tout simplement parfait. Aucun des livres sur le sujet que j’ai pu feuilleter depuis des années n’est aussi simplement complet, aussi clairement précis, aussi didactiquement intelligent. Pourquoi ?
Je vous explique : quand on se lance dans les macarons, parce qu’on en rêve, parce que des tas de blogueuses le font, y arrivent très bien, photographient leurs petites merveilles sous toutes les coutures, on ne comprend pas pourquoi, nous, ON LES RATE !!
Je vous explique encore : lorsque l’on suit étape par étape les recettes que l’on trouve deci-delà, sur internet ou dans certains livres, que l’on mesure au gramme près, qu’on a des blancs bien vieillis, que l’on fait une meringue d’enfer, française ou italienne, « qu’elle est comme la photo du livre j’vous jure ! la même ! » que l’on ajoute son tant pour tant tamisé deux ou trois fois pour être sur que c’est super bien fait, que l’on macaronne, que l’on poche à la super méga poche à douille de 10, « que c’est écrit dans le bouquin, que donc j’vous jure c’est la bonne douille ! » que l’on fait croûter 30 minutes assis devant ses petites merveilles (parce qu’à ce stade d’espérance, c’est presque une cinquantaine de bébés qu’on est en train de couver), qu’on glisse au four ventilé à la température qu’on vous conseille…. ET QU’ON regarde NOS PRECIEUX se transformer en d’HORRIBLES machins tout BOURSOUFLES et CRAQUELES collant au papier cuisson, que de rage, on jette le tout à la POUBELLE tellement on se sent dans la peau même de Gollum à qui l’on vient de voler l’anneau…. on se dit que dans toutes ces explications, dans toutes ces méthodes savamment décrites, soit on nous cache délibérément quelque chose, soit quelqu’un pique une poupée Vaudou à notre effigie chaque fois qu’on se lance dans l’aventure…
Le macaron, quand on a comme moi passé beaucoup de temps, énormément de temps à essayer de le comprendre en tant que simple amateur, on réalise que c’est une gourmandise capricieuse, susceptible, fragile, sensible, délicate, inconstante, inattendue et que tout ce que vous lui ajoutez (colorants), tout ce que vous lui enlevez (pesées imprécises) et tout ce qui vous échappe lors de la cuisson le transforme en une sorte de licorne à trois têtes…
La plupart des ouvrages sensés vous guider dans l’apprentissage du macaron vous confient une recette, quelques astuces, deux ou trois causes de ratage et 240 ganaches….
José Maréchal a de son côté abordé la chose de façon différente et extrêmement pédagogique. D’une certaine manière, vous pénétrez dans un atelier où il vous attend, ou tel un professeur, il commence à vous parler amande, oeuf, sucre, meringue française et italienne.
Il poursuit avec le colorant, le macaronage (et pour une fois on vous montre en photo à quoi ressemble une pâte insuffisamment macaronée et une pâte trop liquide), les ustensiles, la poche à douille, le pochage, le croûtage.
Avant d’aborder la recette de base en elle-même, Il vous présente encore le beurre, le chocolat, la ganache, les garnitures aux fruits…
Une page à chaque fois, il n’en fait pas des tonnes. C’est clair, précis, concis. J’adore.
Meringue française ou meringue italienne ? Il vous montre le résultat en photo et ça aussi c’est super. Un macaron à la meringue française est bien esthétiquement différent d’un macaron à la meringue italienne. Il est aussi plus délicat à réussir bien que plus simple à réaliser et José Maréchal vous explique pourquoi.
Bon, je fais une petite pause dans ma prose, car sitôt rentrée à la maison, j’ai testé…

J’ai laissé de côté mes habitudes, et j’ai suivi, en bonne élève, les proportions et les conseils (j’ai juste complété ma pesée de poudre d’amandes par de la poudre de noisettes car je n’en n’avais plus assez..)
Je poche et d’impatience, je ne laisse pas croûter…
Là…. instant de panique…. « Et la cuisson Monsieur Maréchal, vous en parlez, mais si simplement ?… Faut il deux plaques ? Trois ? Doivent-elles être perforées ? »
Allez, je fais comme s’il n’y avait pas de question à se poser… J’enfourne, gradin central, sur plaque froide… et j’observe…
Tout va bien… Assise devant mon four, je contemple durant 14 minutes la naissance de mes macarons…

Un tout petit peu trop cuits, mais l’auteur précise bien qu’il est nécessaire d’adapter le temps de cuisson à son four, donc je passe à 13 minutes pour la fournée suivante et auparavant, je laisse croûter…

Ils sont beaux, ils sont bien lisses, bien brillants…
Je tente deux plaques en même temps, chose qui ne me réussit en général jamais, et là, pas de surprise, la plaque du dessous est craquelée. L’auteur en parle également, clairement, en cas de cuisson de double plaques. Je ne lui en veut donc pas, ses explications son réalistes et complètes.
José Maréchal propose également plusieurs déclinaisons de ganaches pour chaque recette et j’ai trouvé ça génial. Les crèmes au beurre, les confitures, ça finit par être franchement écœurant, alors de petites crèmes mousseline et mascarpone absolument divines sont bienvenues. Hier, hormis les macarons garnis à la « pâte à tartiner bien connue » pour mes filles qui adorent ça, les grands les ont savouré au mascarpone vanillé… Sublimes…

Voilà… Je n’étais pas tombée amoureuse d’un livre depuis un bon moment. Celui-là, n’hésitez pas un seul instant, offrez-vous le, car le mien, je ne vous le prêterai pas… Il fait à présent partie de ceux qui sont installés dans ma cuisine, de précieuses références que des professionnels passionnés nous offrent et que l’on sent différents, particuliers, amoureux de ce qu’ils transmettent.
Toute la différence est là…
| © Nathalie Marinier-Julien. Textes et images régis par la licence Creative Commons |
Il y a des plaisirs en cuisine qui supplantent beaucoup d’autres. Certains s’adonnent à la pâtisserie avec délectation et s’enivrent d’effluves de caramel, de sirop de fruits, de chocolat chaud, d’autres plongent avec ravissement dans le mijoté des cocottes, parfument et épicent, d’autres encore craquent pour tartes et quiches originales, mariant les saveurs sucrées et salées pour dérouter les gourmands.
Moi, c’est le pain. Pas que les préparations gourmandes énoncées plus haut me laissent indifférente, bien au contraire, mais le pain maison me touche, particulièrement lorsqu’il est au levain, et je ressens alors plus que jamais la force de sa symbolique.
Passer du temps autour du pain, nourrir et entretenir un levain, pétrir la pâte, la laisser lever de longues heures, donner une forme à ses pains, les saupoudrer de farine de maïs pour leur donner un petit côté rustique, les regarder prendre forme au four, autant d’instants faisant partie d’un rituel particulier, émouvant, magique.
Chaque pain maison est un cadeau. Je le ressens comme tel, et le partager revêt alors tout son sens : en petits morceaux rompus accompagnant une gourmandise de l’instant, en tartines, en sandwichs, en tranches grillées le matin, en compagnon du repas, en apéritif…
Et s’il se déclinait différemment ? Et si au détour d’une lecture, on découvrait des idées, des transformations ludiques et éphémères ? Et si on offrait au pain une ballade sur le chemin de l’école buissonnière, tout en fantaisies décomposées et recomposées ?
C’est l’idée joliment proposée par Julien Madérou, avec « Pains, transformations et recettes » un livre paru aux éditions Hachette Pratique (photographies : Philippe Vaurès-Santamaria)
Voilà que les pains de caractère Poilâne se conjuguent soudain sur un autre temps, offrant leur belle rusticité à une découpe et un style de dégustation inattendu.

Sandwichs imperméables, pains métissés, papillons de seigle… 15 façons de présenter le pain différemment et 40 recettes de Stéphan Lagorce pour les accompagner.
Autour de chaque principe de présentation, sa technique et ses astuces de découpe illustrées en doubles pages.
L’ouvrage est lumineux, sobre, frais et élégant, sans fioritures : autour du pain, des idées, des tracés, des découpes précises et un ré-assemblage tout en originalité, jouant de sa propre matière et composant avec de multiples garnitures toutes en couleur.
Avec un pain maison du jour, j’ai proposé à ma fille Clémence de prendre quelques instants autour d’une tartine, et nous nous sommes inspirées, très modestement, d’une des propositions de Julien.
Une belle tranche à l’épaisseur suffisante et un emporte-pièce…
…avant de protéger le fond des empreintes et de les garnir : fromage blanc fouetté avec de l’ail et des fines herbes surmonté d’un chapeau de graines de radis germées et lamelles de poulet marinés dans un mélange de sauce de soja, de gingembre frais haché râpé , d’un filet d’huile d’olive et d’une pointe de curry. Le tout revenu ensuite à la poêle et juste complété d’une pointe de sel et d’une touche de crème légère.
Posée sur la table, la tartine revisitée a emballé les filles et comme il n’y en avait qu’une, elle a également déchainé les passions… « C’est pour moi ! J’avais dis que c’était moi qui la réservait ! » » Et pourquoi ce serait toi ?! » » Pour qui elle est maman, la chouette tartine là ? »…..
Preuve en est que ce qui bouscule joliment les habitudes, même en toute simplicité, est bon à prendre… Et j’aime ça !
La pâte à pain est une indomptable à qui on ne peut donner forme sans contrainte… Une fois cuite et sortie du four, elle se soumet sans peine….
Je pense donc faire lever de prochains pains au levain dans de petits moules rectangulaires, afin de m’amuser à réaliser certaines présentations très originales proposées dans l’ouvrage de Julien Madérou. Inattendues et jolies, elles plairont sans aucun doute, ludiques et gourmandes, elles étonnerons et se partageront avec gourmandise… Car ce design là se mange, sans autre but que celui de distraire, de détourner et de surprendre les inconditionnels du pain !
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Auteur : Alice HART
Editions Marabout
Photographies : Yuki Sugiura
Je suis fan de gingembre. Sans aucun doute. Je l’adore lorsqu’il est confit, sucré, légèrement piquant. J’agrémente souvent mes plats de sa saveur toute particulière et il aromatise bien volontiers mes pâtisseries. Alors lorsque j’ai croisé cet ouvrage au détour d’une de mes équipées sauvages au coeur de la FNAC de Montpellier, je n’ai pas résisté à son charme…
Avec de petits côtés rustiques, sobres et élégants, ce bel ouvrage décline le gingembre sucré et épicé en 80 recettes, des cakes et biscuits aux confitures en passant par les boissons, les crèmes et les glaces.
L’introduction présente cet épice exotique et les différentes formes sous lesquelles ont peut le rencontrer (frais, confit, cristallisé, en poudre…) et propose quelques techniques de base afin de l’utiliser au mieux.
En feuilletant cet ouvrage, quelques belles découvertes pour moi, comme la bière traditionnelle au gingembre, la mousse glacée au gingembre et au caramel, les noix au gingembre caramélisées, entre autres belles recettes.
J’ai choisi pour ma part de réaliser quelques biscuits tout simples, mais divinement parfumés.
Les recettes sont fort bien expliquées, les photographies sont belles, et de nombreuses idées d’association de saveurs sont proposées.
Laissez vous tenter, si comme moi, et comme le précise l’ouvrage, vous êtes fan de gingembre ou simple amateur gourmand…
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De Laurence Salomon
Photographies : Myriam Gauthier-Moreau
Editions La Plage 2009
Je viens de découvrir « Chocolat Bio, saines tentations », le dernier livre de Laurence Salomon.
Gourmande de nature, si je peux m’autoriser le chocolat sans culpabiliser, j’adhère ! Mais les ouvrages de Laurence Salomon vont plus loin que l’idée que l’on peut se faire de la diététique en cuisine. L’originalité des produits proposés pour chaque recette, l’utilisation de lait végétaux, de tofu, de farines différentes, d’agar-agar et d’arrow-root entre autres, nous permet de les apprivoiser peu à peu et de s’en inspirer pour notre cuisine quotidienne.
« Chocolat bio » joue sur les saveurs originales, gourmandes et naturelles et propose des desserts contenant très peu de sucre et de matière grasse. On découvre ainsi que l’on peut cuisiner différemment, aborder la pâtisserie sous un angle nouveau, où les habituelles saveurs exacerbées sont moins présentes mais ou l’on se surprend justement à redécouvrir le gôut du chocolat en l’occurrence fardé d’un maquillage plus doux et plus subtil.
Voici donc mes réalisations d’après l’ouvrage pour le « Fondant chocolat au caramel et farine de maïs, croustillant de pop-corn » et la « tarte au chocolat et tofu, fraises et thé vert matcha » que j’ai choisi de tester.
Si le premier dessert a enthousiasmé la tribu, le second n’a pas fait l’unanimité, mais le tofu n’est pas nécessairement apprécié par les enfants. J’ai trouvé personnellement des saveurs fraiches et agréables à ce second choix et beaucoup d’originalité.
Les ingrédients proposés dans cet ouvrage sont faciles à trouver en magasin bio et les recettes simples à réaliser. Les jeux d’agrumes et de fruits frais offriront de jolis desserts sains et léger pour l’été, à n’en pas douter : « biscuits chocolat et zestes d’agrumes, fraicheur d’orange et de pamplemousse à la cardamone », « cake de petit épeautre au chocolat et cranberries, glace chocolat blanc et jus de cranberries », « Tempura de fraises et de cerises au thé vert matcha », quelques unes des 31 recettes présentes dans cet ouvrage qui ne laisseront pas indifférent les amateurs de cuisine saine, diététique et gourmande.
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Agnès Viennot Editions
Photographies : Bernhard Winkelmann

En principe, lorsqu’on maitrise une recette de macarons, et que l’on a passé comme moi des semaines avant de trouver celle qui nous convient….On n’en change pas !
Mais comme je suis un peu maso et que je n’ai pu résister au magnifique ouvrage de Pierre Hermé, « Macaron », je me suis essayée à la technique préconisée dans son livre, non sans angoisse, non sans avoir au préalable essuyé les remarques de ma tribu… »Maman, j’comprends pas, tu sais en faire des macarons, pourquoi tu veux changer de recette ?…. »
Pourquoi ? Parce qu’en feuilletant les pages de « Macaron », en découvrant les magnifiques photographies de ces gourmandises allant des « classiques » au « exceptionnels », je me suis dis que je mourrais d’envie d’essayer le « pas à pas des coques de macarons », façon Pierre Hermé.
Si comme moi vous avez enchainé consternation sur déception en tentant de réaliser modestement ces divines pâtisseries, si vous avez du coup glané tout le matériel nécessaire, de la sonde électronique aux poches à douille en passant par les colorants et les appareillages divers nécessaires à leur réalisation, n’hésitez pas une seconde, cet ouvrage est parfait.
Le « pas à pas » est vraiment très didactique, précis, concis et illustré. Etape par étape, on suit le déroulé des gestes requis pour la réalisation des coques, et on enchaine ensuite sur celui de la ganache au chocolat et de l’assemblage des macarons. Questions courantes, secrets, ustensiles, pas moins de 13 pages préparant l’élève lecteur à l’étape suivante : la réalisation des recettes proposées.
Une soixantaine de macarons différents, raffinés et élégants, et quelques recettes « classiques », très bien décrites pour qui débute. Les ganaches « haute couture » sont déjà nettement plus sophistiquées mais pourquoi ne pas s’y risquer après un bon apprentissage…
La seule difficulté rencontrée pour moi est celle de la cuisson. Les recettes préconisent un four préchauffé chaleur tournante à 180 °C, et c’est trop pour mon four ménager. Si la chaleur tournante a effectivement permis une levée du macaron rapide et dessiné très joliment une collerette parfaite, les coques ont trop vite coloré.
J’ai donc testé, baissant le thermostat, glissant seulement une ou deux coques sur la plaque et scrutant le résultat, assise par terre devant mon four….(On est passionnée ou on ne l’est pas !…).
Hormis cette question de cuisson qui nécessite que l’on ajuste les choses en fonction de son appareil, j’ai réussi mes macarons….(bien que je n’ai pas mixé ma poudre d’amandes et que les coques soient par conséquent moins lisses que d’habitude)

N’hésitez donc pas. Le livre « Macaron » est beau et construit par Pierre Hermé avec une réelle volonté de partage. Suivis à la lettre, ses conseils mènent à la réussite.

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Macarons pour la Saint Valentin…mais d’ici là, il n’y en aura plus !….
Auteur : Jean-Luc SADY
Photographies : Pierre Desgrieux
Editions MANGO 2008
De temps en temps, je prends l’un des petits livres de cette collection au mot…Je craque !

« Craquez pour les gâteaux renversés » est un ouvrage simple et très bien fait, à petit prix. Il propose 30 recettes de gâteaux renversés variés et savoureux. Partant de bases diverses (baba, gâteau au yaourt, brownie…) il s’agit de marier alors saveurs douces ou épicées et fruits de saison pour obtenir, quelques minutes plus tard, un dessert gourmand.
Car c’est avant tout ce qui me plait dans ce livre : je manque considérablement de temps et s’il s’agit de me lancer dans un dessert pour faire plaisir à la tribu, je ne peux y passer des heures. 10 à 20 minutes de préparation pour ces gâteaux là (à part les recettes nécessitant de faire mariner les fruits quelques heures) et à peu de choses près, le même temps de cuisson.
Inratables également. Pour avoir testé une dizaine d’entre elles (dont celles photographiées ci-dessus et dessous…), les recettes sont parfaites.
Autre idée excellente : chaque page propose une idée de coulis, marmelade ou crème dont les ingrédients sont listés et la réalisation brièvement expliquée.
Une touche d’élégance pour ces gâteaux qui peuvent alors se décliner en parts individuelles et en petits moules accompagnés de textures différentes.

Gâteau aux pommes et au beurre salé, Visitandine aux framboises, Gâteau à l’ananas et au pain d’épices, Brownie à la banane, autant de recettes originales et suffisamment simples pour que l’on puisse ensuite imaginer ses propres déclinaisons et ses propres harmonies de saveurs.
Craquez donc également sans souci !
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Petits gateaux à l’anis.
(Leçons de cuisine) Les Editions Culinaires.
Il y a quelques billets, j’évoquais le livre « Confiseries », dans la même collection et par le même auteur.
J’ai replongé, en craquant cette fois pour les « Gateaux U.S »…
Plein de gourmandises tentantes à nouveau : muffins, brownie, cheesecake et puddings, scones et crumbles…bref, de quoi craquer, forcément…
J’aime beaucoup cette collection très bien faite et qui porte bien son nom « Leçons de cuisine ». Les proportions sont toujours justes, les photographies très explicites, les étapes de confection de chaque recette très bien décrites, les secrets de Sébastien présents en bas de page…
A l’aide de cet ouvrage et de ces recettes suivies à la lettre, j’ai gâté ma tribu avec des muffins tout chocolat, des brownies délicieux garnis de noix de pécan caramélisés, des petits puddings rhum-raisins fondants et parfumés…

…et des donuts qui ont fait craquer mes filles !

Si vous ne connaissez pas cette collection de leçons, vous pouvez vous laisser tenter sans hésiter !
| © Nathalie Marinier-Julien. Textes et images régis par la licence Creative Commons |
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Je suis le genre d’animal qu’il ne faut surtout pas lâcher à proximité des rayons d’ouvrages culinaires.
Pourtant je vous assure que j’ai essayé. J’ai déserté la Fnac et les espaces culturels des grands magasins. Je me suis détournée des conseils d’Amazon me proposant telle ou telle nouveauté aux effluves épicées et aux arômes de chocolat. J’ai complété les rayonnages libres de ma bibliothèque avec l’ensemble des livres que j’ai pu trouver dans la maison et me suis arrangée pour qu’il ne reste pas l’ombre d’une petite place. J’ai planqué ma carte bleue au fond de mon sac de manière à ce que je ne puisse pas m’en servir sans assumer de déballer à la caisse toutes les fichues bricoles qui l’occupent. J’ai tenté…et j’ai craqué…
Pouvais-je résister à Christophe Michalak et son ouvrage « C’est du gâteau »…( Editions PLON 2007 – Photographies Laurent Fau)
Voici un livre comme je les aime : technique et ludique, il offre un panel de préparations de bases (mousses au chocolat, cakes, choux, tartelettes, macarons…) déclinées ensuite en 5 versions différentes, adaptations élégantes et gourmandes : mousse au chocolat chocolada, cake toasté, milk shake praliné citron, chou croque-sésame, tartelette Tiramisu…De magnifiques desserts précédés pour chaque catégorie d’explications en images, techniques et astuces.
En cherchant cet après-midi une recette de cake, j’ai choisi la recette de base de Christophe Michalak, aromatisée avec les ingrédients dont je disposais, mais en suivant ses conseils à la lettre. Résultat : un cake moelleux et souple, une base parfaite et vraiment gourmande à parfumer selon les envies.
J’ai utilisé des moules amusants en forme de lettres et de nounours pour plaire à « Petit Chou » qui n’a pas manqué de se laisser tenter. Vanille et pâte de pistache pour cette version, avec une goutte d’Amaretto. Ce soir, il ne reste plus rien ! Mais j’aime bien !

| © Nathalie Marinier-Julien. Textes et images régis par la licence Creative Commons |
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